Lettre à Laetitia sur la notion de corps et d’âme

Chère Laetitia,

Je lis votre intervention sur le site de Gai-Luron (presquetout…), et découvre donc votre question du corps et de l’âme dans la pensée chrétienne et pré-chrétienne. Vous cherchez « quelques repères » sur ce vaste sujet dans le cadre d’une session sur « La vie après la mort » et « l’au-delà ».

Je serai fidèle à mon habitude un tant soit peu iconoclaste, et ne craignant pas de dépasser sensiblement le cadre du débat d’aumônerie que vous mentionnez, tenterai un début de réponse qui n’aura d’autre ambition que celle, effectivement, de proposer quelques repères.

Ma position d’athée m’empêchera d’aborder la question avec l’empreinte de la foi. La raison ne sera pas non plus d’un grand secours puisque, rien de ce qui suit ne pouvant être observé ni expérimenté, il y manquera l’indispensable réfutabilité ; je crois pourtant que l’ensemble se tient et que votre formation d’anthropologue ne vous éloignera pas trop de mes propres conclusions.

Malgré mon statut de mécréant, je vous propose de partir du quatrième chapitre de la Genèse, celui dans lequel est évoqué le meurtre d’Abel par Caïn. Je note qu’il existe (au moins dans la traduction de la Vulgate par Le Maistre de Saci) une différence fondamentale entre Caïn, le premier fils, « conçu et enfanté » et Abel, son cadet, qui est lui « mis au monde ». J’aimerais ici être un Renan pour étudier cette opposition linguistique avec sa science énorme des écritures, mais je me sens capable de repérer que Caïn est « enfanté » c’est à dire « issu », « séparé », alors qu’Abel est « mis au monde », c’est-à-dire « intégré », « donné » à quelque chose.

Notons par ailleurs que Caïn (Qayin en hébreu : le forgeron – ou bien Qâna : l’acquis / d’après genèse IV.1) est cultivateur sédentaire, qui « extrait » donc les fruits de son travail de la terre, alors qu’Abel (Hebel en hébreu : celui qui passe comme une buée) est pasteur nomade et vit donc plus directement en osmose avec notre univers. On retrouvera ce combat tout au long de la Bible, entre nomades et sédentaires, entre pasteurs et citadins, et c’est peut-être aussi pour marquer déjà cette différence de qualité entre les deux que Dieu refuse l’offrande de Caïn et accepte celle d’Abel. Caïn deviendra le « méchant », qui survivra, et le pauvre Abel, qui avait pourtant la préférence de Dieu, disparaîtra dans la tombe au corbeau (« Dieu envoie un corbeau qui se mit à gratter la terre pour lui montrer comment cacher le cadavre de son frère » – Coran V.31).

On verra progressivement que c’est pour ces raisons que je place le premier (Caïn) comme une métaphore du corps et le second (Abel) comme un symbole de l’âme.

Au début en effet, il y a bien par Caïn l’enfanté, séparation, différenciation : le corps est une substance que la conscience différencie du tout.

Or, cette différenciation est un traumatisme ! Qu’il serait doux en effet de n’être qu’arbre, renaissant chaque printemps, rivière, au cours incessant, ou bien montagne perpétuelle (pour les plus ambitieux…). Faut-il rechercher ailleurs que dans cette blessure initiale tout l’effort d’un Bouddha pour revenir au Tout ? Sans doute et nous y reviendrons.

Pourtant, il n’y a rien à faire, dès que « je » est, « je » est « autre » (je hais ce genre de phrases qui cachent leurs limites et leur incompétence derrière une certaine pédanterie de pseudo érudit, mais nous nous en contenterons pour le moment si vous le voulez bien…).

Cette altérité va me suivre jusqu’au plus profond de moi-même comme LA question à laquelle je dois répondre, avant toutes les autres : Qui suis-je, que fais-je et dans quel état j’erre ? Vaste débat ontologique qui remplira effectivement nos étagères pour les siècles des siècles…

Autre chose intervient : dès lors que je suis « autre », j’observe ce qui m’est « autre », et ceci me fait peur. Orages (oh désespoir !) et vieillesse ennemie (je préfère nettement ce genre de jeux de mots futiles, veuillez m’en excuser…).

