Newton et Ben Laden

Logique, hypothèse, intuition, raison, théorie, objectivité …. Les mots se sont bousculés ici (1) autour de la question d’un éventuel complot sur le 11 septembre 2001. Les interventions de Tschok, de Titelilia, puis d’Ada Veen, se sont mêlées à ma posture de naïf soi-disant très renseigné pour constituer un brouet plutôt intéressant, surtout pour moi.

Aucune conclusion définitive quant à ce qui s’est vraiment passé ce jour-là ne pouvait évidemment sortir de ce débat et je ne crois pas que s’en ait été le but à un instant quelconque. Tschok parle du manque de certitude sur l’unité d’action dans son commentaire 35, il est clair que nous ne pouvions prétendre la découvrir d’ici. Ada veen nous rappelle (C. 36) que toute thèse conspirationniste repose d’abord sur l’hypothèse que « la vérité est (toujours – NDLR) ailleurs » et elle a bien raison.

Dès lors qu’il s’agit de « se faire son idée » sur quoi que ce soit, il existe donc plusieurs bons chemins, et quelques-uns nettement moins bons, le grand René nous les a bien décrits (on peut l’appeler René, n’est-ce pas, depuis le temps qu’on le connaît !). In fine l’idée que l’on se fait d’une chose peut donc être « intuitive » ou « pragmatique », « renseignée » ou « pifométrique », « objective » ou « consensuelle », l’important est peut-être qu’elle soit.

Je ne savais pas trop bien quoi tirer de tout ceci jusqu’à ce que Newton vienne me soustraire à mon sommeil.

« Je suis Newton, me dit-il, j’étais tout à l’heure à l’ombre d’un pommier lorsqu’une Golden d’environ 200 grammes m’est tombée sur le nez. J’en ai conclu que p=mv »

Les philosophes et les psys auront tout le loisir de poser la question de la véritable identité de Newton ou d’analyser sa présence sous le pommier, les physiciens auront la satisfaction de nous perdre dans les notions de référentiel galiléen ou de relativité, restreinte ou générale, les historiens auront beau jeu de nous dire que cette histoire est apocryphe, n’empêche que l’explication tient debout : avec un peu d’esprit scientifique, beaucoup de génie et un sens de l’observation hors du commun, Newton « pouvait » entreprendre de décrire ses lois d’après l’observation d’une pomme en état de chute. La conclusion qu’il énonce me semble a priori un tant soit peu tirée par les cheveux, mais dès que je m’instruis sur la physique et sur ses fondements, je peux admettre son discours sans qu’il s’oppose à mon entendement.

Notons que Newton n’analyse pas la cause de la chute de la pomme, ce qui est parfaitement inutile pour son exposé, mais l’on peut au moins supposer que son état de maturité (celle de la pomme) est une hypothèse plus probable qu’un tremblement de terre (il y en a rarement au manoir de Wollthorpe). Le rasoir d’Ockham que cite Tschok dans son fameux commentaire 35 m’est donc ici très utile pour éloigner la plupart des hypothèses farfelues, souvent les plus nombreuses.

Plus j’étudie l’énoncé de Newton, plus j’ai de raisons d’y croire, parce qu’il est pragmatique, renseigné, objectif. En mon âme et conscience, je n’y trouve rien à réfuter. Et si je réfute l’authenticité de l’histoire du pommier, je ne réfute pas le fait que p=mv, je suis « hooked » (2)

Admettons maintenant que Newton m’ait dit ceci :

« Je suis Newton, j’étais tout à l’heure à l’ombre d’un pommier lorsqu’une banane de 3 kgs m’est tombée sur la tronche. J’en ai conclu que Ben Laden me l’avait lancée, j’ai donc envahi l’Irak ».

