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Archive journalière du 8 jan 2007

Profession de foi (?)

La lamentable proposition de toutes les religions : abandonner toute forme de raison pour une promesse fabuleuse ; croire en la vie éternelle plutôt qu’en la richesse des temps. Ignorer pour connaître !

« C’est Dieu qui a mis au cœur de l’homme le désir de connaître la vérité » dit l’encyclique de Jean-Paul II « Fides et Ratio », dès la bénédiction. Mais il s’agit de « LE connaître lui-même » et l’église s’octroie ici rapidement « le don de vérité » qu’elle date inévitablement du Mystère pascal (Introduction § 2). Et le Coran de renchérir « La Vérité vient de ton Seigneur, ne sois pas au nombre de ceux qui doutent » (Coran II, 147) ; la Vérité est donc tout incluse dans le Coran ; lex orandi et CQFD !

Benoît XVI a beau jeu de noter, créant ainsi la fameuse controverse de Ratisbonne, la différence entre une chrétienté pour laquelle « ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu » et un islam dans lequel « la volonté de Dieu n’est liée à aucune catégorie humaine, pas même celle de la raison » lorsqu’il faut attendre plus de trois siècles pour que son prédécesseur reconnaisse la grandeur d’un Galilée (1662-1992). La seule différence entre la chrétienté et l’islam sur le sujet de la raison et du savoir est bien que la chrétienté a été forcée de dépasser le stade de son adolescence révolutionnaire, catholique (c’est-à-dire « universelle ») et donc prosélyte, pour s’adapter progressivement aux évidences.

« La science, disait Einstein, n’a eu de cesse de repousser la porte derrière laquelle Dieu était caché ». Mais je ne vois aucun Dieu nécessaire derrière la cause première et comme le Marquis de Laplace, « n’ai nul besoin de cette hypothèse » pour répondre à la question du sens, ni ne vois en quoi cette hypothèse serait nécessaire au respect d’une éthique.

Sens et éthique, les mots sont dits ! Car il s’agit bien de cela n’est-ce pas ? Donner un sens aux indicibles : l’origine, la mort, l’infini, le mal, et justifier d’une approche commune, non personnelle, aux réponses données.

Mais qu’est-il besoin d’un Dieu, transcendant ou immanent, pour répondre à ces questions ? Un simple regard par la fenêtre, s’il est plein de passion, de tendresse, suffit bien largement !

Ce n’est pourtant pas Dieu que je récuse en premier lieu. Car si l’idée de Dieu a comblé un seul homme, alors l’idée de Dieu mérite, doit, être respectée. Qui suis-je pour tenter de convaincre celui qui croit que son espérance n’est que balivernes et sublimes billevesées ? Pourquoi m’y essayer ? Prouver la supériorité de ma raison bienheureuse sur sa très sainte foi ? Mais ce n’est pas en luttant puérilement et en vain contre une supputation que je prouverai mon discernement, c’est au contraire en allant au bout de mon propre jugement, en luttant constamment contre mes certitudes hâtives, toutes mes certitudes.

Et donc en réfutant tout ce qui tente de me les imposer…

Ce n’est pas Dieu ni son fidèle qu’il faut combattre, c’est tout ce qui se place entre les deux. Mais je laisserai même ce combat aux maîtres d’armes de la rhétorique savante … Les Voltaire, Feuerbach, Comte-Sponville, ou bien Michel Onfray ont pour cela des armes et des talents que je ne possède pas, ni ne recherche.

Dépasser les combats, aller au-delà des « identités meurtrières », comme le conseille Amin Malouf dans son œuvre éponyme. Et, sans oublier l’autre, se concentrer sur soi, sur son chemin.

Approche bouddhiste ? Ah non ! …




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