Pas si futile que ça pourtant, puisqu’il me permet de situer les deux contextes qui vont sous-tendre le reste de mon propos : étonnement devant la nature et peur de la mort. Peur de la mort surtout.

Mais revenons à nos moutons très immédiats : puisque ce corps est la marque incontestable, expérimentée, de cette altérité, il me faut lui choisir un statut, et je dispose pour cela de trois voies possibles qui peuvent m’octroyer quelque début de réponse :

• La première voie est platonicienne, paulinienne, mahométane : ce corps a l’origine de mon trouble est une horreur, un fardeau, un péché (mieux, la source même des péchés d’après les livres saints du judaïsme, de la chrétienté et de l’islam). Jetons le vite pour rejoindre les jardins de lumière en écoutant du Bach (sans Bach pour les mahométans, mais avec les houris – chacun ses goûts !). J’appelle cette voie la voie des gravillons et déconseille fortement de l’emprunter pieds nus.

• Je qualifierai la seconde voie de bouddhiste (par paresse). Elle se rapproche de la première en ceci qu’elle réfute le corps, mais cette fois ci sans jamais le détester, et n’en fait qu’une enveloppe provisoire dans mon périple du retour ; un retour vers le tout, bien entendu. Pas de désir pour ce corps, mais le respect que l’on doit à celui qui trans-porte mon bilan karmique (j’ai mis volontairement un tiret à trans-porte, pour mieux souligner la notion de transition). J’appelle cette voie la voie des dunes et souhaite beaucoup de souffle à celui qui l’emprunte.

• La troisième voie est évidemment le choix de ceux qui, de Leucippe ou Epicure et ce jusqu’à Montaigne, acceptent ce corps en tant que tel et décident de ne pas le châtier. Pourquoi devrais-je châtier ce don de Dieu diront d’ailleurs certains ? Gloire à la vie, disent-ils et Teilhard de Chardin ira finalement dans ce sens avec sa noosphère. J’appelle cette voie la voie de la rivière, mais préviens de la crue.

Quelle que soit la voie que je choisisse, la mort intervient pourtant vite en tant que confirmation de la différenciation que nous évoquons : le corps, quoi qu’on y fasse, semble bien se « séparer » de la vie à un moment ou à un autre. Se pourrait-il que cette séparation ne soit que la disparition d’une enveloppe et que le contenu retrouve sa nature initiale, primordiale, son intégration au tout ?

J’imagine assez bien l’un de nos joyeux ancêtres du Moustérien (1) observant la mort de son frère, blessé lors d’une chasse préhistorique. (J’ai d’ailleurs décrit cette scène dans des lignes sublimes dont je vous ferai grâce). Il voit bien, ce brave homme, que la main du frère s’amollit, que le visage se ferme, que son frère est mourant. Mais il SAIT tout d’un coup que « quelque chose » de son frère va rester. Il appelle cela « esprit », en attendant mieux, et son cousin d’Albion, toujours précis dans le langage, lui oppose bientôt les concepts de « spirit » et de « ghost »…

Nos anges, les djinns coraniques et autres walkyries aux services des dieux ne sont pas autre chose qu’une réminiscence élaborée de cette idée primitive, évidente et nécessaire : par la mort, je quitte mon état de différencié pour me rapprocher de l’Un, je deviens éternel.

Oui, mais seulement si j’ai été « bon » pendant ma vie (non mais alors !).

Car tant qu’à avoir une idée qui me réconforte (une éternité pour quelque chose de moi), autant qu’elle serve à quelque principe universel (une éthique par exemple ?). Dans ses « Fondements de la métaphysique des mœurs » Kant aura sur un point similaire cette phrase : « Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle » ; on peut sans doute l’utiliser ici sans trop s’éloigner du sujet.

C’est ici que se situe la grande différence entre la notion primitive d’esprit, de « spirit » ou de « ghost » et celle de l’âme, très élaborée sur le plan de l’éthique. L’esprit, le « spirit » ou le « ghost » sont morts, mais l’âme est bien vivante.