J’aurais répondu qu’une banane ne pouvant tomber d’un pommier, il fallait bien trouver une autre cause que la gravité à cet état de fait. J’aurais, au minimum, questionné l’identité du coupable, ne serait-ce qu’à cause du manque de preuve ou d’explication que me donnait ce brave Isaac (on peut l’appeler Isaac, n’est-ce pas, etc…). Au pire, je me serais demandé si le choc bananien ne l’avait pas rendu un peu foldingue, et je me serais bien évidemment posé quelques questions sur l’existence d’une banane de 3 kgs. Quant à l’invasion de l’Irak …

En clair, plus j’ai tenté d’analyser son discours, plus son discours m’est apparu comme pifométrique et subjectif, plus je me suis posé la question des capacités intuitives du grand savant et plus je me suis posé la question des raisons qui l’ont poussé à raconter de telles conneries. En mon âme et conscience, le deuxième énoncé me paraît donc absurde, et ce bien qu’aucun élément ou presque ne soit absolument, totalement, définitivement, réfutable.

Je rejoins donc Tschok sur une partie de son exposé.

Je me fais ensuite cette remarque sur le mensonge : pour qu’un mensonge tienne la route, il faut donc qu’il soit extrêmement bien construit. Il faut du génie pour être un grand menteur. La moindre faille sur ce mensonge, et c’est l’apocalypse : ma femme qui découvre que je la trompe, ma maîtresse qui découvre que je n’ai toujours pas demandé le divorce, et l’Amérique qui se demande pourquoi, pour qui, plus de 3 000 personnes sont mortes.

Mais mon propos n’est pas de revenir sur le discutable exposé officiel des faits du 11 septembre, exposé dont on ne peut effectivement retirer aucune conclusion (et c’est peut-être ce qui me dérange).

Non, mon propos est plus de rappeler que tout raisonnement doit se baser sur des faits vérifiables et que le grand René avait évidemment raison lorsqu’il énonçait son premier précepte : « éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et … ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenteroit si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute ». (3)

Ceci s’applique pour le 11 septembre, mais aussi et surtout pour le 22 avril. Bonne chance pour vous y retrouver dans le discours de nos présidentiables.

(1) http://haliotoide.unblog.fr/2007/03/20/quoi-de-9-septembre-2001/
(2) Jeu de mot assez mauvais sur le fait que Robert Hooke, et non Newton, est peut-être à l’origine de la théorie de la gravité.
(3) Discours de la Méthode, évidemment. Rassurez-vous, moi aussi, j’ai dû le relire trois fois avant de comprendre.

18 Réponses à “Newton et Ben Laden”


  • C’est assez étrange ce que tu dis à propos de ce qu’on peut penser en son âme et conscience, car à un moment, j’ai été tenté de mettre dans un des coms que tout cela n’était qu’une question d’intime conviction.

    C’est une notion assez confuse et complexe, mais pourtant construite, et qu’on emploie dans le domaine judiciaire pour décrire le processus intellectuel au terme duquel un juré parvient à une solution sur la culpabilité ou l’innocence d’un accusé, alors qu’il n’a pas nécessairement toutes les preuves objectives pour se forger un jugement parfaitement éclairé.

    Si je comprends bien le fil de ta pensée, tu te confrontes à Newton et Descartes, le premier ayant eu une intuition géniale pour décrire dans le détail de sa mécanique physique quelque chose que chacun pouvait observer en trouvant cela banal, le second ayant synthétisé en des termes assez abstraits une méthode de raisonnement permettant de résoudre bon nombre de problèmes, sans pour autant porter sur le détail des choses.

    L’intuition et le détail d’un côté, la méthode et le général de l’autre.

    Eh bien oui, voilà deux bonnes armes pour affronter une réalité où la certitude des faits n’existe pas: il faut la construire.

    C’est très rigolo de se dire cela, car ça semble élémentaire. Ca fait vraiment cours de philo première année. Et puis, il suffit d’un événement, la polémique sur le 11/09 par exemple, pour que l’on se rende compte que la réalité est une construction.

