Archive mensuelle de mars 2007

Joffrin m’énerve

Le week-end aurait dû commencer tranquillement : sans envie, sans idée, aussi nul qu’un week-end de printemps quand le printemps est reparti. Et puis je lis l’éditorial de Laurent Joffrin sur Libération.fr (1).

Je ne connais pas personnellement Laurent Joffrin, et c’est sans doute un type très bien, mais je connais son système de pensée. Vous me direz qu’il est difficile de connaître la pensée de quelqu’un sans connaître le dit quelqu’un, mais Laurent Joffrin fait profession de journalisme, ce qui expose au risque d’être réduit à une idée par la plupart des gens. Donc, je connais un peu les idées de Laurent Joffrin par ce qu’il en écrit et ce que j’en lis ce matin me mets de mauvaise humeur. Or j’aime partager mes mauvaises humeurs des samedis de mauvais printemps.

L’article porte le titre de « Torse bombé » et c’est du torse de Nicolas Sarkozy qu’il s’agit. L’idée de Joffrin, faite sans doute pour rassurer les forces de gauche et leur donner un peu de courage avant la lutte finale, est que deux événements récents marquent un tournant dans la campagne pour les présidentielles (un tournant que l’on subodore positif pour la gauche) et que ces deux événements vont miner la suprématie du candidat Sarkozy. Pour Joffrin, les incidents de la rue Rampal « une école comme décor de la chasse aux sans-papiers » et ceux de la Gare du Nord « une interprétation musclée qui tourne à la bagarre générale » sont des pièges dans lesquels ne tomberont pas. »les défenseurs des libertés publiques » que sont les électeurs et les élus de gauche

D’habitude, nous dit Joffrin, la réponse de « défenseur de l’ordre » contre « les délinquants et les fraudeurs », faite par Sarkozy à ce genre d’événements, est trop rapidement vilipendée par la gauche qui se retrouve en retour accusée de laxisme. Mais cette fois-ci, les choses sont d’après lui très différentes : le discours de gauche a « appris à (s’) équilibrer entre tradition d’ouverture et fermeté légale, entre prévention et sanction ». L’opinion qui plus est « sent qu’une politique qui encadre les libertés mais libère le marché va au rebours de ses préoccupations » (habituel refrain).

Joffrin n’a pas oublié de noter au passage que les « atteintes aux personnes sont plus nombreuses que jamais », ce qui est évidemment du ressort direct de notre ex Ministre de l’Intérieur et je présume que la conclusion de Joffrin sur la responsabilité de Sarkozy aurait été la même si Sarkozy avait été Ministre de l’Education Nationale (« un système d’exclusion »), ministre des Finances (« une économie libérale et mondialiste »), et pourquoi pas Ministre de l’Identité Nationale, des Postes ou de l’Agriculture (il aurait bien trouvé quelque chose, non ?).

- Non, Monsieur Joffrin, le discours de gauche n’a pas changé. Rien ne pourra le changer en l’état actuel des choses. Madame Royale et consorts continueront, avec votre appui, à nous rabacher les mêmes idées nocives qu’on nous rabachent depuis des lustres. A nous faire croire que le social crêt la richesse lorsque c’est bien la richesse qui permet le social. A nous faire estimer que c’est la sanction qui crêt le crime, alors que ce n’est que la lâcheté qui l’encourage. A nous faire penser que les lois sur l’immigration sont des lois d’exclusion lorsque des immigrés eux-mêmes ne veulent pas s’intégrer. A nous faire admettre que l’état seul peut gérer nos futurs, lorsqu’il y a failli depuis bientôt trente ans. Tiraillée entre une extrême-gauche imbécile et dangereuse, un centre indéfini et son désir de pouvoir absolu, Madame Royale continuerait, si elle était élue, à appliquer les rites archaïques d’un PS moribond. Et ce n’est pas une « démocratie participative » ou des énièmes républiques qui l’en empêcheront, car ce ne sont que des mots vides et creux pour nourrir une campagne affligeante.

Le peuple de gauche lui-même ne s’y trompe pas puisque, pour la première fois depuis longtemps, il ne va pas sans doute pas voter comme un seul homme « par fidélité ». Je le lui souhaite. Nous avons besoin d’une gauche intelligente et forte, capable de relever les défis nouveaux comme l’ont fait certaines gauches ailleurs. Mais le PS en France s’arc-boutera toujours sur les défis anciens, ressassant à plus soif les mêmes inepties.

Sauf s’il perd les élections prochaines ! Ce que je lui souhaite infiniment. Alors peut-être y aura-t’il quelqu’un qui, de son sein, arrêtera cette gigantesque fumisterie de cette gauche faite toute entière d’une « exception française » qui fait rire partout, quelqu’un qui nous offrira enfin une gauche avec laquelle on peut discuter autrement qu’en écoutant ses invectives, ses insultes et (excusez-moi du terme) ses conneries.

- Non, Monsieur Joffrin, l’insécurité n’a pas augmenté depuis que Monsieur Sarkozy est à l’intérieur. Elle a diminué, mais de nouvelles violences sont apparues et je vous en tiens pour responsable. Il est plus facile de pleurer sur le sort du délinquant, pauvre perdant d’une société immonde, victime indiscutée d’un horrible système, que de chercher des solutions viables. On vous entend crier sans cesse sur le drame existentiel de ces jeunes délinquants (expression qui devient presque un pléonasme de droite, si l’on vous écoutait), sans proposer autre chose que des solutions vagues, inadaptées, ou carrément dangereuses. Vous n’aimez pas les jeunes, vous les utilisez pour argumenter votre discours contre la droite. Vous ne défendez pas la réinsertion des délinquants, vous défendez leur haine de vos ennemis. Vous ne proposez pas de leur offrir une formation véritable, mais des contrats bidons, financés on ne sait plus comment, à coups de 500 000 par ci et de 100 000 par là. Le travail ne se décrète pas, il se crêt. Par une économie sereine, par la confiance à moyen terme, par la vision à plus long terme.