Plus, elle est un don de Dieu, un pacte qu’il passe avec moi (ou Israël) pour que je puisse revenir à lui, si je ne la corromps pas. Qu’importe la mort d’Abel (souvenez-vous : « celui qui passe comme une buée »), ce qu’il représente est éternel. Quant à Caïn (le corps, le profiteur, le criminel), il pourra se construire toutes les cités hugoliennes (« Bâtissons une ville, et nous la fermerons » / Victor Hugo – La légende des siècles), il pourra tenter de se protéger dans toutes les fosses, sous toutes les voûtes, l’Oeil sera bien dans la tombe et regardera, condamnera, Caïn.

L’âme, partout où elle existe, est « éternelle », « universelle » (en ce sens qu’elle correspond au Tout, à l’Universel), c’est ce qui la rapproche de Dieu, c’est par elle que nous pouvons nous en approcher, c’est ce qui la sépare du corps.

On comprend mieux maintenant les âpres discussions de la controverse de Valladolid : des sauvages peuvent-ils avoir une âme ? Dieu a-t-il pu passer ce pacte avec ces choses si différentes ? Les indiens, tout comme les tropis de Vercors dans « Les animaux dénaturés » (titre qui constitue d’ailleurs comme un rappel à ce que j’écris dans ces lignes) seront sauvés par leur conscience de la mort (puis exploités dans les deux cas, mais c’est une autre histoire).

PS. C’est avec un tel discours que je passe parfois pour un bon chrétien chez les chrétiens, que je suis passé pour un musulman presque acceptable auprès de certains de mes amis d’Orient, et que je pourrais discuter sans heurts avec un chercheur de nirvana ; je suis pourtant bel et bien mécréant et toutes ces histoires ne sont pour moi que tromperies. Il n’en reste pas moins que le concept existe, qu’il est très méritoire et vaut, en tous les cas, la peine d’être étudié avec un respect mérité.

PPS. Ce texte est un peu long, il est pourtant très incomplet ; souhaitons que le débat qu’il instaurera peut-être, enrichi par quelque philosophe, théologien, anthropologue, ou par quelque passant, puisse en compléter les lacunes et corriger ses fautes. (Là, je me la joue comme Puck à la fin des « Songes d’une nuit d’été », qui s’excuse de son art en sachant qu’il vient d’être génial (2), mais je sais que ceux qui me connaissent m’en excuseront un peu).

(1) D’après Mircea Eliade, (Histoire des croyances et des idées religieuses – Tome 1 – P.19 – Payot 1978). on peut parler de sépultures avec certitude à partir du Moustérien (70 000-50 000 avant J.C). Des études plus récentes semblent indiquer que les premières tombes datent de 100 000 ans.

(2) « Ombres que nous sommes, si nous avons déplu, figurez-vous seulement que vous n’avait fait qu’un mauvais somme » (Fin de l’Acte V)

15 Réponses à “Lettre à Laetitia sur la notion de corps et d’âme”


  • Je reviens plus tard, comme dirait Tschok.

  • Je n’ai pas tout compris à vrai dire à vos explications, notamment autour de Caïn et Abel.

    Par ailleurs, je ne suis pas certain d’être tout à fait d’accord avec vos trois choix :
    1) Le problème du péché n’est pas lié au corps mais à la « chair » dans le christianisme. Sur ce point, cf. Didier Franck, Nietzsche et le christiaisme.
    Par ailleurs, Platon n’a rien contre le corps ni contre le monde ; seul le néoplatonisme assimile le mal et la déchéance à la corporéité.

    2) Le problème du bouddhisme est un peu plus compliqué que cela: il élimine totalement le problème de la dualité âme / corps puisqu’il se meut sur une ligne d’immanence totale qui exclut d’emblée toute idée de transcendance, de hiérarchie et, in fine, de différenciation.

    3) Teilhard ne serait-il pas plus proche du bouddhisme en posant un développement du corps vers la conscience, si bien qu’il présuppose un continuité entre l’âme et le corps, celui-ci rejoignant progressivement celle-là dans un procès ascensionnel ?