    On s’en rend compte d’autant plus profondément que les théories conspi sont destructurantes, par la remise en cause permanente qu’elles opèrent, alors que la thèse officielle, ou les thèses rationnalistes, qui devraient normalement construire notre réalité ne construisent rien du tout car elles sont truffées de zones d’ombre.

    Par dessus le marché, chaque camp fait de la triangulation (c’est à la mode) si bien qu’on a à la fois de l’expliqué rendu inexplicable, aussi bien par des pro conspi que par des anti conspi, et de l’inexplicable rendu expliqué, là encore aussi bien par les uns que par les autres.

    Maintenant, pour reprendre le fil de ta pensée, j’ai l’impression que ta conclusion n’est qu’une pause: un fait est un fait, donc.

    Oui, mais encore?

  • Ma conclusion n’est qu’une pause, en cela, tu as raison.
    Pour le reste, ça se discute, et c’est l’objet de ce blog.

  • Belle démonstration… et beau résumé de Tschok.

    Ces deux « armes » : 1.intuition/intime conviction puis vérification 2. observation/raisonnement puis vérification, sont à mon sens « également » valables.
    Mais la notion fondamentale, avant la méthode, est le prémisse d’impartialité de l’observateur-raisonneur-intuitif.
    On ne peut être totalement impartial, c’est un fait, mais le problème particulier du conspirationniste comme de l’enquêteur officiel est avant tout l’honneteté et la rigueur dans l’investigation.
    Dans le cas qui nous occupe, cela pourrait être résumé ainsi :

    L’enquêteur officiel :
    Deux tours (je ne parle pas du WTC 7) se sont effondrées, deux avions se sont crashés dans lesdites tours, OR à la lumière des expertises, on ne peut à proprement parler trouver de corrélation entre les 2 faits (les incendies créés par les avions, le kérosène, l’impact, etc… en semblent pas de nature à créer un effondrement du type constaté ni expliquer la présence de métaux en fusion au ground zero pendant des semaines, etc…).
    Le problème de l’enquêteur officiel réside ainsi dans le fait qu’il est peut-être parti d’un prémisse éronné, à savoir l’UNIQUE lien de cause à effet entre crash et effondrements.

    L’enquêteur « conspirationniste » :
    Fort de l’enquête « officielle » qui n’aboutit pas à la conclusion voulue, le conspirationniste intervient, il s’interroge.
    Il s’empare des lacunes constatées pour faire sa petite cuisine.
    Au mieux, il effectue une contre-enquête rigoureuse (cela se voit parfois), au pire, il tire ses conclusions sur un méli-mélo de tout et n’importe quoi avec l’apparat de la rigueur scientifique.
    Le problème du conspirationniste est donc également dans le prémisse de son raisonnement : va t-il construire son raisonnement, ou va t-il le bâtir à partir de la conclusion à laquelle il veut aboutir (c’est à dire à l’envers) ?

    Tout n’est donc que question d’honnêteté intellectuelle, finalement.

    La vérité est peut-être ailleurs, mais pas là où l’enquêteur a choisi d’avance de la trouver…

    Il en est de même pour nous, pauvres observateurs, qui devons nous astreindre à la même cette, en pas nous laisser berner par les conclusions les plus « séduisantes » (si je puis dire).

    Comme nous n’avons souvent pas le bagage nécessaire pour ce faire, la question « à qui profite le crime ? » (posée intelligemment et en toute honneteté, bien sûr), est un bon jocker.

    A vous !

  • Tschock, Ada Veen;

    Vous êtes de superbes contradicteurs et j’oserais dire que je vous aime si je vous connaissais. Mais il est tard et je dois écrire à ma fille adultérine. A demain donc !

  • Il y a ta vérité, il y ma vérité et il y a La Vérité.

