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Sur le burkini, c’est décidé, je me mets à nu.

Depuis quelques jours, j’hésite : écrire  ou ne pas écrire sur le burkini ? Donner mon opinion et participer au débat ? Ou me contenter de constater que le débat est devenu fou ? Qu’il n’y a plus de débat, juste un combat entre des idées qui ont perdu leur sens. Et puis je me décide, comme ça, seulement parce qu’il fait chaud aujourd’hui à Paris et que je n’ai le courage de rien faire qui soit plus nécessaire.

Ce sera un peu long, je m’en excuse.

Commençons par un petit florilège des arguments lus ou entendus, que j’énonce volontairement comme ils me viennent, suivis d’une courte réflexion pour chacun d’eux :

- Défense de la liberté individuelle, que l’on peut résumer comme suit : tout individu doit pouvoir se promener dans la tenue qu’il entend, tant qu’il ne nuit pas au bon sens de la pudeur la plus élémentaire.

Elément de réponse : « La liberté commence là où s’arrête celle d’autrui », effectivement. Et l’on peut se demander en quoi le port du burkini pourrait gêner la liberté de celles qui se pavanent, seins nus et fiers, sur les plages bondées du sud de la France, sans ignorer que quelques malotrus ne manqueront pas de les lorgner, mais qui s’en fichent comme d’une guigne.

Conclusion personnelle et provisoire : j’aurais donc tendance à verser cet argument au crédit de ceux qui veulent autoriser le burkini et me dit qu’après tout, si l’on préfère s’affubler d’un drap peu esthétique plutôt que de l’un de ces charmants maillots de bains que les stylistes nous concoctent chaque année, seul le bon goût devrait s’en attrister. Ne se pose donc ici que la question suivante : les femmes qui portent le burkini l’entendent-elles comme un choix personnel ? Si oui, il faut le leur permettre.

- Défense de la liberté des femmes : la femme doit pouvoir préserver sa pudeur du regard concupiscent des phallocrates et puis s’en prémunir.

Elément de réponse : chaque femme doit en effet être libre de préserver sa pudeur ; cela va de soi. Mais l’on a vu si souvent ce chapitre de l’histoire de la mode contrôlé par les hommes, et plus particulièrement par les religions, que j’émettrai toujours un doute quant à la spontanéité du choix des femmes de se couvrir de pied en cap. Leurs témoignages me convainquent plus lorsqu’il s’agit de brûler spontanément leurs burkas dès le départ des fous barbus que lorsqu’il s’exprime dans les « territoires perdus de la République ».

Conclusion personnelle et provisoire : cette liberté de se couvrir me parait bien factice et je ne peut la penser que dans son contexte religieux. Or on n’a jamais vu la religion se porter au secours de la liberté féminine. Je doute qui plus est que l’Islam soit la première religion à tenter cette percée significative vers un peu plus de liberté.

- Défense de la laïcité : toute représentation ostentatoire de la religion doit être bannie d’une république laïque basée sur la séparation de l’église et de l’état.

Elément de réponse : on semble confondre ici deux idées bien différentes. La séparation de l’église et de l’état, de plus en plus battue en brèche par nos chers élus (qui désirent sans doute et avant tout ne perdre aucune voie confessionnelle) régit les rapports entre deux institutions, ou plutôt justement, en limite les rapports. La laïcité me semble être toute différente, qui régit le rapport entre l’état et les individus : l’état ne doit pas intervenir dans la religion du citoyen. En termes stricts de laïcité, il semblerait donc que l’état ne peut intervenir pour régir une tenue vestimentaire dictée par un sentiment religieux.

Conclusion personnelle et provisoire : le principe de non-ingérence de l’état dans les affaires religieuses paraît essentiel à la plupart de nos sociétés modernes, ce qui constitue sans doute un progrès, qu’il convient de défendre. L’état ne devrait donc pas légiférer sur ce point.

- Refus de l’islamophobie : s’en prendre une nouvelle fois à « ceux qui se mettent en paix et se soumettent » constitue un pas de plus vers l’islamophobie et donc vers le racisme. La richesse de la France tient en sa diversité et nous devons respecter la « différence ».