- Non, Monsieur Joffrin, les incidents de la rue Rampal ne peuvent êtres limités au fait que l’on ai choisi « une école comme décor de la chasse aux sans papiers ». Admettons même que le cadre ait été mal choisi, l’expression que vous utilisez est un mensonge. Il ne s’agit pas de chasse aux sans papiers, il s’agit d’application de la loi républicaine. Que cette loi soit imparfaite, c’est possible, et même probable. Qu’elle se soit mal appliquée rue Rampal, je suis prêt à l’admettre. Mais ce n’est pas en soufflant sur la braise que vous pourrez résoudre les cas très dramatiques qui en découlent, c’est en faisant vous-même l’analyse profonde des fondements de cette loi, en réfléchissant aux conséquences des politiques d’immigration à l’emporte-pièce des gouvernements de gauche et de droite en France. Tout et n’importe quoi, surtout n’importe comment, c’est-à-dire sans se poser la question de l’après. « Venez, venez, chers immigrés, soyez français, la France est votre pays et nous, gens de gauche, nous saurons vous défendre contre l’horrible loi libérale, disciplinaire, sécuritaire et mondialiste de l’affreux Monsieur Sarkozy ». C’est un peu court. L’affreux Sarkozy propose quant à lui deux ou trois choses indiscutables, comme le fait que l’on parle un peu de français lorsque l’on est français, que l’on en accepte les lois et puis qu’on les défende et que dès lors, sans préjuger de la race, de la couleur ou de la religion, l’on profite de tous les avantages qu’offre notre pays.Ce n’est peut-être pas la panacée, mais on peut au moins discuter sur ces bases, pas sur les vôtres, puisqu’elles n’existent pas.

- Non, Monsieur Joffrin, les incidents de la Gare du Nord ne consistent pas en « une intervention musclée qui tourne à une bagarre générale » mais en l’application du droit tourné en ridicule par une meute qui vous a trop souvent écouté. Avez-vous lu la déposition de Monsieur Hoekelet (1) ? Le pauvre homme aurait jeté son ticket après l’avoir composté, procédure que vous jugerez sans doute normale malgré l’obligation, écrite partout dans les couloirs du métro, de pouvoir présenter son billet lors d’un contrôle. Une obligation que les quelques centaines de milliers de passagers quotidiens ne considèrent pas d’habitude comme essentiellement terrifiante ou autoritaire. Passons sur le fait que Monsieur Hoekelet n’aime pas que l’on se rapproche de son front et que, mis en présence de cette situation sans doute très insultante, il « bouche une oreille » de l’impétrant. Normal, me direz-vous, on a tous notre honneur. Passons également sur le fait que Monsieur Hoekelet devait se rendre la veille à une convocation du Tribunal d’Aix-en-Provence pour une affaire d’outrage à magistrat et que ces salopards de contrôleurs n’ont « pas voulu (le) laisser prendre le train sans billet », l’empêchant ainsi de remplir convenablement ses devoirs de très bon citoyen.

Non, le vrai débat est celui de la réaction de la foule devant l’interpellation de Monsieur Hoekelet, une réaction stimulée, encouragée, par des articles comme le vôtre et par l’affreuse bêtise de la gauche française. Je crois que vous avez toujours considéré toute action de la police qui dépasse la réponse à une demande de direction sur la carte comme outrepassant largement le rôle que vous aimeriez lui voir jouer. La police, n’est-ce pas, c’est un corps chargé du bien être du citoyen, de son bonheur. Dans un monde parfait, elle pourrait effectivement vaquer à quelques activités très anodines. Mais, quoi que vous en disiez, les délinquants existent, ils ne sont pas que des victimes et lorsqu’ils vont vous « boucher une oreille », même si vous n’êtes pas policier ou contrôleur de la RATP, vous tentez de les en empêcher. J’aurais dû dire « sauf » si vous êtes policier ou contrôleur de la RATP, car personne ne songerait à se révolter devant un voyageur qui se défend devant deux agresseurs, même s’il en assomme un et qu’il casse le bras de l’autre (je le sais, c’était moi, il y a quelques années), mais si les mêmes agresseurs sont seulement questionnés par quelque policier, alors la foule s’empresse grâce à vous d’intervenir contre ces tortionnaires front-nationalesques. Ne trouvez-vous pas qu’il y a quelque chose de malsain à considérer que faire sa propre loi est plus acceptable que de recourir aux forces de l’ordre ? C’est en tout cas votre opinion à chaque fois qu’intervient un gendarme et cette opinion est totalement irresponsable.

Je n’irai pas plus loin. J’ai un week-end qu’il faut gérer et je ne crois pas que Laurent Joffrin soit apte à le rendre agréable, ou même intéressant.

(1) http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/244420.FR.php
(2) http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-890084,0.html

Spartacus de Khatchaturian

Blogger’s blues tonight. Fatigue, mauvais temps, etc. Alors j’écoute l’adagio de Spartacus, dirigé par l’auteur. Un moment de grand bonheur qui donne envie de danser, de lui dire « je t’aime », si elle était là.

Aram Khatchaturian était deputé du Soviet Suprème. Communiste enthousiaste, il dut faire des excuses au peuple russe pour sa troisième symphonie, pourtant composée en hommage au communisme. Il avait voulu y mettre toute la joie populaire devant la grandeur de la grande Russie de Staline. Mais Staline ne devait pas aimer la joie populaire…

Cerveau présumé

Gag !

Je viens de regarder les statistiques de mon blog. Dans les référants je découvre que quelqu’un est arrivé ici en cherchant « cerveau présumé » sur Google. Le gars, il avait du perdre le sien. Mais le plus drôle, c’est quand même qu’il soit arrivé chez moi, non ?

Cerveau présumé !! Non mais je te jure.

Je viens de vérifier, des cerveaux présumés, il y en a 193 000 sur Google. Et il a fallu qu’il choisisse le mien. Un comble !

PS : C’est pas un de vous j’espère.

Newton et Ben Laden

Logique, hypothèse, intuition, raison, théorie, objectivité …. Les mots se sont bousculés ici (1) autour de la question d’un éventuel complot sur le 11 septembre 2001. Les interventions de Tschok, de Titelilia, puis d’Ada Veen, se sont mêlées à ma posture de naïf soi-disant très renseigné pour constituer un brouet plutôt intéressant, surtout pour moi.

Aucune conclusion définitive quant à ce qui s’est vraiment passé ce jour-là ne pouvait évidemment sortir de ce débat et je ne crois pas que s’en ait été le but à un instant quelconque. Tschok parle du manque de certitude sur l’unité d’action dans son commentaire 35, il est clair que nous ne pouvions prétendre la découvrir d’ici. Ada veen nous rappelle (C. 36) que toute thèse conspirationniste repose d’abord sur l’hypothèse que « la vérité est (toujours – NDLR) ailleurs » et elle a bien raison.

Dès lors qu’il s’agit de « se faire son idée » sur quoi que ce soit, il existe donc plusieurs bons chemins, et quelques-uns nettement moins bons, le grand René nous les a bien décrits (on peut l’appeler René, n’est-ce pas, depuis le temps qu’on le connaît !). In fine l’idée que l’on se fait d’une chose peut donc être « intuitive » ou « pragmatique », « renseignée » ou « pifométrique », « objective » ou « consensuelle », l’important est peut-être qu’elle soit.