  • ch,

    Pourquoi ne pas la,se,La défendre ?
    J’aurais aimé savoir ce que vous en pensez, pourquoi, etc… Votre vérité est « a priori » respectable, peut-être vos arguments m’auraient-ils fait évoluer, réfléchir, convaincu. Mais je reste sur des « a priori » et des peut-être et le débat ne s’est pas ouvert. Seriez-vous de gauche ?

    Ou bien serait-ce mon éclat hyalin qui vous perturbe (hé, hé) ?

    A propos, merci pour l’explication sur Jules Verne

  • Merci Halio pour ce compliment que j’ai cessé de mériter dés que tu me l’as fait, hélas, car j’ai déserté ton post faute de temps.

    Pour répondre à Ada Veen: chercher à qui profite le crime est peut être la meilleure méthode pour s’égarer car, s’agissant d’un crime hors norme, un crime de masse, un crime mondialisé, la multitude et la multiplicité des victimes fait que le crime « profite » à tout le monde.

    Ceux qui l’ont commis, bien sûr (et d’ailleurs on parle assez peu d’eux, alors que leur existence avérée aurait dû suffire à mettre un terme à toute polémique) et tout ceux qui d’une façon ou d’une autre vont exploiter ce crime.

    Or, ces derniers sont très nombreux. Je pense par exemple à la police de New York dont l’image, avant le 11 septembre, était assez déplorable. Le sacrifice des policiers, tués par l’effondrement des tours, a indiscutablement redoré son blason.

    Dans ces conditions, il n’est pas idiots d’imaginer, si l’on recherche des suspects parmi ceux à qui profite le crime, que la police de New York est complice des attentats.

    Mais il faut avouer qu’un tel raisonnement ne conduit pas à poser « intelligemment » la question « à qui profite le crime? »

    Alors comment faire?

  • Je passe sur ce coup-là pour l’instant. Le sujet m’intéresse trop pour que je me laisse emporter à des réponses rapides. Une chose quand même Tschok, tu trouves vraiment que le crime en question a profité à l’Afghanistan, à l’Irak, etc.. ?

  • D’une certaine façon, oui.

    Enfin, selon la maison blanche qui soutient précisément cette thèse.

  • Tschok serait-il le petit nom de Kurt Gödel ? J’en ai parfois l’impression lorsque je constate ta capacité à démontrer l’incomplétude des systèmes formels. Ou alors Paul Feyerabend ?

  • Euh…

    Je ne connais pas les deux personnes que tu viens de nommer.

    Mon inculture est une honte. Mais comme elle ne m’empêche pas de penser, cela ne me dérange pas trop. Et puis il n’est pas interdit de demander son chemin quand on est perdu.

    PS: tu remarqueras que la maison blanche est bien évidemment l’un des principaux bénéficiaires des attentats du 9/11, puisqu’ils lui ont servi à justifier la guerre en Irak (le cas afghan est différent), mais c’est tout de même une bien étrange théorie que celle qui consiste à dire que la victime profite du crime qu’elle subit. Quoique cela pourrait faire un bon roman policier… Enfin, dans la vie réelle on appelle ça un suicide, mais bon.

    PPS: d’ailleurs quand on regarde ce que fait Bush on peut pas s’empêcher de penser à une démarche suicidaire. Faut dire qu’il s’y connait: c’est un « reborn »

  • Kurt Gödel est un mathématicien specialiste de la logique, connu pour son théorème d’incomplétude. En gros le théorème d’incomplétude démontre que les mathématiques ne peuvent pas se prouver elles-mêmes, c’est-à-dire qu’on ne peut pas utiliser le raisonnement mathématique (basé sur des axiomes) pour démontrer les hypothèses. Un certain Douglas Hofstadter avait gagné le prix Pullitzer pour son livre « Gödel, Escher, Bach », un énorme pavé sur les systèmes logiques de Gödel (pour la mathématique), d’Escher (pour la gravure) et de Bach (pour la musique en général et l’art de la fugue en particulier). Quand on a envie de se prendre la tête au bord d’une piscine et de se croire intelligent, c’est idéal.