Elément de réponse : cette confusion entre islamophobie et racisme est la plus absurde de toutes les confusions. La religion n’est pas une race, un point c’est tout. On ne peut s’opposer à l’identité absolument sacrée de l’individu, d’où qu’il vienne, mais on peut en revanche combattre ses idées, et les juger peu compatibles avec celles qui nous définissent.

Conclusion personnelle et provisoire : douter que l’islam puisse enrichir nos sociétés est, depuis al Ghazali, du domaine du bon sens. La grande promesse intellectuelle des débuts de l’Islam est bel et bien révolue et ses mutations récentes viennent à l’encontre de notre lente marche vers un peu moins d’obscurité. Il convient en revanche de lutter toutes griffes tendues contre ceux qui voudraient qu’une couleur de peau ou les traits du faciès définissent quoi que ce soit des qualités d’autrui. Une critique de l’Islam (démarche intellectuelle) ne saurait donc constituer un acte de racisme (démarche de simple haine).

- Rappels d’autres temps : certains rappellent que nos femmes se couvraient sur nos plages il y a moins d’un siècle et s’amusent de voir des nonnes portant cornettes et scapulettes s’ébattre dans les vagues. Pourquoi permettre aux unes ce que l’on interdit aux autres ?

 

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Elément de réponse : il s’agit d’autres temps en effet. Autres temps qui sont devenus habitude dans le cas des religieuses de nos belles campagnes. Nous les jugeons bien ridicules, mais n’y voyons aucune ostentation. Quant à nos femmes du début du 20ème siècle, elles se sont découvertes depuis pour profiter plus librement des rayons du soleil, ce qui fait la fortune de nos cosméticiens et le bonheur de certains mâles.

Conclusion personnelle et provisoire : le rappel du passé n’est pas un argument, surtout lorsque l’on a su se libérer dudit passé. L’évolution de nos sociétés est une longue errance vers un peu plus de liberté, d’égalité et de fraternité. Ne prenons pas nos erreurs comme argument mais plutôt nos progrès, arrêtons de nous flageller pour les méprises de nos ancêtres et félicitons-les au contraire pour toutes les rectifications qu’ils ont apportées à leurs discours et à leurs actes.

- Le burkini est anodin : Il ne s’agit après tout que d’une façon de s’habiller et l’on ne voit pas pourquoi il faudrait en débattre. N’en parlons plus disent certains, ce n’est pas un sujet. Et d’autres d’envisager que ceci ne constitue qu’une tentative de plus de nos gouvernements pour nous éloigner des « vrais problèmes ».

Elément de réponse : mais quels sont-ils, ces vrais problèmes ? Si ce n’est justement la question de qui nous sommes, de ce que nous voulons. Du travail bien sûr, pour survivre en un monde qui nous dépasse de plus en plus. Mais aussi, et de plus en plus, une « identité ». D’où le succès d’un certain parti d’extrême droite.

Conclusion personnelle et provisoire : si le burkini est identitaire, communautaire, il n’est pas anodin. Il ne peut avoir sa place dans notre république. Les anglo-saxons peuvent bien l’accepter et le défendre, mais ils sont anglo-saxons…

- Défense de la pudeur de certaines : après tout, si certaines femmes estiment qu’elles se sentent plus à l’aise lorsqu’elles sont préservées des regards de quelque mâle prédateur et lubrique, on  peut bien les comprendre.

Elément de réponse : Que faut-il corriger ? La nudité des femmes ou la concupiscence des hommes ? Ne serait-il pas plus juste que les hommes arrêtent de scruter de leurs regards baveux la moindre forme féminine plutôt que d’exiger que ces formes, naturelles, se cachent à leur salacité ?

Conclusion personnelle et provisoire : Mesdames, vous aviez acquis cette liberté de vous libérer de nos regards. Ne la perdez pas … vous êtes si jolies.

- Le burkini n’est pas une prescription coranique : c’est vrai. Et alors ? Faut-il le réserver à quelque Islam moderne et dévoyé ? N’y voir que la manifestation des démences de quelques fous d’Allah ? Et dans ce cas, ne faudrait-il pas s’y opposer ?