Je ne savais pas trop bien quoi tirer de tout ceci jusqu’à ce que Newton vienne me soustraire à mon sommeil.

« Je suis Newton, me dit-il, j’étais tout à l’heure à l’ombre d’un pommier lorsqu’une Golden d’environ 200 grammes m’est tombée sur le nez. J’en ai conclu que p=mv »

Les philosophes et les psys auront tout le loisir de poser la question de la véritable identité de Newton ou d’analyser sa présence sous le pommier, les physiciens auront la satisfaction de nous perdre dans les notions de référentiel galiléen ou de relativité, restreinte ou générale, les historiens auront beau jeu de nous dire que cette histoire est apocryphe, n’empêche que l’explication tient debout : avec un peu d’esprit scientifique, beaucoup de génie et un sens de l’observation hors du commun, Newton « pouvait » entreprendre de décrire ses lois d’après l’observation d’une pomme en état de chute. La conclusion qu’il énonce me semble a priori un tant soit peu tirée par les cheveux, mais dès que je m’instruis sur la physique et sur ses fondements, je peux admettre son discours sans qu’il s’oppose à mon entendement.

Notons que Newton n’analyse pas la cause de la chute de la pomme, ce qui est parfaitement inutile pour son exposé, mais l’on peut au moins supposer que son état de maturité (celle de la pomme) est une hypothèse plus probable qu’un tremblement de terre (il y en a rarement au manoir de Wollthorpe). Le rasoir d’Ockham que cite Tschok dans son fameux commentaire 35 m’est donc ici très utile pour éloigner la plupart des hypothèses farfelues, souvent les plus nombreuses.

Plus j’étudie l’énoncé de Newton, plus j’ai de raisons d’y croire, parce qu’il est pragmatique, renseigné, objectif. En mon âme et conscience, je n’y trouve rien à réfuter. Et si je réfute l’authenticité de l’histoire du pommier, je ne réfute pas le fait que p=mv, je suis « hooked » (2)

Admettons maintenant que Newton m’ait dit ceci :

« Je suis Newton, j’étais tout à l’heure à l’ombre d’un pommier lorsqu’une banane de 3 kgs m’est tombée sur la tronche. J’en ai conclu que Ben Laden me l’avait lancée, j’ai donc envahi l’Irak ».

J’aurais répondu qu’une banane ne pouvant tomber d’un pommier, il fallait bien trouver une autre cause que la gravité à cet état de fait. J’aurais, au minimum, questionné l’identité du coupable, ne serait-ce qu’à cause du manque de preuve ou d’explication que me donnait ce brave Isaac (on peut l’appeler Isaac, n’est-ce pas, etc…). Au pire, je me serais demandé si le choc bananien ne l’avait pas rendu un peu foldingue, et je me serais bien évidemment posé quelques questions sur l’existence d’une banane de 3 kgs. Quant à l’invasion de l’Irak …

En clair, plus j’ai tenté d’analyser son discours, plus son discours m’est apparu comme pifométrique et subjectif, plus je me suis posé la question des capacités intuitives du grand savant et plus je me suis posé la question des raisons qui l’ont poussé à raconter de telles conneries. En mon âme et conscience, le deuxième énoncé me paraît donc absurde, et ce bien qu’aucun élément ou presque ne soit absolument, totalement, définitivement, réfutable.

Je rejoins donc Tschok sur une partie de son exposé.

Je me fais ensuite cette remarque sur le mensonge : pour qu’un mensonge tienne la route, il faut donc qu’il soit extrêmement bien construit. Il faut du génie pour être un grand menteur. La moindre faille sur ce mensonge, et c’est l’apocalypse : ma femme qui découvre que je la trompe, ma maîtresse qui découvre que je n’ai toujours pas demandé le divorce, et l’Amérique qui se demande pourquoi, pour qui, plus de 3 000 personnes sont mortes.

Mais mon propos n’est pas de revenir sur le discutable exposé officiel des faits du 11 septembre, exposé dont on ne peut effectivement retirer aucune conclusion (et c’est peut-être ce qui me dérange).

Non, mon propos est plus de rappeler que tout raisonnement doit se baser sur des faits vérifiables et que le grand René avait évidemment raison lorsqu’il énonçait son premier précepte : « éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et … ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenteroit si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute ». (3)

Ceci s’applique pour le 11 septembre, mais aussi et surtout pour le 22 avril. Bonne chance pour vous y retrouver dans le discours de nos présidentiables.

(1) http://haliotoide.unblog.fr/2007/03/20/quoi-de-9-septembre-2001/
(2) Jeu de mot assez mauvais sur le fait que Robert Hooke, et non Newton, est peut-être à l’origine de la théorie de la gravité.
(3) Discours de la Méthode, évidemment. Rassurez-vous, moi aussi, j’ai dû le relire trois fois avant de comprendre.

Royal, ce coup de la Marseillaise !

Notre Ségolène-qui-se-voudrait-nationale défend donc (à Marseille) l’idée que chaque français possède son drapeau bleu, blanc, rouge et connaisse la Marseillaise. Ça c’est de l’identité nationale !

Je n’ai rien contre, remarquez, mais qu’elle se mette à défendre un texte qui, dans son paragraphe 3 lance ce très politiquement incorrect :

« Quoi ! Des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers ! »

Figurez-vous que ça m’amuse un peu…

Pour rigoler, il y a aussi ça :

« Sous nos drapeaux que la Victoire
Accoure à tes mâles accents ! » (§6)

Ou ça :

« Et la bande des émigrés
Faisant la guerre aux Sans-Culottes …
Vainement leur espoir se fonde
Sur le fanatisme irrité » (§ 11)

Et pour finir, ce magnifique Couplet des Enfants :

« Nous entrerons dans la carrière,
Quand nos aînés n’y seront plus ;
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus »
(C’est le rougeot de Lille* qui va être content…)

Elle a raison, Ségolène, il va falloir une sérieuse explication de texte pour faire passer tout ça.

Allez Ségo, t’inquiète pas, dans un mois environ, t’auras enfin le droit de ne plus dire n’importe quoi.

Ah, ça ira, ça ira …

* Pierre Mauroy, bien sûr

Et le printemps dans tout ça ?

On parle, on discute, on polémique et on en oublierait presque de fêter le printemps, la saison des amours !