    Quant à Feyarabend, il a écrit un bouquin un peu délirant contre Descartes (« Contre la Méthode » – Seuil 1979) et c’était pas sympa de ma part de te comparer à lui.

    C’est qui Bush ?

  • C’est un type qui se fait passer pour le président des Etats Unis.

    Merci pour l’info.

    Le bonhomme a l’air intéressant. Je vais essayer de me rencarder sur son théorème (je dis bien essayer).

    Pour Feyarabend… bah!

  • Alors là mon cher Tschok, je te trouve singulièrement de mauvaise foi !!
    Heureusement que tu te ressaisis en fin de commentaire (n°7) … ;-)
    J’insiste sur « l’intelligemment » ; la question en elle-même peut donner lieu à des conclusions totalement absurdes, et c’est d’ailleurs un des ressorts favoris des conspirationnistes.

    Pour ce qui est de dire que « la maison blanche est bien évidemment l’un des principaux bénéficiaires des attentats du 9/11, puisqu’ils lui ont servi à justifier la guerre en Irak (le cas afghan est différent) (…) » : je ne vois pas pourquoi, et je trouve même cette théorie faisandée à plus d’un titre :

    1. Si Bush et ses « faucons » étaient les instigateurs des attentats pour justifier la guerre en Irak, ce serait donc eux qui auraient instrumentalisé les pirates. Alors pourquoi ces terroristes sont-ils « seulement » rattachés à Al Qaida ??
    Soyons logiques, les liens entre Al Qaida et Saddam Hussein – s’ils existent, c’est un fait – ne sont pas assez efficients pour justifier l’intervention en Irak en tant que « conséquence » du 11 septembre (c’est d’ailleurs une des critiques récurrentes des anti-guerre en Irak, tu remarqueras). N’étant pas complètement idiots (non-non), ils auraient choisi de faire porter le chapeau de manière flagrante et incontestable à leur future cible.

    2. Même en pensant que le gouvernement américain est capable de faire perpétrer un attentat contre son propre pays (il faut déjà admettre le cynisme absolu du procédé) : quel intérêt ? La menace terroriste EXISTE, elle n’a pas besoin d’être « mise en scène ».
    Les faits ont montré que Bush n’attendait pas l’aval de grand monde pour faire ce qu’il voulait, de toute façon.

    3. J’ai beaucoup de mal à croire qu’un attentat de cette ampleur puisse être « bidon » : l’évènement signe une volonté de mettre à genoux la première puissance mondiale, de lui faire « payer son arrogance » (ce qui est tout à fait dans l’ordre d’idée des terroristes islamiques) ; quel chef d’état s’infligerait lui-même une telle humiliation, afficherait volontairement une telle vulnérabilité ? Il faut rester rationnel.

    Personnellement, je trouve que le crime a profité plus qu’à quiconque à ceux qui te toute évidence l’ont perpétré : la toute puissance des Etats-Unis en a pris un sacré coup dans l’aile, les terroristes ont fait régner … la terreur. En allant plus loin, la guerre en Irak elle-même a « soudé » des groupes qui jusqu’alors étaient en conflit (pro-Saddam et groupuscules terroristes de front contre la domination américaine, etc.).

    Et pour revenir sur l’effondrement des tours, qu’est-ce qui exclu l’hypothèse que des explosifs peuvent avoir été mis en place par les mêmes terroristes ? Rien.
    Des gens capables d’organiser un tel attentat ne sont pas des amateurs, ils n’ont pas laissé grand-chose au hasard, et peut-être savaient-il eux-mêmes que les tours ne s’effondreraient pas du seul fait du crash des avions et des incendies. Peut-être avaient-ils envie de montrer au monde entier ce qu’il a vu, les deux tours les plus hautes de la capitale financière des Etats-Unis s’effondrer comme des châteaux de carte…

  • Chère Ada,

    Bon, ça y est, j’ai fini de me goinfrer avec des chocolats et je peux reprendre mes activités de parasite de la blogosphère ………

