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Archive journalière du 27 mar 2008

Introduction

Petit texte qui introduit le premier chapitre du petit essai déjà évoqué et qui attend vos critiques constructives. Il s’agit du chapitre qe j’ai nommé « Aube » et qui a pour ambition de décrire l’invention des dieux par l’homme. Par « constructives », j’entends aussi « acerbes ».

Il lui arrivait parfois, lors de la chasse, de s’arrêter quelques instants pour reprendre son souffle. La proie lui échapperait sans doute, mais il n’en pouvait plus de courir après cette foutue gazelle depuis des heures. Il faisait chaud, il avait soif. Et ce jour-là il s’assit donc sur un gros caillou qui surplombait le torrent qui traversait la forêt. Il ne l’avait jamais vraiment regardé, ce torrent, ni les arbres qui y baignaient leurs racines, ni les oiseaux qui venaient s’y baigner. Ils les avait vus, oui, des centaines de fois, mais regardé, jamais. Mais ce jour-là, et pour la première fois, il se sentit comme extérieur à tout ceci : non plus simple chasseur poursuivant son instinct, mais « individu », c’est à dire capable d’une existence hors de celle des autres êtres. Et donc capable d’observer ces autres êtres. Tous les êtres.

- Le caillou sur lequel je suis assis, l’araignée qui tisse sa toile sur cette branche, l’escargot qui bave sur son chemin, le vent qui souffle dans les herbes, l’herbe, et puis les arbres, et puis la carpe, dans l’eau, et puis le papillon, et puis, et puis…

Et puis lui : extérieur. Capable d’un regard, d’une observation, d’une compréhension…

D’une compréhension ? Pas si sûr. Et c’est bien ce qui nous amène ici : le fait que, depuis ce jour là, notre chasseur-cueilleur n’a toujours pas très bien compris ce qui lui est arrivé au moment où il s’est assis sur son caillou pour se reposer et qu’il s’est mis à regarder le torrent. Des siècles de philosophies, de métaphysiques, de sciences et même de religions l’ont à peine aidé à trouver une réponse à peu près satisfaisante à la question fondamentale qui lui est venue spontanément à ce moment-là, le cul sur son caillou :

- C’est quoi tout ça ?

Une simple question ontologique qui n’allait pas tarder à devenir vraiment métaphysique…

Parce que dès lors qu’il se posait la question du :

- C’est quoi tout ça ?

arriverait le moment où il se poserait la question du :

- C’est quoi, moi ?

« L’animal sait, mais il ne sait pas qu’il sait, disait Teilhard de Chardin, l’homme sait qu’il sait au point qu’il est devenu capable d’utiliser sa propre pensée comme objet de réflexion ». Un vrai programme !

L’embêtant, voyez-vous, c’est que notre chasseur fit rapidement une extrapolation très simple, si simple, si simpliste, qu’elle nous pourrit la vie depuis quelques millénaires :

- Si je suis conscient que l’arbre existe, je ne vois pas de raison de penser que l’arbre n’est pas conscient lui-même de mon existence à moi. L’esprit qui me porte à connaître l’arbre doit donc exister dans l’arbre.

Esprit de l’arbre. Pourquoi ne pas considérer ceci comme le premier pas vers l’invention de Dieu ? Mais j’extrapole.




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