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Voilà, c’est fait avec ce tableau de Pierre Auguste Cot trouvé sur Wikipedia.
C’est joli, non ?

Saviez-vous que Jean-Sébastien Bach est né le 21 mars 1685 ? Une grande journée, je vous dis !

Quoi de 9, Septembre 2001 ? La démolition programmée tient debout !

Les récents aveux de Khalid Sheikh Mohammed, le cerveau présumé des attentats du 11 septembre 2001, quant à sa participation à des dizaines d’attentats ou de tentatives d’attentats depuis quinze ans m’ont fait repenser à ma présence à Riyadh pendant le première Guerre du Golfe (de Juillet 1989 à Février 1990) et j’ai voulu revenir sur la séquence d’événements qui ont suivi cette guerre, séquence qui culmine avec les dits attentats contre le World Trade Center et le Pentagone.

Mon parcours sur le net m’a vite mis en présence d’un nombre impressionant de sites qui dénoncent la version officielle de ces attentats et ce qu’ils qualifient de « conspiration des néo-conservateurs contre la population des Etats-Unis et le reste du monde ».

Les thèses conspirationnistes ont au moins l’avantage de satisfaire la paranoïa de leurs auteurs. L’historien américain William Hofstadter a décrit à ce propos le réflexe d’exagération et de suspicion inhérente à la politique américaine (1). On pourrait aller plus loin : la recherche d’un Superman virtuel responsable de tous les maux satisfait un besoin vital, celui de ne pas avoir à se poser trop de questions sur ses propres erreurs (conf. les religions).

Les mécanismes de la plupart des rumeurs de conspiration sont assez simples : un événement majeur vient bouleverser les repères habituels, les explications rationnelles ne suffisent plus à remettre les esprits en place (surtout lorsqu’elles sont « officielles »), des détails insignifiants deviennent la preuve irréfutable qu’on-ne-nous-dit-pas-toute-la-vértité. Puis des faux circulent, la rumeur s’amplifie, trouve ses justifications, ses preuves, ses exemples historiques.

Pour arrêter la rumeur il suffit en général : de fournir la preuve des thèses rationnelles, de démontrer que les documents qui inspirent les conspirationnistes sont des faux, de donner du temps au temps. La vérité doit donc être transparente, documentée, scientifique, largement diffusée, et patiente.

Pour éviter la rumeur, il suffit donc d’être transparent, documenté et scientifique, dès le début.

Conspirations des Francs-maçons, des Sages de Sion, des Bildergergers, des Skull-and-Bones et autres Illuminati sont quelques-uns des thèmes préférés de tous les conspirationnistes. Le « Protocole des Sages de Sion » de Golovinski, le « Silent Weapons for Quiet Wars » de William Cooper sont deux des faux sur lesquels ils s’appuient. L’incendie du Reichstag par Hitler et un nombre incommensurable de méfaits staliniens sont les preuves historiques que « c’est-déjà-arrivé ».

Bush et les néo-conservateurs seraient donc à l’origine des attentats, inspirés par le livre de Brzezinsky « The Grand Chessboard »(2) et par les membres de la PNAC (Bennett, Cheney, Libby, Wosley, Rumsfeld, Wolfowitz, etc…). Ousama Ben Laden n’y serait pour rien. Tout cela ne serait qu’un prétexte pour établir une sorte de « Nouvel Ordre Mondial », cher à George Bush Number One (3), pour envahir l’Afghanistan, l’Irak, (l’Iran ?), c’est-à-dire le marché du pétrole, voire pour imposer une dictature sécuritaire sur la population états-unienne.

Or, un des nombreux points soulevés par les conspirationnistes affirme que les tours du World Trade Center n’ont pu s’effondrer suite aux incendies provoqués par le crash des vols American Airline 11 et United Airlines 175 et que leur démolition était programmée.

Et sur ce point particulier, ils semblent bien avoir raison.

LES FAITS

- A 8h46, un peu moins d’une heure après son décollage de Boston, le vol AA 11, pénètre par effraction entre le 92ème et le 98ème étage du WTC1 (la tour Nord), avec à son bord 81 passagers, 11 membres d’équipage et environ 10 000 gallons de kérosène.
- A 9h03, 45 minutes après son décollage du même aéroport, le vol UA 175 rate son atterrissage sur le plancher du 78ème étage de WTC2 (la tour Sud), avec à son bord 56 passagers, 9 membres d’équipage et sensiblement la même quantité de kérosène.
- Une explosion justement qualifiée par certains de « huge » s’en suit immédiatement qui déclenche un « immediate » et « apocalyptic » incendie.
- A 9h59, la tour Sud s’effondre et se retrouve à terre en un peu moins de 10 secondes.
- A 10h28, la tour Nord prend le même chemin vers Ground Zero, qu’elle atteint à une vitesse très identique.
- A 17h20, le WTC 7 s’effondre à son tour, alors qu’on ne lui avait rien demandé.
- Près de 3000 personnes ont disparu ce jour-là dans un petit million de tonnes de poussières de béton, de poutres métalliques et de questions non résolues.

LA VERSION OFFICIELLE

411 jours après ces événements, le gouvernement américain nomme (enfin ?) une commission d’enquête. Le « 9-11 Commission Report » (vite surnommé « Omission Report ») est rapidement complété par le rapport du National Institute for Standards and Technology (NIST), publié le 23 juin 2005, tous deux disponibles sur Internet.

Les conclusions des documents sont claires, plus de 1200 interviews de témoins et un nombre considérable de simulations sur maquettes et sur ordinateur viennent les corroborer : Les tours WTC1 et WTC2 se sont effondrées à cause des incendies créés par l’impact des avions détournés.

« This report covers the characterization of the conditions of the WTC towers before the attacks, their weakening due to the aircraft impacts, the response of the structural systems to the subsequent growth and spread of fires, and the progression of local failures that led ultimately to the total collapse of both towers » (NIST)

Sans bavure !

LES INVRAISEMBLANCES

Un certain nombre d’obsédés de la vérité se mettent immédiatement à analyser le moindre paragraphe des dits rapports. Et il en faut du courage pour lire tout ça ! Rien que le chapitre 6 du rapport NIST (NCSTAR 1-6 : « Structural Fire Response and Probable Collapse Sequence of the World Trade Center Towers ») fait 62 MB au format PDF !

Et ils ne sont pas d’accord, évidemment … C’est leur raison d’exister à ces types-là, faut les comprendre : il faut absolument que tout ce qu’on raconte officiellement soit faux, sinon, si on ne pouvait pas critiquer la version officielle, on ne serait pas dans une véritable démocratie, or nous sommes dans une démocratie, donc nous devons critiquer la version officielle (CQFD).