    Le problème avec ce débat, c’est que dès que l’on aborde l’idée que les tours aient pu s’effondrer pour une autre raison que la raison officielle, on est effectivement propulsé vers la question suivante ; « Oui, mais quoi, alors ? Qui est le responsable ? »

    Et c’est très naturellement qu’on se pose la question de celui qui en a tiré les avantages les plus conséquents. Le bon sens indique que les néo-conservateurs semblent avoir gagné sur toute la ligne : ils voulaient une occupation de l’Afghanistan et de l’Irak (voir le document de la PNAC), ils l’ont eu. Ils voulaient un renforcement de la politique sécuritaire nationale et internationale, ils l’ont obtenu. Ils voulaient placer les Etats-Unis comme LA puissance mondiale qui résout tous les problèmes (à son avantage), ils y sont arrivés. Si l’on regarde le résultat pour Al Qaeda et les mouvements islamistes en général, le bilan est plus mitigé. Je ne parle pas des attaques de leurs bases un peu partout dans le monde, ni du nombre de leurs groupuscules démantelés (de cela, ils ont su tirer parti en se plaçant comme victimes aux yeux des plus virulents), mais des répercussions assez néfastes sur leur image de marque au sein même du monde arabe. On a tendance à croire que Ben Laden et ses ouailles sont encore considérés comme des héros par le monde islamique. Rien n’est plus faux. Gilles Kepel en a fait plusieurs belles démonstrations dans plusieurs de ses livres et si les midinettes saoudiennes ont considéré le bel Ousama comme le héros absolu du Moyen-Orient peu après le 11 septembre, l’image de looser s’est vite imposée, tout comme l’image de monstre. On assiste en fait aujourd’hui à une compétition insensée entre factions rivales pour devenir le phallus de l’islam et la séparation entre chiites et sunnites ne semble pas avoir jamais été si forte. Kepel cite par exemple la haine qu’ont les Afghans des talibans arabes ; je crois qu’il a raison.

    La menace terroriste existe, c’est évident. Je sais même qu’elle a été renforcée par la réaction des Américains en Afghanistan et en Irak. L’idée arabe que mon frère passe avant mon cousin et que mon cousin passe avant le reste du monde est forte et, pour les musulmans, le fait même d’une intrusion étrangère sur le sol sacré de l’Islam justifie le Jihad et le terrorisme. C’est en ce sens que l’on peut dire que « la guerre en Irak elle-même a soudé (certains) groupes », pour te citer. Mais en ce sens seulement.

    Revenons à la thèse de l’effondrement des tours. Je suis maintenant à peu près persuadé que la version officielle est au mieux incomplète, au pire carrément fausse. J’hésite à conclure à la destruction des tours par un « thermythage » programmé, bien que beaucoup d’éléments y correspondent, parce que je n’ai là-dessus que de fortes présomptions. Je pourrais me dire que, SI il y a eu démolition programmée, ALORS on nous cache quelque chose d’important. Que SI on nous cache quelque chose d’important, ALORS c’est que celui qui le cache est coupable (en l’occurrence le gouvernement américain). Que SI il est coupable, ALORS tout devient clair. Mais je trouve que ces trois conditionnels en font au moins trois de trop pour conclure d’une façon raisonnable et reste donc lâchement (pour l’instant) sur la seule conclusion que je puisse certifier, celle de la nécessité absolue devant laquelle se trouvent les ricains de demander des investigations plus neutres et plus sérieuses que les premières.

    Ce n’est qu’aux vues du résultat de ces investigations éventuelles que je pourrai juger plus avant de ce qui s’est vraiment passé ce jour-là, en mon âme et conscience.

    Le débat n’est donc pas clos. Loin de là.

  • M’enfin!?