    Vous avez raison de distinguer l’âme de l’esprit, et vous avez globalement raison de rattacher l’âme à Dieu. Mais cela n’est vrai que pour les pensées qui, d’emblée, admettent la tripartition grecque hylè, pneuma et psychè. La scolastique ne thématise pas clairement cette tripartition, Descartes la refuse, Schelling inverse la hiérarchie de l’âme et de l’esprit, et Hegel fait de l’âme une espèce d’attribut du corps. En somme, cette tripartition ne vaut que pour le néoplatonisme ce qui en limite la portée. On la retrouve chez Eckhart, par exemple.

    Ce thème n’est pas traitable en tant que tel ; il est trop vaste, trop diffus, trop riche ; votre effort est assez intéressant, mais il aurait peut-être fallu décrire précisément l’évolution du sens de l’âme : l’animation, le mouvement (cf. Aristote), la pensée, la volition, l’immortalité, etc. Compliqué tout cela…

  • Je suis un penseur lent, très lent ! Une réponse immédiate à un approfondissement si pertinent du débat serait donc ridicule de ma part. Quelques remarques pourtant :

    1) Je ne suis pas certain que la différence faite entre corps et chair soit ici nécessaire dans le contexte de cet article, mais pourquoi pas ? J’approfondis la question et reviendrai vers vous sur ce sujet.
    2) Ok pour Platon et le néoplatonisme. J’ai été, je dois l’avouer, un peu influencé par une lecture trop rapide d’Onfray sur le sujet et m’en repens.
    3) Pas complètement d’accord avec vous par contre sur le bouddhisme, qui n’exclut pas d’emblée, mais dont le but est d’exclure « toute idée de transcendance, de hiérarchie, de différenciation »
    4) A propos de Teilhard, disons que j’ai eu la grande chance de connaître intimement l’une de ses amies proches. Ida Treat Bergeret (qui fut également la première femme de Paul Vaillant-Couturier et peut-être la maîtresse d’Henry de Monfreid). Tante I (C’est comme ça que je l’appelais) me faisait lire Teilhard à la fin des années 60, alors que je n’étais qu’un môme de 15 ans. Je me souviens tout particulièrement d’une discussion que nous avons eue à propos du « Milieu Divin » et de « La Messe sur le Monde ». Elle insistait sur la joie intense, le bonheur de vivre qui se dégageait de ces lignes et sur le côté rieur et bon vivant de Teilhard, le faisant nettement apparaître comme un disciple d’Epicure. Ce n’était peut-être que pour me faciliter mes premières approches sur le bon père, mais j’en ai toujours gardé cette image, plus que celle, plus habituelle je le reconnais, que vous semblez décrire.
    5) La question de Laetitia portait sur la notion d’âme dans la pensée religieuse ; je me suis limité à cette seule approche. Il est tout à fait vrai de dire qu’elle est incomplète. Je ne suis pas certain pourtant d’avoir eu complètement tort dans le contexte limité du débat proposé.

    Le thème est trop vaste en effet, surtout si l’on veut y inclure « l’évolution du sens de l’âme », comme vous semblez le suggérer. Merci donc d’autant plus d’avoir pris le temps d’y participer si sincèrement ; ce commentaire me permettra évidemment d’aller plus loin.

  • Salut Halio (re),

    C’est un post très intéressant. Je n’avais jamais relevé cette image avec Abel et Caïn, mais il est vrai que la Génèse est un réservoir d’images assez inépuisable.

    Personnellement, je ne vois pas grand chose à dire sur le sujet: je n’ai pas la culture qui faut pour cela.

    Je peux tout juste rationaliser un peu sur le sujet, mais en sortant du cadre chrétien et pré chrétien, en me disant que la question de l’âme et du corps peut être ventilée trois compartiments.

