Barbares extérieurs ?

Selon Expression-publique.com (1) – qui publie un sondage sur les grandes religions – 47% des sondés auraient une opinion « très mauvaise » de l’Islam et 31% en aurait une image « plutôt mauvaise », soit 78% d’opinions négatives.

On dira bien sûr que le Français est raciste, xénophobe et que l’islamophobie fait rage, ce qui n’est peut-être pas entièrement faux … Mais je note dans le même sondage que 48% des sondés ont une opinion « très bonne » ou « plutôt bonne » de la religion juive, ce qui retire un certain poids à cette critique trop entendue…

(Pour la religion catholique, les résultats sont respectivement 13% et 26%, contre 56% d’opinions positives)

Les sondages sont dangereux, on le sait ; 6261 avis, avec ou sans considération de répartition socioculturelle, sont une base peu crédible d’une analyse exhaustive de la situation et je me garderai bien de tirer des conclusions aussi péremptoires que Résiliencetv (2) quant à la « nécessité d’une fermeté absolue vis-à-vis de l’Islam », même accompagnée d’une « certaine pédagogie » ; approche que je considère un tant soit peu paternaliste.

La question reste pourtant inévitable, au-delà de chiffres toujours discutables, l’Islam attire la haine et sa mauvaise image dépasse toute référence à l’intégrisme pour se faufiler jusqu’à nos chers comptoirs de cafés du commerce. Peut-on imaginer pourquoi ?

Sans doute faut-il dire avant d’aller plus loin que j’ai étudié l’arabe à l’Université Américaine du Caire ; que quelques doctes musulmans d’Egypte et du Liban ont bien voulu partager avec moi une partie de leur immense connaissance du Coran et m’introduire aux hadiths authentiques (sahih) d’El Bukhari, ainsi qu’à d’autres moins « solides », voire carrément « mardud »(irrecevables) – l’équivalent ou presque de nos évangiles apocryphes ; que, bien que français et athée, j’ai longtemps porté le keffieh palestinien dans les rues de Jeddah ou de Kuwait City ; que je préfère Naguib Mahfouz ou Ibn Khaldoun à Michel Houellebecque ; et que tout ceci ne fait pas de moi, a priori, un islamophobe anti-arabe primaire. Mais assez parlé de moi…

Pourquoi donc sont-ils donc tant haïs mes chers amis d’Orient ? Pourquoi ais-je donc si envie de leur dire « Merde » dès qu’ils me parlent du Coran ou de « Jihad interne » ? Parce que je suis athée ? Loin s’en faut, et je n’ai pas cette réaction avec la plupart des catholiques, même de gauche…Quant à mes amis juifs, je les questionne trop souvent sur Maimonide pour qu’ils osent me saouler avec les mitzvots ou la circoncision.

Sans aller jusqu’à Sirius, il me faut, pour comprendre, observer cette « réticence » générale plutôt que d’y participer, tenter de m’éloigner de ma pensée toute faite. Est-ce seulement possible ?

Je citais dans un post récent le merveilleux Toynbee ; j’aurais pu citer William Durant, auteur d’une non moins volumineuse « Histoire des Civilisations ». Leurs thèses sont différentes, mais elles ne se contredisent pas sur un point fondamental : les civilisations sont éphémères ! Mieux, elles DOIVENT être éphémères, semblent-ils dire tous deux.

Ils ont raison. Non que l’on soit dans un contexte perpétuel de « Choc de Civilisations » (à la Huntington), mais parce que l’humanité ne possède pas à ce jour toutes les réponses à toutes les questions, et que la quête ne peut donc s’arrêter. C’est pour cela que la « fin de l’histoire » imaginée par les Hegel, Kojève, Marx, ou autres Fukuyama, ne peut être vraie. Elle ne tient pas debout.

Nous sommes sur une bicyclette.

L’aura-t-elle jamais cette réponse définitive ? Sans doute pas, malgré les espoirs « omégaesques » d’un Teilhard de Chardin, ou les 512 questions / réponses de sa sainteté Thomas d’Aquin (que je cite un peu trop souvent ces temps-ci). Mais elle la cherche cette réponse ! Elle est prête à perdre la vie (certains même la raison !) pour cette seule réponse.