Quelques-uns des nombreux arguments avancés sont les suivants :

a) Température du feu / Fragilisation du noyau central des tours

Version officielle :
- Le noyau de 47 colonnes métalliques a été fragilisé par le feu. Cette fragilisation a entraîné la chute complète des tours.
Remarques des conspirationnistes :
- L’acier utilisé fond à partir de 1800° C, Un feu de kérosène dégage, dans les meilleures conditions d’oxygénation, une température maximale de 1200 °C. La couleur des flammes et des fumées semble indiquer une température maximale de 800 °C, largement insuffisante pour fragiliser la structure au point de la faire s’écrouler.
- Au cas même où le feu aurait atteint ou dépassé 1800 °C, la répartition de la chaleur sur l’ensemble des colonnes n’aurait pu se faire dans des conditions d’équilibre thermique parfait, seules susceptibles d’expliquer un effondrement simultané de tous les pylônes. Essayez de faire rougir une tige d’acier sur toute sa longueur avec un chalumeau !
- On avait jamais vu avant, et on n’a jamais vu depuis une seule tour construite sur le modèle du WTC qui se soit écroulée par le feu. La tour Windsor de Madrid (106 m / 32 étages) brûle pendant une vingtaine d’heures le 12 février 2005. Le bâtiment est entièrement détruit par le feu, mais tient debout. A Manhattan, le 11 septembre 2001, trois tours se sont écroulées à cause du feu.
- Le bâtiment WTC 7, qui s’écroule en fin d’après-midi, n’a pas été touché par un avion, les quelques feux présents sont faibles. Il s’écroule comme les autres (ou presque). Pour quelle raison ?

b) L’effet « Pancake »

Version officielle (D’après l’étude de la FEMA « WTC Building Performance Study », publiée en Mai 2002):
- La chute des étages supérieurs, due à un écartement de la structure extérieure et à la désolidarisation des planchers de ladite structure a entraîné un effet « pile de crêpes », chaque plancher cédant sous le poids des planchers supérieurs.
Remarques des conspirationnistes :
- L’écartement de la structure extérieure ne correspond à aucune logique scientifique. Aucune simulation n’a pu les reproduire. Rien ne vient expliquer ou prouver qu’il en ait été ainsi.
- Au cas même où cette hypothèse serait vérifiée, comment expliquer qu’aucun ralentissement dans la chute n’ait été observé. Les planchers inférieurs auraient dû ralentir la chute des planchers supérieurs.
- Au cas même ou l’effet « pile de crêpes » se révèlerait plausible, les 47 colonnes du noyau central auraient dû rester debout, au moins en partie. Il n’en est rien et Ground Zero est vraiment au niveau du sol.
- Quid du WTC 7 ?

c) Vitesse de la chute
Les faits :
Les tours tombent en moins de 10 secondes, c’est-à-dire à la vitesse d’une chute libre d’après les équations de Newton.
Remarque des conspirationnistes :
- Ceci est absolument impossible si l’on considère qu’environ 80 % de la masse des tours (100 % dans le cas de WTC7) auraient dû freiner la chute des étages supérieurs.
- Il fallait que les étages inférieurs s’écroulent AVANT les étages supérieurs pour que l’on puisse assister à ce que l’on a vu et enregistré sur vidéo.

d) Projections de débris, projection de fumées.
Les faits :
- Tous les films de l’écroulement des tours montrent que des débris ont été projetés à plusieurs dizaines de mètres de leurs points d’origine. Certaines fumées partent à la verticale lors de l’effondrement. Des jets de fumées sont observés en dessous de la limite d’effondrement. Les débris de métal sont tous de petite taille (moins de 9m), le ciment semble avoir été « pulverised ».
Remarques des conspirationnistes, et conclusion:
- Les images disponibles, en particulier celles de l’effondrement du WTC7 semblent indiquer une démolition programmée.

Kevin Ryan (Underwriters Laboratories) :
« L’estimation sur la probabilité que le feu et les dommages collatéraux (la théorie officielle) ait entraîné la chute complète des tours est de moins d’une chance sur mille milliards »

Vous n’avez pas l’impression que leurs arguments sonnent juste ?

Moi si.

LES CONCLUSIONS

Que faut-il en conclure ?

Sans doute pas que Bush et consorts aient consciemment massacré près de 3000 personnes pour des raisons qui resteraient à définir, ni qu’Ousama Ben Laden soit innocent de toute horreur. Ça, ce serait rejoindre déjà les conspirationnistes et il faudrait apporter d’autres preuves. Mais il me semble tout du moins nécessaire de continuer à poser la question de la vraisemblance des thèses officielles.

Vous trouvez que c’est un problème américain et qu’il faut laisser les Américains se débrouiller seuls ? Vous avez peut-être raison, mais n’oubliez pas que la guerre d’Irak, l’invasion de l’Afghanistan, les tensions actuelles avec l’Iran, le prix de l’essence à la pompe, tous sont directement issus des conclusions officielles et que ça vaudrait peut-être le coup de savoir si elles sont raisonnables.

Je le redis, pour éviter qu’une théorie de la conspiration n’existe, il faut être crédible, transparent et documenté, dès le début. Le gouvernement américain a quelques efforts à faire sur ce point et ces efforts nous concernent.

Alors quoi faire ? Déjà se faire une opinion personnelle et critiquer la mienne sans concession si elle n’est pas sérieuse. Ensuite ? Je n’en ai pas la moindre idée. C’est ça la vraie lâcheté…

NOTE :

Pratiquement tous les sujets concernant le 11 Septembre ont fait l’objet d’une controverse :
- Crash d’un avion sur le Pentagone (vol American Airlines 77)
- Disparition du vol United Airlines 93 près de Shankville, PA
- Mouvements boursiers précédents les événements
- Bénéfices de Silverstein, le bailleur des tours, grâce aux assurances
- Disparition de US$ 2 000 000 000 000 des comptes du Pentagone annoncée par Rumsfeld le 10 Septembre,
- etc, etc, etc,

L’objet et l’ambition de ce post n’étant pas une analyse complète de la situation, mais bien une mise en question de la version officielle sur un point particulier, je laisse à mes très chers lecteurs le soin de se faire une opinion par eux-même, s’ils le désirent.

Qu’ils ne me demandent pas encore la mienne. Je n’en ai pas. Pas encore.