Elément de réponse : Créé au début des années 2000 par une australienne d’origine libanaise, Aheda Zanetti, le burkini est une marque déposée. Les salafistes le considèrent comme impudique et le rejettent donc.

Conclusion personnelle et provisoire : si le burkini n’est pas une prescription coranique et si les salafistes le rejettent, il se pourrait qu’il ne s’agisse que d’un succès commercial (Aheda Zanetti affirme en avoir vendu plus de 500 000 !). Il convient dès lors de se poser la question de la nature de son argument commercial, et du succès de ce message. Et non, la réponse de la défense contre les dégâts du soleil ne me semble pas très convaincante, ni, on vient de le voir, celui de la pudeur. Le succès du message viendrait-il donc d’une quelconque pression d’une communauté bien définie ?

- Les femmes qui se voilent le font de leur plein gré : il s’agit d’une décision personnelle des femmes concernées, ne les fustigeons pas, quelques soient leurs raisons.

Elément de réponse : il est bien connu que les femmes sont libres de tous leur choix dans les terres d’Islam…

Conclusion personnelle et provisoire : de qui se moque-t-on lorsque l’on affirme que les femmes voilées le font très librement ? Au mieux s’agit-il pour elle d’un repli identitaire. Et ce repli pourrait bien être dicté par leurs frères. C’est du moins ce que nous disent les femmes qui brûlent leur burkas au Kurdistan et dans chaque région libérés des déments.

- Ce n’est pas le moment ! : Etant donnée la succession d’attentats commis en France depuis quelques mois, sans doute conviendrait-il que ces dames soient un plus discrètes quant à certains de leurs messages.

Elément de réponse : il est vrai qu’une grande partie de la population française, même si elle réagit plutôt paisiblement à la pression que lui imposent quelques déséquilibrés fanatiques sous prétextes coraniques, a le droit d’être lassée de certains desdits messages.

Conclusion personnelle et provisoire : si la stratégie des islamistes consiste à nous élever contre leurs délires, ils pourraient bien y parvenir. Sans doute sortent-ils aujourd’hui de leur concept de taqiya (prudence, dissimulation stratégique) parce qu’ils nous sentent faibles. Dans ce cas, il convient de nous montrer fort et de les taire, si et à chaque fois que nous ressentons qu’ils dépassent les bornes. Sinon, ils les dépasseront vraiment.

- Il s’agit d’une rébellion contre l’état français : une étude citée dans le Washinton Post du 24 août indique que de nombreuses femmes porteraient le voile pour indiquer leur rébellion contre l’état français. On me dit également que les ventes de burkini ont triplé depuis le début de ce débat.

Elément de réponse : le même Washington Post cite un dénommé Rachid Nekkaz qui aurait payé plus de 245 000 euros d’amende pour les femmes verbalisées au titre du niqab. Je ne doute pas qu’il s’agisse d’un grand défenseur de la liberté féminine…

Conclusion personnelle et provisoire : se rebeller contre l’état est une réaction bien française, inscrite dans nos gènes, l’une de nos fiertés. Mais il ne s’agit pas ici d’une rébellion contre l’état, il s’agit plutôt d’une rébellion contre les valeurs défendues par les citoyens français, quelle que soit leur origine. Comment ne pas comprendre que certains de ces citoyens s’en offusquent ?

Fort de ces réflexions, je me porte rapidement sur l’évolution du burkini en France. Le ministère de l’intérieur estime que 2000 femmes se voilent actuellement en France (il s’agit des chiffres du niqab), une estimation que de nombreux spécialistes jugent trop haute. Quelque soit les chiffres, ils semblerait effectivement que le phénomène soit assez limité. S’il s’agissait réellement d’une prescription coranique, ne doutons pas un seul instant que le nombre serait plus élevé. Je ne m’en offusquerais d’ailleurs pas trop, fidèle au principe que chacun peut choisir sa religion dans notre république et qu’après tout, ça les regarde. S’il s’agit d’un rejet de notre culture, je deviens un peu moins compréhensif : le respect, tout comme la liberté, doit être partagé et j’aimerais pouvoir ne pas aimer l’Islam sans pour autant me poser la question de mon amitié pour la culture arabe. S’il s’agit d’un choix des femmes qui le portent, je le trouve très laid, tout comme les scapulettes. S’il ne s’agit pas d’un choix, il ne faut pas accepter que des hommes puissent, chez nous, traiter leurs femmes de cette façon.

