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Archive journalière du 10 fév 2008

Petit retour provisoire

Introduction (Prélude), à un petit essai auquel je travaille actuellement avec ardeur. Certains (certaines) de mes ami(e)s d’ici seront fâché(e)s peut être. Je leur demande pardon et les aime quand même.

Quelques cierges qui se consument, à l’entrée de cette chapelle absidiale. Pénombre ardente, lumière des vitraux. Odeurs de cire qui fond, encens de l’office du matin, odeur de bois aussi, et puis des vieilles pierres. Des fauteuils qui grincent, dans la nef, libérant leurs fidèles de rites accomplis, de transes ineffables. La vieille dame est à son harmonium, monsieur le curé est satisfait, son vin de messe n’était pas trop mauvais. Digne regard d’un beau grand-père, enfin, vers cette vierge immaculée, sur une énorme toile. Souvenirs d’enfants, de joies très catholiques dans une foi naissante. Comment ne pas savoir que tout ceci est beau, que tout ceci est vrai ?

Plus tard, adolescent, lecture de Teilhard, de Nietzsche, de Camus. Petits débuts de grandes questions métaphysiques. Doute. Découverte de la possibilité du choix, et puis – faut-il l’avouer ? – désir d’en découdre avec les certitudes acquises, de se faire « sa propre opinion ». Merveilleuse adolescence qui ne se barricade pas derrière les vérités des anciens.

La science enfin : c’était l’époque où l’on parlait, entre amis et dans la fumée des premières cigarettes, pas toujours pures, de Big Bang, de mécanique quantique, d’infinis de Cantor et de théorème d’incomplétude. Sans rien n’y comprendre, bien entendu, mais en prenant soudain conscience d’un désaccord probable entre les cierges et la relativité restreinte ou générale.

Mais qu’elles sont douces ces racines ! Et que de doutes dissous dans l’écoute d’un requiem, dans la visite d’une cathédrale ou la ferveur des yeux adeptes. Confort des certitudes, nidification de l’esprit.

Voyages. Nombreux. Visites de temples, de mosquée, de synagogues. Partout l’empreinte de ce Dieu, de ces dieux universels, éternels, et cette adoration, partout, toujours. Inébranlable. Intransigeante. C’est peut-être pour cela que j’ai décidé de ne plus aimer Dieu.

Il faut du courage pour renoncer à Dieu, comme il en faut peut-être pour s’y abandonner. Mais il s’agit d’un courage solitaire, celui d’un Trophonius encore souterrain, d’une taupe qui n’espérerait aucune aurore admise, qui veut y renoncer.

Gloria ? Oui, bien entendu. Mais vers qui ?

Credo ? A quoi ?

Agnus Dei ? Oui, c’est bien ça : des agneaux !

Mais agneaux de qui ? Miserere nobis …

Du courage donc, et un certain orgueil.

Beaucoup d’orgueil en fait ! Celui de croire que l’homme peut « être » sans l’intervention d’un être supérieur, qu’il EST cet être supérieur, qu’il a été capable de bâtir, seul, toutes ces divines cathédrales, de composer, seul, ces requiems sublimes, d’écrire, seul, la Messe sur le Monde ou de peindre, seul, la très sainte Genèse.

Seul. Ou tous ensemble.

Tous ensemble ? Mais il faut alors que JE ne sois pas grand chose…

Mortel. Perdu, quelque part au milieu des étoiles. Certain de ma faiblesse. Cette situation est atroce. C’est celle que j’ai choisie.

Car au bout du chemin ….




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