Il m’apparaît même comme fondamental qu’elle continue à la chercher. Comme pour Deniau (voir mon post du 25 janvier) l’important n’est pas l’escale, mais bien la traversée. Je ne suis donc pas de ceux qui défendront ad vitam aeternam (que je ne vivrai pas) le terrible système occidental de la démocratie et du libéralisme. Mais je suis de ceux, qui, à l’instar du vieux Churchill, diront que, pour le moment tout du moins, il n’existe pas d’autres possibles.

La civilisation occidentale, si elle existe, repose sur ces deux idées pas totalement réalistes que sont la Liberté et la Démocratie. Belles idées des lumières et d’avant qui permettent tout du moins à ceux qui le désirent d’aller un peu plus loin que ce que dit le chef. Terrible responsabilité que ce stade adulte dans lequel tout ne repose plus sur la seule décision du père !

L’Occident se croit adulte et n’est pas loin de l’être pour les plus optimistes. L’Orient (et l’Occident) de l’Islam semble ne pas vouloir accepter cette énorme responsabilité d’Homme, et l’expérience qu’il ressent au plus profond de lui-même quant aux relations avec ledit monde libre et libéral ne peut l’aider à y souscrire.

Oui, je citerai pour sa défense les croisades, le colonialisme, et même Coca-Cola, Kentucky Fried Chicken ou la pornographie…

Non je ne tomberai pas dans l’absurde repentance sur tous ces sujets-là (quoique KFC ….), mais je comprends l’attitude du jeune arabo ou non-arabo-musulman pour qui notre très joli monde n’est pas la panacée, surtout lorsqu’il en est exclu.

Mais revenons à Toynbee et à ses « barbares extérieurs ». Malgré le terme employé, il ne s’agit pas pour Toynbee d’opposer quelques furieux sauvages au monde propret et distingué qu’ils souhaiteraient détruire. Il s’agit au contraire d’éléments extérieurs capables d’apporter de nouvelles dynamiques à la civilisation moribonde et c’est par dérision pour l’ancienne bourgeoisie que Toynbee semble utiliser ces mots. Cet angle conforte bigrement cette « France multiple » avec laquelle on nous assomme, mais justifie réellement l’apport du sang nouveau et du nouvel esprit ; plutôt que de nous ennuyer béatement avec une nécessaire acceptation de la polychromie.

Les « barbares extérieurs » seraient donc un atout pour Toynbee. Je souscris à sa thèse et ne la limite pas à notre équipe de foot.

Mais Toynbee parle de barbares progressistes ! Des barbares qui acceptent dans un premier temps le système qu’ils intègrent (le mot est dit), puis en constatent les failles dès lors qu’ils ne peuvent en jouir en égaux, tentent enfin de l’adapter au fait de leur présence et le font progresser. Durant ne décrit pas autre chose lorsqu’il raconte le passage de la Grèce à Rome, passage dans lequel les Romains tiendraient lieu de barbares.

On est clairement loin de ce scénario dans le cas de l’Islam : marquer sa différence, son identité, par tous les moyens possibles ; clamer la supériorité manifeste de sa loi, de son Dieu, refuser tout symbole de l’autre, le vouer à la géhenne, et puis se dire victime, en tout lieu et en tout temps, le tout en clamant haut et fort sa propre tolérance, qu’il faut prendre pour exemple. « Rompre, c’est avant tout changer et non améliorer » dirait ici notre cher Gai Luron.

Oui, je sais qu’il existe une très large majorité de musulmans qui ne fait rien de tout cela. Mais ce sont bien ceux qui le font dont on parle et ceux-là sont partout.

Je ne sais pas si le Prophète Mohammed n’était qu’un guerrier polygame tel que le décrit Redecker. Je ne le crois pas vraiment, mais peu m’importe après tout.

Je sais par contre que le Coran n’est pas un livre de paix, malgré toute la miséricorde d’Allah, confirmée à longueur de sourates.