Conclusion personnelle, et presque définitive cette fois :

Je me trouvais récemment dans un restaurant avec un vieil ami qui tenait depuis quelque temps à me voir m’exprimer sur l’interdiction du burkini sur les plages de Cannes. Sachant que mon discours, quel qu’il soit, pouvait mener à un conflit qu’il recherchait (l’ami en question n’aimant rien plus que vaincre, dusse-t-il dans ce but redéfinir sans cesse chacun des termes de son argumentation afin de mieux tromper son adversaire), je tentais l’esquive en expliquant que, dans le cadre de Cannes, suite aux événements de Nice, dans le contexte du débat actuel sur l’islam, et prenant en considération l’élément de la liberté des femmes, je pouvais peut-être concevoir le raisonnement du maire de Cannes et ne me joindrai donc pas à l’hallali contre sa décision. Lâche jusqu’au bout, j’allais expliquer qu’il me fallait cependant un peu plus de temps pour établir mon jugement sur ce point et que je n’hésiterai donc pas à critiquer la position de monsieur David Lisnard si mes conclusions …

Il ne m’en laissât pas le temps.

Immédiatement rangé dans le clan des « racistes » et des « bigots » (je le cite), toute argumentation supplémentaire de ma part serait jugée à juste titre (du moins dans l’esprit de mon adversaire soudain), comme irrecevable car provenant d’un suppôt du fascisme et sans doute du diable. Spécialiste momentané de l’islam (il lit Le Monde) mon ami me fustigeait sur mon incompréhension totale du monde arabe (j’y ai vécu douze ans) et me sommait de réviser mes connaissances sur le Coran (que je peux encore lire en arabe, bien que plus lentement qu’il y a 15 ans).

J’avoue que j’ai perdu un ami ce soir là et je suis donc sorti du restaurant. Je risque aujourd’hui d’en perdre d’autres en proposant les conclusions suivantes :

-       Je ne dois pas pouvoir juger autrui en raison de sa foi, mais le dénommé « autrui » ne peut me l’imposer dans son discours ou dans ses actes.

-       Les siècles douloureux de mon Histoire sont des souillures dont mes ancêtres on su se libérer progressivement, et je les respecte et les remercie pour ce qu’ils en ont fait.

-       Le corps de la femme est sacré, tel celui de l’homme, et aucune religion abrahamique ne l’a jamais considéré autrement que comme l’instrument du péché.

-       On ne peut à la fois défendre la liberté des femmes et accepter que certains exigent qu’elles se couvrent de draps.

-       L’islam n’est une religion de tolérance que dans le contexte de la taqiya (la prudence), son but déclaré est bel et bien de convertir le monde.

-       J’emmerde ceux qui jouent aux Chamberlain comme j’emmerde ceux qui ont créé l’insondable banqueroute d’une région du monde qui n’en demandait pas tant pour son pétrole. J’emmerde enfin tous les barbus qui se la pète (littéralement) chez nous et puis ailleurs.

Oserais-je citer Manuel Valls, interviewé dans La Provence du 17 août dernier ?  » le burkini n’est pas une nouvelle gamme de maillots de bains, une mode, c’est la traduction d’un projet politique, d’une contre société, fondée notamment sur l’asservissement de la femme ». Une fois n’est pas coutume, je pense qu’il a raison.

Alors, esprit de Churchill ou bien de Chamberlain ? Faut-il se taire, accepter, se coucher, laisser faire, ce qui revient à accepter toutes les provocations d’une idéologie néfaste ? Ou faut-il plutôt se rendre aux barricades et nous défendre contre l’envahisseur, pourchasser l’ennemi ? Dans les deux cas, les extrémistes auront gagné. Mais si nous choisissons de nous taire aujourd’hui, demain, nous serons bien aux barricades. Si nous acceptons tout et n’importe quoi maintenant, les rats de la haine nous dévoreront bientôt.