    Dans le premier, je mettrais tout ce qui concerne la disparition de l’âme et du corps et tout ce qui nous permet de « gérer » ou de supporter cette question dont les réponses, purement hypothétiques, renvoient à la mort, à la survie ou la vie après la mort, à dieu, aux différentes conceptions de l’univers, de l’homme, etc. Ici, à n’en pas douter, on est dans le compartiment de la religion, ou plus précisément de la foi.

    Dans le deuxième je mettrais ce qui concerne l’articulation entre l’âme et le corps: en Occident, nous les séparons et nous nions l’existence d’un lien. Ailleurs, non. Encore ailleurs, le lien va se faire autrement. Etc. Là, c’est le compartiments de la culture, des vivants.

    Dans le troisième et dernier compartiment je mettrais ce qui permet à ces deux mondes de se rejoindre: la question de la disparition de l’âme et du corps et la question de leur lien vont alors se fondre en une seule, qui devient un fantasme moteur de l’humanité et qu’on pourrait appeler la « dissolution du Moi dans un grand Tout ».

    Et ce fantasme là, qu’on va retrouver dans le communisme ou le fascisme, ou encore dans certains éléments de la pensée de la révolution française, ou qu’on retrouve encore,dans certains modes de pensée des secte apocalyptiques, c’est un des piliers de la libido humaine.

    En fait, on retrouve constamment la dissolution du Moi dans notre vie: aller au stade pour assister à un match de coupe du monde, pour vibrer à l’unisson avec les autres, voter une loi, avec profondément enfouie dans le subconscient l’idée qu’elle va participer à l’élévation des hommes vers un stade supérieur qui nous rapprochera du nirvana de la grande réconciliation des hommes, s’engager dans la « lutte finale » à l’aube d’un « grand soir » qui promet des « lendemains qui chantent », etc.

    Finalement, dans chacun de ces trois compartiments je mettrais un homme: dans premier un prêtre, dans le second un philosophe et dans le dernier un psychanaliste.

    Mais en disant cela, je ne suis que banal.

  • Cher Tschok,

    Vous ne cessez de dire que vous n’avez pas la culture, mais vous avez le bon sens et la raison, ils sont parfois bien plus utiles, surtout dans le contexte d’un débat comme celui-ci.

    Le plan de réflexion que vous proposez me semble très intéressant : il permet de limiter le sujet à ses fondamentaux et d’éviter certains des pièges que me signale Gai-Luron.

    Mais je ne suis par contre pas enchanté par l’idée de ré-élargir le domaine de réflexion en y incluant l’idée de la dissolution du moi. Quoi qu’en y réfléchissant un peu plus, je m’aperçois que c’est peut-être une bonne façon de continuer sur l’image de Caïn et d’Abel avec la création de la ville d’Enoch (votre idée de « réconciliation des hommes »). Je creuse, je creuse…

    Non, le grand Tschok ne sera jamais banal !

  • Sachant qu’on pourrait inverser totalement le raisonnement de Tschok et déplorer la dissolution du Tout au profit d’un Moi illusoire, ce qui est grosso modo le ressort de certaines philosophies qui s’en prennent au sujet et à l’autonomie…

    Je demeure profondément hégélien ; il n’y a de moi authentique que lorsque la particularité a su faire l’épreuve victorieuse du tout, de l’universel, s’est enrichie tout en sachant garder sa singularité.

  • Cette dissolution du tout au profit d’un Moi illusoire est une partie de ce que je tentais d’expliquer par mon image de Caïn et d’Abel.

    Le premier, rappelez-vous est « enfanté », donc « séparé », « différencié ». Et je déplore cette différenciation. Caïn, c’est clair, est le méchant, celui pour qui l’illusion du moi prime sur tout le reste.

    Abel, quant’à lui est « mis au monde », donné, au Tout. Je ne connais pas assez Hegel pour être sûr de vous répondre correctement, mais j’ai l’impression que mon Abel n’est pas très loin d’avoir fait « l’épreuve victorieuse du tout ». Par son offrande en premier lieu, accéptée par le Dieu, puis par sa mort qui lui confère un statut très spécial : celui de premier mort, de premier homme à rejoindre l’universel.