SOURCES :

Il me serait impossible de retracer ici toutes les sources utilisées pour la rédaction de ce post. On peut cependant se référer aux sites Internet suivants :

Pour la thèse officielle :
- http://wtc.nist.gov/
- http://www.9-11commission.gov/
- http://www.fema.gov/rebuild/mat/wtcstudy.shtm

Pour la thèse des conspirationnistes :
- http://911research.wtc7.net/
- http://www.911weknow.com/
- http://www.reopen911.org/
- etc…

Je conseille par ailleurs vivement à tous de regarder quelques-unes des vidéos disponibles sur http://reopen911.online.fr/?page_id=139. Certaines sont sous-titrées en français et valent le coup d’être vues si on a pas envie de dormir (la plupart sont assez longues, une heure ou deux).

(1) William J. Hofstadter – The Paranaoid Style in American Politics – Essai publié dans le Harpers Magazine en Novembre 1964) / Cité par Wikipedia.
(2) Zbigniew Brzezinski -The Grand Chessboard « American Primacy and Its Geostrategic Imperatives » – New York Basic Books (1997)
(3) Discours de G. Bush devant le congrès américain du 11 Septembre 1990 (si, si, vous avez bien lu : du 11 Septembre !)

Vous n’allez pas voter Bayrou quand même ?

Je gisais ce matin par deux mêtres de fond, fidèle à mon statut de mollusque gastéropode prosobranche (famille des haliotoidae), collé sur mon rocher par de sombres pensées sur la nature de l’être et profitant du courant de la marée montante, lorsque ma voisine, cette chère Madame Ostrea, eut l’huitrecuidance de m’extraire des songes.

- Vous n’allez pas voter Bayrou quand même ?

Faisant partie de ceux qui savent plus ou moins ce qu’ils feront mais ne le disent pas trop (par crainte d’avoir à engager une discussion houleuse sur le sujet), je tentais une réponse évasive :

- Ce n’est pas impossible, je n’en suis pas certain, peut-être…
- Mais vous ne vous rendez pas compte !
- De quoi ?
- Ce gars-là est une illusion, une chimère, et puis, il ne passera jamais au deuxième tour !

Je ne voyais pas très bien en quoi l’éventualité d’un échec au deuxième tour disqualifiait irrémédiablement dès le premier, mais, n’ayant toujours pas envie d’aller trop loin sur le sujet, rétorquais un :

- Vous avez sans doute raison.

Ma cause était perdue d’avance, dans ces périodes de décisions démocratiques, n’être pas pour quelqu’un c’est faire le jeu de l’adversaire de l’autre et le silence est une trahison lorsque tous vocifèrent.

- Ecoutez-moi, Halio, de deux choses l’une, soit vous voulez le changement, soit vous ne le voulez pas, mais dans tous les cas, Bayrou n’est pas la solution.
- Et comment cela est-il possible ? Dans tout système logique on ne peut à la fois être et ne pas être…
- Si vous voulez le changement, Sègo est le seul choix possible. Elle seule incarne les réformes, elle seule peut les mener à bien. C’est une force nouvelle, un espoir pour le chenal tout entier. Elle le dit et le répète : « les électeurs ont besoin que je leur apporte la preuve obstinée, permanente, acharnée que c’est moi qui, non seulement incarne le changement, mais qui le réaliserai ». Et croyez-moi, elle le fera.
- Et de quels changements s’agit-il ?
- L’emploi, la sécurité, la famille, l’école, tout se tient, dit-elle. Elle veut redonner vie au système politique, revenir au principe de responsabilité…
- Tout ça me paraît très correct, mais concrètement ?
- Elle seule peut « refuser l’accaparement par la droite de tous les leviers de décisions et … s’opposer aux politiques de démantèlement de l’état et de la protection sociale avec sa fin programmée des impôts directs » (1).
- C’est bien. Mais je sens dans votre discours comme des remugles de l’ancien socialisme. Or vous m’affirmiez l’autre jour que votre chère Ségo veut justement se démarquer des vieux réflexes, « redonner vie au système politique » venez-vous de me dire. Si son programme, ou pire, celui de ses électeurs (car elle ne gouvernera pas sans eux) en reste à ce genre de banalités trop rabachées, j’ai peur que nous n’allions pas vraiment vers un quelconque renouveau. J’ai même peur que nous ne retombions rapidement dans ce vieux socialisme dont les plus purs d’entre vous semble eux-mêmes vouloir s’écarter. Non Madame Ostrea, je ne crois pas que votre Ségo soit en mesure d’apporter un changement véritable et je sais qu’avec elle nous continuerons ce mouvement de balancier gauche-droite-gauche-droite qui, depuis un certain mois de mai 1981, fait que nous n’avançons plus. En plus, elle n’est même pas jolie et parle comme un bernard-l’hermite, avec une coquille dure, plein de scritch-scritch, et ça ne remue que du sable.

J’allais continuer dans une diatribe un tant soit peu violente contre cette représentante de babord (autant par conviction que pour avoir enfin la paix), lorsque Madame Saint-Jacques s’annonça par quelques claquements de valve.

- Clac, clac, clac. Excusez-moi de vous interrompre, je me suis permis de suivre votre conversation d’un peu loin (le son porte très bien sous l’eau) et je me sens obligée d’intervenir : le seul vrai changement possible, c’est le grand Nico !

Madame Ostrea n’aimant pas Madame Saint-Jacques, qu’elle considère comme volage et trop bavarde, (je crois sutout qu’elle est un peu jalouse de ses allures de grande dame) retourna donc dans sa coquille pour rêver d’une vie largement plus perlière. Quant’à Madame Saint-Jacques, qui se croit d’une vieille famille bretonne, elle se mit à me claqueter plein de choses sur son très cher Nico :

- Bayrou, mais vous n’y pensez-pas ! Il ne pourra jamais rassembler de quoi réaliser ce qu’il annonce. Et d’ailleurs, il n’annonce que du flou. Non, croyez-moi, seul le grand Nico peut nous sortir de cette valse en deux temps que vous semblez critiquer.
- Et comment donc ?
- Lui seul propose un plan viable, possède l’autorité pour le réaliser. Lui seul veut sortir des logiques de clans, et nous hisser hors du trou. Libéral ? Oui, mais humain. De droite ? Oui, mais pas de cette droite vieillotte et ridicule arc-boutée sur ses petits privilèges de captitalistes repus…
- Ah, j’avais plutôt l’impression que c’est à gauche qu’on s’arc-boute sur les privilèges et les acquis…
- Ne m’interrompez-pas, voulez-vous ! Nico, c’est jeune, c’est intelligent, c’est dynamique, c’est fort, c’est honnête. Etudiez-bien toutes ses propositions…
- Je reconnais qu’elles semblent véritables…
- Pas seulement véritables : efficaces ! Avec Nico, ça marchera. D’ailleurs, il le dit.