Non, la France n’est pas devenue hystérique, elle ne fait que réagir comme elle le fait depuis longtemps : en réfléchissant (un peu), en râlant (beaucoup) et en retournant prendre un pastis avec les copains (ou une limonade si les copains sont musulmans). Je la trouve même sereine face aux quelques désastres qu’elle vient de vivre et les rues de Paris semblent heureuses en ces journées de canicule. Oui, nous devons pouvoir discuter du burkini, librement, être pour, être contre, et pour toutes sortes de raisons ; tant que l’un d’entre nous n’est pas traité par l’autre de raciste bigot, de fasciste islamophobe ou d’islamo-gauchiste. C’est dans ce premier discours que la haine commence et ce discours est terrible en ce qu’il évite toute raison, qu’il détruit tout entendement.

Et si un jour les barricades se lèvent, je sais bien de quel côté, alors, je me rangerai : celui des femmes libres et du monde serein dans lequel elles purent vivre pendant quelques années, depuis la nuit des temps, années que j’ai connues.

 

Froggy’s proof

Je ne peux résister à l’envie de publier ici ce que je viens d’envoyer à mon ancien collège écossais : Loretto. C’est ça l’orgueil d’un artiste… (lol)

Froggy’s proof

It was back in 1969, the little boy was called « Froggy » by his friends
(because he was French) and « Piggy » by his enemies (because he was
fat). Well, not really fat, just moving towards his fifteenth year and
fresh from the cocoon of his Parisian family. At the time of this
story, he could not have dreamt of reaching the fitness of healthy
young Scots and the nickname was in fact somehow appropriate. The boy
had been sent to Loretto by his parents to learn English. Mr
Bruce-Lockhart, then headmaster of the school, had once been a student
in Normandy and had stayed at the young boy’s great-grand mother’s
place in Caen ; it was him who welcomed « Froggy » at Pinkie House on
the first day of his stay at the school.

I shall not detail the mind of Froggy during the first days at Loretto
; these were the times of cold baths in the morning and of corporal
punishment : hardly anything to do with the comfortable and rather
simplistic life of a French schoolboy, home everyday for tea time and
bound for the safety of his mother’s arms. Let me just say that there
were quite a few tears dropped on the pillow of a bed at Hope House
and piles of mockery from rather uncompassionate companions. But
Froggy survived to the harshness of rugby fields and to his fears of
seeing a ball smash his skull to smithereens on the hockey grounds.
The house nurse, the housemaster and Mr Bruce-Lockhart provided for
some sort of family feeling and Froggy began to rather enjoy the
challenge of becoming an improbable Scotsman.

Now, you have to know that there is one thing that Froggy could do
better than anyone else at the school, and, for that matter, better
than anyone else in the whole world : Froggy could sail a boat. I
don’t mean just take the helm and play the sheets, I mean put out to
sea and make one with every wave, with all breezes. I mean that he
could actually become part of the boat he was sailing, like a violin
becomes part of the violinist, and that there was no place in the
world where he felt happier, stronger and more magical than at the
helm of any craft. And this is what brings us to the following story.
This, and the Junior Sailing Cup.

Froggy was beginning to grasp some of the English language and
Lorettonian slang when he heard of a regatta to be held in five races
on the Firth of Forth. The boats were JP fourteens, dinghies that
would now look more appropriate at the Monaco Classic Week than in any
regatta, but which, at the time of these events, were the kind of
improvement to yachting that only the British were capable of. Heavy,
bulky, under-sailed, yet able to provide great sensations in Scottish
winds and certainly not afraid of passing Firthy waves.

Froggy timidly added his name to the list of participants and
immediately became some kind of a school joke.

- What ? Froggy wants to participate in a major sporting event ?
- For heaven’s sake, Froggy, go play snooker will you ?

Even the few friends Froggy had made tried to convince him to abandon
the project.

- You don’t stand a chance !
- Come on, Froggy, you know very well that nobody on earth will want
to be your crew for this one !

More tears were dropped on the pillow at Hope House, but Froggy
decided to stand up to his decision and to win the regatta. No, not
just participate, to win it.

The first regatta was a disaster. The crew Froggy had finally managed
to recruit had hardly ever set foot on a boat before, even Beaufort
could not have measured the little wind there was, a recent gale had
left a strong wake in the Firth and it was so cold that Froggy’s hands
could hardly hold the tiller after gibing the third buoy.