Le Coran ne peut être considéré comme pacifiste et tolérant par quelqu’un qui le lit et les musulmans eux-mêmes paraissent souvent n’en retenir que son aspect guerrier.

Je sais surtout qu’un livre, même celui-là, est surtout ce qu’en font ses lecteurs et ce qu’en font les barbus n’en fait pas un exemple.

Ils veulent détruire la civilisation de l’occident ? Elle n’est pas éternelle. Ils veulent la convertir à leur Vérité ? Elle non plus n’est pas éternelle.

Mais c’est parce que leur proposition s’oppose totalement aux deux concepts de liberté et de démocratie et place l’homme (et la femme) dans une servitude à l’égard de l’indicible que je ne peux, moi Haliotoïde, souscrire à leur proposition.

Comprends-moi bien, Stéphanie, qui t’exprime sur le blog de Gai Luron et échange avec ta sœur « musulmanne-française » (sic) des propos qui mélangent un peu tout, si tu veux porter le voile à l’école ou au travail par souci de TON identité, je serais finalement le premier à venir te soutenir, te défendre, mais si je soupçonne un seul instant que ton père, ton frère, ton oncle ou ton cousin t’y pousse ou t’y contraint, si je pense que ton interprétation du Livre se limite à tes complexes d’adolescente, alors j’aimerais, si je ne respectais pas autant ta pudeur et ton identité de femme, oui, j’aimerais vraiment être celui qui le déchirera le premier.

Nous sommes sur une bicyclette ais-je dit.
Et sur une bicyclette, il convient de pédaler.
Si l’on s’arrête, on tombe.
Sauf dans les descentes …

(1) http://www.expression-publique.com
(2) http://www.resiliencetv.fr

23 Réponses à “Barbares extérieurs ?”


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  • Eh bien, je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous. Je ne soutiendrais pas quelqu’un qui souhaite porter le voile à l’école ou, plus généralement, imposer des règles religieuses dans un environnement laïc, comme un service hospitalier par exemple.

    Sur le lieu de travail, en revanche, les règles sont différentes et les conflits d’une autre nature. Là, ça se discute.

    Dans l’ordre de la pédagogie, sans paternalisme aucun, il serait peut être bienvenu de faire comprendre aux plus revendicateurs de nos amis Musulmans qu’il existe ici aussi des lieux sacrés. Ce n’est pas parce que nous sommes laïcs ou athées que nous n’avons pas de croyances ni sens du sacré.

    Or ce message a du mal à passer et pas seulement parce qu’il s’oppose à une certaine interprétation de l’islam.Il se trouve aussi que nous sommes peu clairs dans nos convictions et même assez confus.

    Il faudra donc beaucoup de dialogue avec les autres et de curiosité pour notre propre culture. Si on fait ça, je pense que nous avons toutes les chances de trouver un compromis mutuellement profitable avec l’islam.

  • Partiellement d’accord avec ton désaccod Tschok. S’il s’agit pour Stéphanie et Musulmanne-française d’imposer leurs règles au sein de l’école ou dans les hopitaux, s’il s’agit de dire que leur liberté commence là où s’arrète celle d’autrui, alors tu as raison de ne pas les soutenir. Mais admettons que, comme moi lorsque je portais mon keffieh en fumant une marie-jeanne très soixante-huitarde, elles aient un besoin sporadique d’être « autrement », d’être « elles »… alors je suis le plus mal placé pour les contredire.
    Entièrement d’accord avec toi, par contre, sur notre ignorance vis-à-vis de nous même et de notre culture, objet je l’espère d’un prochain post, si l’inspiration me vient.
    Merci en tout cas de ta visite.
    Et à bientôt, ici où chez Gai Luron

  • Ouais mais Tschok est en désaccord par principe.

    En fait, d’un point de vue purement cynique, on pourrait se demander POURQUOI Il faudrait parler avec l’Islam et pourquoi il faudrait qu’on obtienne un compromis avec une religion qui n’est pas la nôtre ; ça va pas de soi. Pourquoi faire un effort avecune religion qui ne recherche pas le compromis ; le Vrai ne se négocie pas pour un croyant.

  • C’est pour ça qu’on l’aime, notre Tschok !!