    Comment ça de mauvaise foi? Je dis simplement, avec la subtilité byzantine qui me caractérise, lorsque je me trouve confronté à un problème qu’il est absolument indispensable de trancher sans pour autant lui apporter une solution, que le bon vieil adage « chercher à qui profite le crime » est inopérant en raison du trop grand nombre de « profiteurs », si bien que la liste des suspects se confond rapidement avec celle des victimes.

    Sur ton 1: tu affirmes, non sans raison d’ailleurs, que si la Maison Blanche était l’instigateur des attentats, elle aurait choisi de faire porter le chapeau à sa future cible (l’Irak, donc) plutôt qu’à Al Qaida (dont les liens avec le dictateur mésopotamien sont imaginaires, selon les experts). Mais je te répondrais que c’est très précisément ce qu’elle a fait: le plus officiellement du monde, l’administration US a affirmé qu’il existait un lien de complicité entre la dictature irakienne et Al Qaida. Trois ans plus tard, Bush a reconnu son erreur dans un mea culpa qui a arraché à tous les crocodiles du Nil une larme dont la crue du fleuve atteste la sincérité.

    En fait, vois tu, l’affaire irakienne a ceci d’extraordinaire que les trois buts de guerre officiellement proclamés (lien avec le terrorisme, présence d’ADM et libération de l’Irak en vue de la formation d’un « Grand Moyen Orient ») ont tous été invalidés par l’administration US elle-même qui reconnait, dixit Bush, que deux d’entre eux relevaient d’une appréciation erronée de la situation (lien avec le terrorisme et présence d’ADM) et que le dernier (libération de l’Irak, Grand Moyen Orient) était quasi impossible à atteindre, compte tenu du climat de guerre civile.

    En somme, voilà un Etat qui déclare la guerre à un autre en 2003, pour trois raisons, et qui en 2006, reconnait officiellement qu’aucune de ces trois raisons n’était valable. Nous vivons une époque foooormidable, comme dirait Jack Lang. Je ferme cette parenthèse qui n’était pas une digression, car tu sembles tenir pour acquis les liens entre l’Irak de Saddam et les terroristes d’Al Qaida, vague hypothèse de travail, mais aussi but de guerre parfaitement officiel, qui s’est révélé totalement imaginaire.

    Sur ton 2 et ton 3, je te rejoins totalement: je me vois mal plaider contre ma propre chapelle. Une remarque cependant: le but des attentats n’était pas l’effondrement des tours, si l’on en croit les propos de Ben Laden lui-même, qui s’est déclaré étonné du résultat, ajoutant qu’il avait dépassé « toutes leurs espérances ». Son groupe cherchait juste à provoquer des collisions spectaculaires et meurtrières, ce qui est, il fait le reconnaitre, largement suffisant.

    Pour une raison que j’ignore, l’esprit humain se rebelle face à l’idée qu’une tour puisse s’effondrer en cas de collision avec un avion. Je suis incapable d’expliquer pourquoi un grand nombre de gens estime qu’il faut un « plus »: les explosifs. Soit. On est donc dans une logique d’insuffisance, contrairement aux terroristes qui eux, avaient une logique de suffisance (on va leur flanquer des avions dans le coin de la gueule et c’est déjà pas mal. Ô miracle! les tours s’effondrent: allah akbar! Jack pot quoi).

    A partir de là qu’est ce qui écarte l’hypothèse que ce sont les terroristes d’Al Qaida qui ont mis des explosifs dans les tours? A part le fait qu’on a pas trouvé de trace (détail bêtement idiot), il manque le mobile: pourquoi frapper deux fois les mêmes cibles? Et je laisse de côté la possibilité et l’occasion, en faisant remarquer cependant que l’on parle en réalité d’une opération colossale.

    Enfin, dernière remarque: aussi extraordinaire que cela puisse paraître, si, d’une certaine façon, ces gens étaient des amateurs. Ils se sont fait repérer bien avant le 11/09 (l’info n’a pas remontée, mais c’est un autre problème) et ils ont laissé des indices derrière eux.