Froggy came first. And this was the real disaster. For the whole
school decided that there would not be a second French victory and
that all tricks would be played during the following races to make
sure of this. The list is long of the tricks that were played and I
shall not bore my reader with their details. Let me just state that
they proved to be very creative indeed, and that Froggy never realised
what had been done to his boat before the starting line had been
crossed. Needless to say that not all rules of a sailing regatta were
strictly followed during the following races and that it was a near
miracle that Froggy won the second regatta, and the third, and the
fourth, and the fifth.

You will probably imagine all sorts of reactions to these victories ;
there was none. Except new tricks discovered each time and silence
after the final victory. The hero was not applauded, the crowds did
not stand up to his glory and all seemed to be forgotten shortly
afterwards.

But the final act of my story will always remain as Froggy’s proof
that it is always worth one’s while to remain confident with one’s
capacities and to stand by them, whatever friends, parents or teachers
might say. For in the final act of this story, several weeks after the
battle of the Junior Cup had been fought, sporting medals and cups
were distributed in the school refectory. All were present for this
great event and champions were called one after the other to receive
their trophy. They would stand up, a few claps of hands would be
heard, mainly originating from the closest friends of the concerned
champion, and the next name would be called. The Junior Sailing Cup
came among the last in the long list of awards given on that day and
Froggy dreaded the time he would have to stand up and walk across the
room to the large wooden table where his cup was standing. What
whistles would then be heard ? Or would complete silence occur ?

His name was finally called. He stood up, shyly, started walking
towards the table, knowing that from now and to the end of times his
name would be engraved on the cup, suffering all that could be
suffered by a kid of his age lost in the absolute silence of an evil
forest, and it was only when a small tear of mixed feelings was
appearing on his left eye that he heard chairs and benches quietly
moving, people slowly standing up and a fury of applause suddenly fill
the room. Mr Bruce-Lockhart looked at him from behind the big wooden
table and smiled.

And to this day, every time he tells of his story, Froggy the little
French boy feels the very same tears of joy and pride coming to his
eyes. He also remembers that Loretto gave him one of the best lessons
of his life : that real fair play is not giving a chance of victory to
your opponent but to respect and admire his victory, to have pride in
his friendship.

If the Junior Cup still exists, if you check on the plaque for 1969,
you might notice the name Amaury de Cizancourt engraved on it. This is
the real name of Froggy the little Frenchman, also known as « Piggy »,
forever grateful to all pupils and teachers of Loretto.

Amaury de Cizancourt
Nantes, March 22nd, 2008

Dear Sir,

I have wanted to write down this story for many years. This is a story
with which I have bored my friends and children many times and of
which truth is, almost, total. (I am not sure whether I did win the
five races …). I am glad to have finally reached a stage of my life
where I can pay part of my debt to Loretto by sending it to you. Make
of it whatever you might think necessary, if only you think it
worthwhile of making anything out of it.

I can only add one thing : It is on that day of 1969 that I have
learnt respect. And that has been the principle rule of my life ever since.

Thank you all, pupils of Loretto.

Qu’est-ce que ça doit être chiant, d’être de gauche !!!

Une pause blogosphèresque me conduit par hasard sur le blog de Clémentine Autain – Vous savez ? celle dont on a un peu parlé ici et ailleurs à une certaine époque pré-Sarkozienne… – Je jure en passant que cette étrange visite est bien arrivée par hasard, puisque c’est en faisant glisser ma souris sur la longue colonne des signets « blogs » de mon navigateur, colonne qui ne cesse de s’agrandir et qui rassemble maintenant un nombre inimaginable de trucs que je ne lirais jamais plus, même les soirs de grande déprime, que je suis arrivé sur le dit blog.

Sans doute attiré par le charme indescriptible qui se dégage des quatre petites photos d’elle dans la colonne de gauche (normal me direz-vous), je lis le premier article.