    Peut-être ne sommes-nous finalement pas si loin l’un de l’autre, mais avec des outils très différents. Je ne connais pas les votres, mais les imagine aisément à un niveau académique qui dépasse largement le mien. Je ne suis, en matière de philosophie et de théologie, qu’un triste autodidacte, poussé par la nécessité de mon expérience à réfléchir le mieux possible sur mon sort d’humain.

  • Très intéressants, ce post et ce débat… Apparemment, la préparation du fameux mariage si exotique (caramba) vous laisse assez d’espace pour déployer votre élan spirituel. joie, joie joie, selon l’expression consacrée! Ceci dit j’aimerais avoir plus de temps pour m’y pencher (tristesse…toujours pas d’accès internet), bon, je le prendrai!

    Avez vous lu mes textes sur l’âme/les anges/ la création de l’homme et de la femme? En plus, c’est marrant, je suis précisément en train de méditer sur le fratricide fondateur our conclure mon cycle sur Jacob. Comme dirait l’autre, les grands esprits se rencontrent…

    Au plaisir de vous lire, et au fait, merci beaucoup pour le lien vers mon site… J’ai vu que cet anacoluthe de Gai Lulu l’avait zappé du sien! C’est terrible ces amis infidèles tout de même. Enfin bref, amitiés.

  • Chère Elise,

    Quel plaisir de vous lire enfin au sein de mon petit univers ! Et comme je suis content d’avoir pu capter votre intérêt sur ce débat.

    Je suis effectivement en pleines préparations pour des festivités qui s’annoncent tropicales ; c’est-à-dire que je bois allègrement de la tequila avec mon futur gendre au bord de l’Atlantique et laisse le soucis des petits fours à mon gouvernement conjugal… Ce qui me laisse peu de temps pour la chose théologique ou littéraire et repose le Bon Dieu de mes propos très hérétiques.

    Oui, j’ai lu vos textes (presque tous) et les étudie avec beaucoup d’intérêt. Je vous y répondrai bientôt, lorsque j’aurai mieux intégré l’ensemble de votre système. Je reste béat devant votre analyse de Jacob, mais, ne connaissant pas encore suffisamenet le sujet, reserve mes remarques pour l’instant, par crainte de passer pour une sinistre andouille.

    Comment ? Gai-Luron vous a zapé de ses préférences !!! Il faut une pétition ! Un appel général ! Un ralliement de toutes les énergies bloguiennes pour contrer cet affront ! Non, c’était une erreur, j’en suis sûr, car j’imagine mal cet homme de talent refuser son soutien à un autre talent.

    Allez, je me ressers une tequila !

  • Ma chère Elise,

    Ne t’en fais pas ; je t’ai bien mise sur mon blog dont voici la nouvelle adresse :
    http://nezenlair.unblog.fr/

    « Très cordialement » comme tu dirais sur une carte de visite…

  • Chers amis,

    J’ai l’impression de vous délaissez sinistrement ces temps ci. Demain, si tout se passe bien avec mon petit ordi linuxien, je suis branchée sur le web at home! Je vais pouvoir lire les uns et les autres, découvrir les effets de la téquila sur le cerveau de l’halio et ceux de la défaite de lyon et de la montée de Bayrou sur Gai Lulu…

    Et puis, je vais terminer la publication de Jacob et reprendre de plus belle les posts….

    Joie joie joie, en attendant je vais profiter du soleil!

    Bises à tous!

  • Chère Elise,

    Quelle belle journée ! Le soleil, quelques jonquilles dans mon jardin, le match de rugby France-Angleterre et puis de vos nouvelles.

    La semaine s’annonce bien, malgré, effectivement, quelques effets néfastes de la téquila sur mon cerveau, comme vous pourrez le constater par mes deux derniers posts.

  • Il est trop tôt pour que je comprenne tout, notament les passages plus philosophique.
    Il me semble néanmoins très interressant. Je mis pencherai plus longuement une prochaine fois.

  • Remarque, t’es pas obligée de tout lire et de tout aimer non plus…
    Bon, j’ai publié mon truc sur le 11 septembre. J’espère que ça t’intéressera.

  • Encore heureux…!

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