Je remarquais chez la dame un peu de cette passion fébrile qu’on certaines femmes pour les très grands héros mais notais tout du moins mon accord sur l’ensemble des points.

- Il semble en effet qu’il soit le mieux plaçé…
- Ah, vous voyez, un peu de raison vous remet vite dans le droit chenal. Ce n’est pas comme Madame Ostrea et son QI d’huitre : quels que soient les errements de Ségo, elle gardera sa foi.
- Fides et Ratio
- Comment ?
- Non, rien, je pensais à la foi et à la raison. Aucun rapport.
- Ah bon. Non mais regardez-la l’Ostrea ! Fermée ! Ah, l’immobilisme des huitres !

Malgré les arguments de Madame Saint-Jacques, je sentais bien que je n’avais pas très envie de vivre dans un chenal aussi propret et bien en ordre qu’un trottoir de Neuilly. Et puis j’aurais surtout aimé que tout cela s’arrête. Mais, décidemment, ce n’était pas mon jour…

Gai-Luron, notre canard préféré, qui daigne parfois se poser dans le coin et nous nourrir de sa grande expérience des océans, vint me troubler encore :

- Ecoutez Halio, « il me semble que Bayrou a un certain nombre d’atouts (…) ; néanmoins, sans vouloir le ramener aux abîmes incantatoires de Royal, je crains qu’il n’ait que des principes et des “valeurs” à proposer, mais pas de système cohérent ; il affiche clairement son engagement européen, mais il ne l’articule jamais de façon cohérente à ses propositions pour la France et ne délimite jamais ce qui relève du domaine de compétences de la france, et ce qui relève de l’Europe.?Il fut un exécrable ministre de l’éducation, ce qu’il ne faut jamais oublier… Enfin, est-il si honnête que cela ? J’en doute de plus en plus quand on voit par exemple qu’il est l’homme politique qui a, en janvier et février bénéficié du plus grand temps de parole de tous les candidats, tout en expliquant que les média ne s’intéressaient pas à lui… A méditer. » (2)

Il m’énerve un peu celui-là avec son nez en l’air, mais je l’aime bien et il avait raison le bougre.

Vous savez quoi, je vais voter Churchill … Ou bien reprendre ma énième lecture de Voltaire.

(1) http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=20241
(2) http://presqueriensurpresquetout.unblog.fr/ « De Chirac à Bayrou : quand le rad-soc se réincarne dans le soc-dém-lib. » (Commentaire N°10)

Le ministère nécessaire de Monsieur Sarkozy

Pour quelques raisons que certains qualifieraient de floues, je ne suis pas sarkoziste, pour d’autres raisons, que je qualifierais de raisonnables, je n’aime pas le parti socialiste français. Je fais donc partie de ce nombre indécis d’indécis pour qui Bayrou représente une possibilité plutôt viable. Quant à ma position vis-à-vis du Front National, elle a du moins le mérite d’être tranchée : je n’aime pas ces gens-là, le populisme de leur chef ni l’archaïsme de leurs idées xénophobes.

Cette note personnelle me permettra je l’espère d’éviter tout du moins un reproche : celui d’un quelconque aveuglement pro-sarkoziste et certains de mes méfaits littéraires, disponibles sur ce blog, conforteront les plus réticents sur le fait que je ne suis pas un raciste primaire.

Mais lorsque j’entends Messieurs Bayrou, Hollande et tous les autres lever cet incroyable tollé sur la proposition d’un Ministère de l’Identité Nationale et de l’Immigration, faite par Monsieur Sarkozy jeudi soir devant les caméras de France 2, je ne peux que réagir et faire appel au peu de bon sens qui me reste.

Ecoutons-les rapidement :

- Monsieur François Bayrou : « Que l’on ait un Ministère de l’Immigration, pourquoi pas. Mais enfermer dans la même phrase immigration et identité nationale, il y a là une frontière franchie »
- Madame Marie-George Buffet : « Réveiller ainsi l’époque de Vichy pour mieux donner des gages aux thèses xénophobes et racistes du Front national est indigne d’un candidat républicain à l’élection présidentielle »
- Monsieur François Hollande : « Je crains vraiment que dans cette campagne, Nicolas Sarkozy soit dans un flirt poussé avec les thèses du Front national », « s’il s’agit de contrôler les flux migratoires, le ministère de l’Intérieur y suffit. S’il s’agit d’assurer l’intégration, le ministère du Travail qui est responsable de la population y suffit »
- Madame Ségolène Royal : « Je trouve assez ignoble de faire cet amalgame entre l’identité française et les travailleurs immigrés, étrangers qui viennent ici pour contribuer à la croissance économique et qui, je le rappelle quand même, viennent à la demande des entreprises »
- Monsieur Jacques Lang : Tiens, je ne l’ai pas entendu celui-là, étonnant !
- Monsieur Faouzi Lamdaoui, secrétaire national à l’Egalité du PS : la proposition de créer ce nouveau ministère « stigmatise l’immigration comme une menace pour la culture française »
- Monsieur Mouloud Aounit, Président du MRAP : Nicolas Sarkozy « menace la cohésion nationale », il « libère la parole et l’idéologie racistes, il menace gravement la cohésion nationale, il fait ainsi un choix de société, celui du rejet de l’autre, dans une logique de division incendiaire »
- etc…

« Bon appétit, Messieurs ! », dirait Ruy Blas devant ces grands « intègres », devant ces « morsures d’affamés sur un vaisseau perdu » (1).

Car de quoi s’agit-il ? Monsieur Sarkozy s’en explique lui-même, laissons le donc parler un court instant :

« La France, ce n’est pas une race, la France ce n’est pas une ethnie. La France, c’est tous les hommes qui l’aiment, qui sont prêts à défendre ses idées, ses valeurs, à se battre pour elle. »
« A ceux qui veulent vivre en France, nous voulons offrir la fierté d’être Français. »
Et puis ce fulgurant :
« Comment voulez-vous faire de l’intégration sans parler de qui nous sommes !? »

Le débat est posé, répondons-y.

Et commençons par une définition, celle de l’identité nationale. Dans un ouvrage publié en 2004 chez Odile Jacob (2), Samuel Huttington la définit comme « le sentiment de lui-même éprouvé par un individu ou un groupe ». L’identité résulte de la conscience de soi, dit-il, du sentiment de constituer une entité individuelle ou collective. Cette conscience peut être plus ou moins « salliante » en fonction de l’importance que l’individu ou le groupe accorde à cette identité et dépend largement de la « substance » de cette identité, c’est-à-dire de ce que l’individu ou le groupe possède en propre ou en commun et qui le différencie des autres individus et des autres peuples. J’adhère à cette définition.