  • Coucou Halios et Tschok, et désolée, je suis un peu à la bourre…

    Halios,

    tout ce que tu dis me semble très juste. Et j’en arrive bien évidemment à la même conclusion que toi, à savoir que des investigations complémentaires restent à mettre en oeuvre, et que le débat ne saurait être clos. C’est sûr.

    Concernant Al Qaida, même si comme tu l’indiques Ben Laden a perdu des « points de popularité », je pense que tu seras d’accord avec moi pour dire que l’islamisme en général est plutôt en mode galopant que stagnant ou régressant.
    Aujourd’hui, sans être trop paranoïaque, on peut sentir une menace réelle et parfaitement inquiétante.
    Après, HEUREUSEMENT que des tensions et des haines subsistent entre mouvances islamistes radicales … Le jour où il s’entendront, on pourra réellement se faire du soucis je crois. Mais n’est-il pas déjà temps de s’en faire ?

    Pour faire une petite digression par rapport à l’Irak (j’y reviendrai avec l’ami Tschok) où l’intervention US – en plus de s’avérer un parfait échec – était une escroquerie, on voit aujourd’hui que le cas de l’Iran est extrêmement préoccupant, et je me plais à espérer que l’ONU ne va pas, « échaudée » par la politique de cowboy menée en Irak, poursuivre en contrepartie l’empilement de résolutions tiédasses et inefficaces contre l’Iran…
    Fin de la parenthèse.

    Tschok,

    Mea culpa sur les liens entre Al Qaida et Saddam Hussein. Je suis – honte à moi – le parfait témoin que l’on peut très facilement être désinformé ou intoxiqué par manque de vigilance (notes que je ne me trouve pas là des excuses, je n’aurais pas dû avancer des arguments sur un sujet que je ne maîtrise pas). Il est vrai que j’en était globalement restée à l’absence d’armes de destruction massive, et que je n’ai pas suivi le démenti complet.

    Ceci étant, je reste convaincue (et d’autant plus d’ailleurs :) ) que tout ceci aurait été bien bancal et maladroit pour un coup monté, et dans une logique perverse, sauf à prendre l’entourage de Bush pour de parfait crétins (j’évite évidemment à dessein de parler de Bush lui même ;-) ), le fait qu’ils soient obligés d’apporter des démentis pitoyables seulement 3 ans après me semble confirmer qu’ils n’ont fait que SE SERVIR du 11 septembre pour intervenir en Irak, mais qu’ils n’ont pas COMMANDITE le 11 septembre.

    Pour les tours, je t’avoue volontiers que pour ma part, la collision était amplement suffisante. C’est le 1er post d’Halios qui m’a fait découvrir la polémique et les théories sur l’insuffisance des crash, etc.
    Maintenant, pour avoir fait quelques recherches à la suite dudit post et comme je l’avais indiqué, les enquêteurs « parallèles » (je ne dis pas « conspi » car connoté négativement) sur le sujet ne semblent pas tous complètement farfelus.
    Qu’est-ce que j’en conclus ? Qu’ils ne sont sûrement pas de mauvaise foi. Point.
    Comme tu l’indiquais l’autre fois, il doit tout de même être extêmement compliqué de reproduire en expérience l’ensemble des paramètres de la catastrophe.

    Sinon, pour l’histoire des bombes posées par les terroristes, c’était juste une manière de montrer qu’on peut toujours contre-argumenter, et que la théorie des collisions d’avions insuffisantes pour l’écroulement n’induit pas forcément la deuxième théorie des Etats-Unis commanditaires.

    Bonne nuit à vous deux !

  • Bonjour Ada,

    Ma nuit fut longue et bonne. Et propice aux rêves. :)

Laisser un Commentaire




plaisanceflorent |
Enaland |
Blog Star Vintage |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Linguistique & Mobilisa...
| Les Anciens de l'ENI Zaghou...
| La solution comptable