  • Eh bien je risque peut être de vous choquer tous les deux en disant cela: nous devons rechercher un compromis avec l’islam, quand bien même ce n’est pas « notre » religion, car c’est une question d’ordre public.

    L’ordre public est ce qui permet la paix, la prospérité et finalement le bonheur. Bien sûr, l’ordre public ne se conçoit pas sans désordre, ce qui implique donc l’idée de « négocier », si l’on reste sur une conception sage de l’ordre public. Mais je préfère le mot « palabres », qui revient à peu près au même.

    Gai Luron, il ne s’agit pas d’un effort, il s’agit d’une manifestation de la souveraineté nationale. Ou dit autrement, la souveraineté est la formule exécutoire du contrat social.

    Halio, je comprends qu’il y a une quête identitaire qui peut être acceptable et même touchante. Mais d’un autre côté, les quêtes identitaires de ce genre ne mènent pas très loin. Je veux dire que ce genre de quêtes correspond à une société de l’hyper susceptibilité du Moi (quoi, tu m’traites, tu m’traites?) qui se sent profondément agressée par tout ce qui est différent. Et dans ce genre de sociétés là, nous nous accusons tous d’offenses mutuelles et permanentes: un regard insistant devient du harcèlement sexuel, une caricature un blasphème, allumer une cigarette devient une mise en danger de la vie d’autrui, etc.

    Alors je ne sais s’il faut encourager ces jeunes gens à aller dans cette direction, car je crois qu’ils vont au devant de graves déconvenues, et nous avec.

    A nous, donc, de les attirer à la table des négociations, non pas pour négocier le Vrai, mais l’application du Vrai dans le monde réel. Et là, tout est négociable. C’a déjà été fait, en plus.

    PS: j’attends le prochain post sur la culture! (vu que chuis pas cultivé, j’me sens à l’aise)

  • Tschok,

    Pour attirer « ces jeunes gens » vers la table de négociation, je crois qu’il faut d’abord leur dire deux choses :

    1. « Ecoute, je connais un peu ton problème, ta question. Nous ne parlerons pas dans le vide absolu, comme deux boxeurs sur un ring. Je ne suis pas d’accord avec toi sur tous les points, loin s’en faut, et j’estime même que tu déconnes carrément sur quelques fondamentaux, mais accepte au moins d’en discuter en connaissance de cause »

    2. « Ecoute, petit con, tu me les casses avec tes conneries. Tu déranges mon petit confort, tu gènes mes préjugés, tu souilles mes certitudes. Si t’aimes pas ma vie, va vivre la tienne ailleurs et ne m’emmerde pas ».

    Non, finalement, le deuxième discours n’est pas très convaincant.

  • A propos de mon dernier commentaire à Tschok : Non seulement j’ai étudié l’arabe et le Coran, mais en plus, j’ai été élevé chez les jésuites !

  • A propos des jésuites,

    Ils auraient aimé que le discours n°2 serve de faire valoir au discours n°1. Tout à fait leur style.

    PS: oui, oui, j’ai lu le post et j’ai compris. Sauf pour les jésuites puisque, sauf erreur, c’était pas précisé.

  • Je partage la même hésitation qu’halio au fond : tiraillement entre un pragmatisme de « vivre ensemble » imposant un certain compromis, et une certaine révolte d’ordre logique du style « mais au nom de quoi je devrais renier une partie de ma culture pour en admettre une autre qui, de sucroît, ne me séduit pas ? » Le compromis impose un reniement de soi, c’est certain ; mais à quelles conditions un compromis est-il justifié ? La paix sociale est-elle suffisante comme justification ? J’en doute.

  • Le compromis n’impose pas un reniement de soi, mais de renoncer à quelque chose auquel, c’est vrai, on peut tenir. Ca ne veut pas dire se renier. Non?

    Dans une transaction, ce n’est pas soi même qu’on met dans la balance. On promet de faire quelque chose et en contrepartie, on obtient un avantage qui nous semble supérieur en « valeur » à ce qu’on vient de céder.