La France possède une identité propre, n’en déplaise à certains. Cette identité se fonde sur certaines « valeurs » que sont les notions de démocratie, de liberté, d’égalité, de fraternité (Ségolène, jamais à court d’une « bravitude », parle quant à elle de « sororité » !) et de laïcité. « L’identité française n’est pas un gros mot », dit Monsieur Sarkozy, je n’en vois pas dans cette définition.

Ajoutons que la France a cette noble attitude de se considérer comme un pays d’accueil et qu’elle en fait part intégrante de son identité. La France, donc, ne se définit jamais comme une « race », une « ethnie », et encore moins comme une « religion ».

On entend parfois dire que ces valeurs sont universelles ; elle le sont dans ce sens qu’elles devraient sans doute l’être. Mais reconnaissons que ce n’est pas le cas et je ne crois pas qu’un être humain sur dix puisse se targuer d’en bénéficier sereinement. C’est peut-être pourquoi nous attirons effectivement plus d’immigrés que d’autres, la Sécurité Sociale et les Assedic ne pouvant justifier à eux seuls cet engouement général pour notre beau pays.

Je mettrai notre langue dans le tronc commun de nos trésors. L’idée que les Français, y compris immigrés, parlent français, ne me paraît pas absurde et je note sur ce point que les Etats-Unis ont adopté par deux amendements datés de 2006 (l’un républicain, l’autre démocrate) le fait que la langue anglaise était une langue « nationale » (amendement républicain), « commune et unificatrice » (amendement démocrate). Cette unanimité pleine de nuances a pour avantage de nous signifier que la langue commune est bien un élément unificateur, un facteur d’identité.

« Comment voulez-vous faire de l’intégration sans parler de qui nous sommes », dit Monsieur Sarkozy. Si sa définition du « qui nous sommes » est semblable à la mienne (et je crois pouvoir dire qu’elle en est proche) je ne vois pas en quoi l’on peut la taxer de « raciste » ou de « xénophobe ». Je ne vois pas en quoi il stigmatise un soi-disant « rejet de l’autre ».

Voici pour la « substance ».

Dans le contexte de la mondialisation, je crois plus que jamais nécessaire de définir sans cesse sa propre identité. Non qu’il faille rejeter la mondialisation (on ne le peut tout simplement pas !), mais parce que nous éprouvons tous une certaine « salliance » pour cette identité et que sa perte risquerait de nous mener vers des affres très peu recommandables.

Je ne sais pas s’il faut un ministère pour cela, mais je ne vois pas qui d’autre que l’état pourrait assurer la mission de cohésion nécessaire à cette définition. Va, donc, pour un Ministère de l’Identité Nationale.

Faut-il un Ministère de l’Immigration ?

Monsieur François Hollande répond évidemment de travers lorsqu’il annonce « S’il s’agit de contrôler les flux migratoires, le ministère de l’Intérieur y suffit. S’il s’agit d’assurer l’intégration, le ministère du Travail qui est responsable de la population y suffit ». Car c’est de cette façon justement que l’on réduit le phénomène de l’immigration à celui de « flux migratoires » et de « main d’œuvre ». Le MRAP devrait réagir ! Quant à réduire la responsabilité de la population à la responsabilité du travail, c’est un peu limitatif et rappelle un peu trop le marxisme de base, mais passons, c’est un autre sujet…

Quelle serait la fonction d’un tel ministère ?

« Tendre la main à l’immigré c’est prendre appui sur nos valeurs d’accueil, de droit du sol, de droit d’asile et de regroupement familial. C’est poursuivre le processus historique de francisation de la France, depuis les Francs, avec des apports multiples ». Cette phrase est de l’Humanité et date de 1996 (3). Je m’y rallie et note qu’elle correspond de près au discours que je suis en train de tenir. Les communistes réveillaient-ils alors « l’époque de Vichy » et ses « thèses xénophobes » ? Je ne le crois pas.

O tempora, O Mores.

Tendre la main, telle serait effectivement la fonction d’un ministère de l’immigration si l’on en concevait un selon les termes de notre identité nationale. Mais tendre la main en s’appuyant sur nos valeurs, en poursuivant le processus historique de francisation de la France, comme l’affirmaient autrefois nos amis communistes, c’est-à-dire en affirmant notre « identité nationale ».

Les deux ministères peuvent-ils être liés ?

Ils le doivent !

Dans un texte récent (« Barbares Extérieurs ») je défendais les thèses d’Arnold Toynbee et de William Durant selon lesquelles la civilisation occidentale bénéficie nécessairement de l’apport des autres cultures. Je plaçais cet apport sous le signe de l’intégration. Je n’avais que partiellement raison ou manquais de clarté, car il ne s’agit pas pour l’immigré de renier sa culture, mais bien d’accepter la nôtre. Ce n’est que par une approche cohérente, en phase avec les préceptes de notre identité, que l’on peut résoudre cette équation difficile et c’est à l’Etat, une fois de plus, d’assurer cette cohésion (il s’agit bien de « cohésion nationale » pourrait-on dire à Monsieur Mouloud Aounit), il en est seul capable.

Le lien entre les deux termes « est tout aussi nécessaire qu’opportun », ont justifié Rachida Dati et Xavier Bertrand, porte-parole de Monsieur Sarkozy dans un communiqué cités par le Nouvel Observateur (4). « Nous pensons, en effet, qu’il ne peut y avoir d’immigration réussie sans intégration, et pas d’intégration sans connaissance et respect des valeurs de la République française. »

Je soutiens totalement Monsieur Sarkozy sur ce point d’un « Ministère de l’Identité Nationale et de l’Immigration » qui répondrait idéalement à deux aspects d’une même problématique : la définition même de ce petit pourquoi on aime la France.

Ou alors j’ai rien compris…

(1) Victor Hugo – Ruy Blas : Acte III / Scène 2
(2) « Qui sommes-nous ? Identité nationale et choc des cultures »
Je renvoie sur cet ouvrage au résumé très complet fait par Augustin Jandon sur Polemia.com, résumé que je cite longuement dans ce post : http://www.polemia.com/contenu.php?cat_id=36&iddoc=1392
(3) http://www.humanite.presse.fr/journal/1996-12-10/1996-12-10-767104
(4) http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe




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