    Quant aux conditions du compromis elles sont variables: qu’est ce qui est négociable, qu’est ce qui ne l’est pas? Là, c’est notre problème, ce n’est pas le leur. C’est à nous de voir ce qu’on est prêt à mettre dans la balance et pour quels résultats. L’article de Redeker, par exemple, porte en fait sur cette question.

    La paix sociale n’est pas une justification suffisante, à l’évidence (je parlais plutôt de la notion d’ordre public, plus vaste). Il faudra y mettre un « je ne sais quoi », sinon, l’approche coût/avantage étant trop pragmatique et « sèche », elle ne séduira personne. Et là, il faut vraiment séduire.

    C’est du soft power dont je vous parle. Le pouvoir de convaincre (discours n°1), pas le pouvoir de vaincre (discours n°2).

  • Ne pas se renier, c’est sans aucun doute bien ici que se situe le fond du problème.

    La seul chose que je ne dois, que je ne puis renier, c’est moi-même. Mon « adversaire » est pourtant bien dans la même situation que moi. Que peut-on négocier dans ce cas si l’objet du débat porte sur ce que l’un et l’autre considère comme partie intégrante de lui-même ?

    Il faut une sacrée dose d’intelligence de part et d’autre pour aboutir. Et l’on devra sans aucun doute baser cette intelligence sur une profonde connaissance de soi, et de l’autre. C’est l’objet de mon prochain post, que je prépare assidument entre deux préparations de départ pour le Mexique.

    Dès qu’il est prêt, je le publie, c’est promis.

  • Je ne suis pas tout à fait d’accord avec Tschok ; vous avez un raisonnement qui, pour le coup, me semble excessivement libéral, au sens philosophique du terme. Ce qui est en jeu, c’est malgré tout une culture contre une autre ; considérer que le compromis engendre non pas un reniement de soi mais l’abandon d’un attribut, c’est se définir comme extérieur à la culture à laquelle on appartient, position difficilement tenable. Certes, on ne se réduit pas à sa culture, mais pour autant abandonner un morceau de culture revient à abandonner une partie de soi.

    Par ailleurs, je ne vois toujours pas quel impératif impose de procéder à pareil compromis, impératif autre que celui d’un « ordre social » qui demeure profondément et médiocrement « sociétal » et contingent.

  • J’ai du relire deux fois le commentaire de presquerienetc avant de le comprendre, mais je suis obligé d’avouer que je n’ai rien à ajouter pour le moment.
    Ça doit être la fatigue…

  • Oups ; désolé ; il m’arrive parfois d’être obscur; je voulais juste dire que lorsque Tschok disait « la seule chose qu’on ne peut renier c’est soi-même », il présuppose que la culture (au sens d’une civilisation donnée) ne relève pas de ce »soi-même » ; or, je pense que si justement. La culture n’est pas un attribut que l’on acquiert extérieurement ; elle nous constitue et nous façonne et, de ce fait, nous est consubstantielle ; elle fait partie de nous.

  • C’était bien la fatigue.

  • Hé, on retrouve toujours les mêmes sur ton blog, Halio.
    Ya que tschok, presquetoutsurpresquerien et camille qui ont quelque chose à dire ou quoi?!

  • Heureusement, maintenant, il y a aussi Titelilia !

    En fait, c’est vrai ce que tu dis. Mon paysage de lecteurs actifs est encore un peu limité. Le plus drôle, c’est que j’ai parlé de ce blog à pas mal de mes amis et que pas un seul n’a encore daigné me laisser un commentaire. Ils m’envoient des mails à propos mes posts, me téléphonent, mais je n’ai pas encore réussi à leur faire pondre trois mots ici. C’est dommage, certains ont vraiment quelque chose à dire sur les sujets que je tente d’aborder.

    Je n’ai jamais rencontré Tschok, ni Presquetout, ni Camille, ni Titelilia (et ce n’est pas le but), mais il se crêt avec eux une sorte d’amitié virtuelle que je trouve très intéressante et auquel je commence à tenir.

    Ce blog n’a que trois mois et peu d’articles. J’espère que la communauté de mon petit chenal grandira petit à petit, mais la quantité n’est pas vraiment mon but : avoir quelques lecteurs réguliers, savoir que l’on est l’on est lu et discuté, ça, c’est un vrai plaisir, un très, très grand bonheur.

    PS : je tente de préparer un article sur le 9 septembre 2001, je crois que celui-là risque de m’attirer pas mal de commentaires, y compris haineux. Reste avec nous, ça va chauffer.

  • Je serai là, je serai là. Toujours fidèle ( du moins quand j’ai accès à internet).

    C’est dommage que tes amis réels ne veulent pas intervenir sur ton bloc.

    J’suis pas fan de l’amitié virtuelle, mais avec toi et les autres « amis » de ce blog, je me sens bien, un peu comme chez moi quoi.

    bonjour à la forêt que ta à côté.

  • Salut Halio,

    La preuve que ton blog commence à prendre de l’épaisseur: j’étais passé à côté des com 13, 14 et 15.

    Quand les coms sont enfouis dans les couches du blog et qu’on passe à côté, c’est bon signe!

    Et là, surprise! Pif! le débat a continué (sans moi, comme quoi, personne n’est indipensable).

    C’est d’autant plus drôle que Gai Luron m’a prêté des propos qui sont en fait plus proches des idées que tu avais exprimés: moi je n’ai jamais dit que la seule chose qu’on ne peut renier c’est soi-même. J’ai dit que le compromis n’impose pas (nécessairement) un reniement de soi. Négocier est une chose, perdre son âme en est une autre.

    En pratique, je me réfère à la théorie dite de l’édredon (plus on presse un édredon en plume, plus de mou il devient dur). Par figuration, cela veut dire que dans une négociation, ou plus largement dans un rapport humain, on touche à quelque chose qui est non négociable, comme disent les anglo saxons.

    L’idéal dans une négo est de concéder sur l’accessoire, tout en préservant le principal. Manque de bol, quand des deux côtés de la négo on pense comme ça, et ça arrive très vite, on se retrouve à négocier sur du principal. Se pose donc la question des valeurs clefs.

    En ce qui concerne l’intégration des étranger, le compromis auquel on veut parvenir est l’ordre public (au sens large, c’est à dire, en gros, les conditions du bonheur, je ne parle pas bien évidemment pas seulement de l’aspect ordre public pur, c’est à dire matraque et police).

    Là dessus, Gai Luron parle « culture », terme beaucoup plus vaste qui se mélange mal avec l’idée d’un quelconque reniement: les gens cultivés, mais pas seulement – je songe aux prétentieux (ceux qui ont peu de culture et qui l’étalent), ou aux chauvins (ceux qui pensent que la culture est symbolisée par un petit drapeau français qui se déplace sur une carte de kriegspiel culturel, du genre la culture française est meilleure que la culture allemande, ou que les Américains sont des incultes) ou aux intellectuels de gauche – pensent que tout est culture et que la culture n’est pas négociable.

    Si l’on reste dans cet ordre d »idées, il me semble assez clair que nous partons vers quelque chose qui va ressembler, en plus larvé, en plus urbain, mais en moins sanguinaire, au conflit israélo palestinien.

    Bon, on en n’est pas là, heureusement, mais les prodromes deviennent inquiétants.

    J’en conclus donc qu’il faut quitter une certaine psycho rigidité assez vieille France tout en étant ferme sur nos valeurs. Et il se trouve que c’est ainsi que les Etrangers nous aiment le plus.

  • Bonjour Titelila,

    Vous avez peut être tort de ne pas considérer les amitiés virtuelles comme importantes. Si je puis vous faire part de mon expérience: j’ai fait de très belles rencontre, que je n’avais aucune chance de faire dans la vraie vie. Car nous sommes séparés par des barrières invisibles qui dans la vraie vie sont des entraves à notre liberté d’entrer en commerce avec notre prochain.

    L’homme est un animal politique, dit-on. La « vraie » république, celle des idées, mais surtout celle des parties politiques et celles des convenances sociales, n’a pas donné corps à cette célèbre phrase, hors de ce qu’elle autorise, tout du moins.

    Là, avec Internet, on se passe de son autorisation. Tout simplement.

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