D’après l’article en question, les dernières activités de Clémentine se résument à :

• « Faire » plusieurs débats (non, pas « participer à », « faire »), dont un qui vraiment dû être passionant, sur le « service public de la petite enfance », débat dans lequel notre chère Clémentine était invitée par Attac 14ème, et dans lequel quelques « professionnelles du secteur » se proposaient d’établir « un véritable diagnostic et des propositions radicales tenant parfaitement la route ». Il paraît qu’elles n’ont pas trouvé la recette magique de la « mayonnaise collective », mais que ça viendra …. Géniaaal.

• Se réjouir de voir Annick Coupé (Solidaires), remplacer Marc Blondel (FO) devant François de Closets et Christine Ockrent. Le thème du débat portait apparemment sur le trop-plein de fonctionnaires, sujet qui est sans doute à l’homme (ou à la femme) de gauche ce que l’hostie est aux cathos et la bière aux supporters du PSG.

• Attendre samedi prochain avec impatience pour rejoindre les « forces progressistes » au Gymnase Japy (Paris 11ème) et « donner de la voix contre la franchise médicale ». C’est un rendez-vous important dit Clémentine, alors, ne le loupez pas ! Moi, si je passe sur ce coup-là, c’est seulement parce que je serai peut-être encore loin de Paris ce week-end. Vous me raconterez, hein ?

• Lire des trucs passionnants pour « repenser le rapport réformes / révolution – et – mettre en perspective nos luttes de nos enjeux de recomposition à gauche » (sic).

Dans les bouquins à ne pas louper, on trouve le chef d’œuvre de Roger Martelli (Refondations, paru chez Regards, 9 euros) – bon, il faut dire que Martelli et Autain sont cofondateurs de Regards et qu’un petit coup de pub gratuit, c’est pas seulement pour ces foutus capitalistes, hein ? -, le merveilleux essai de Jean-Luc Mélenchon (« En quête de gauche », paru chez ? – on ne va quand même pas faire de la pub pour les concurrents, hein ?) -, qui offre paraît-il une conclusion « sans détour » sur la nécessité d’une « nouvelle force à gauche » (Ah bon ….). J’en passe, et non des moindres.

• S’impatienter de pouvoir trouver rapidement « la recette, la méthode, la date d’accouchement de la nouvelle force ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que le petit ne sera pas prématuré. Ce que l’on peut espérer, c’est qu’il ne sera pas autiste.

Alors, je re-regarde les petites photos de la colonne de gauche :

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• Sur la première, Clémentine tente de sourire. Une esquisse de tentative de charme apparaît presque sur son visage. Style : « tu vois, même les militantes de gauche peuvent séduire quand elle le veulent bien ».

• Sur la deuxième, à droite de la première, Clémentine se gratte les cheveux en souriant, un petit sourire niais qui pourrait presque la faire passer quelqu’un de cool et de réfléchi. Une militante, ça réfléchit ??

• La troisième photo, au-dessous de la première, est de profil, et regarde vers la droite (sait-on jamais ?) et Clémentine est moche. On passe sur celle-là.

• C’est la quatrième photo qui m’intrigue le plus, celle qui est à droite de la troisième et donc au-dessous de la deuxième : après les activités que je viens de décrire, comment peut-on encore essayer de prendre cet air condescendant ? L’air de celui (ou celle) qui a un vrai message à faire passer, quelque chose de vraiment important à dire ?

Moi après deux jours de l’activité type du militant de gauche, je me coucherais avec une bonne bouteille de champagne, une grosse boîte de préservatifs, une blonde effervescente (ou une brune, ou une rousse…), et je penserais à ces pauvres gars qui font rien que de vouloir reconstruire le monde à coup de manifs et de manifestes.

Les pauvres …..

PS. Bon, j’allais encore oublier le lien

http://clementineautain.fr

Voilà, c’est fait.

L’orgueil des croyants

Depuis que j’ai écrit ce petit texte, le débat mentionné a repris de l’ampleur, et sur d’autres terrains. Tant mieux : il est d’une qualité que la fréquentation de ce blog confirme chaque jour et qui dépasse mes rêves les plus fous. Merci de vous sentir bien ici… Je m’y sens bien aussi, grâce à vous tous.


Un long débat s’est instauré sur ce blog, et plus particulièrement sur l’article dédié à Hilary Hahn. Le débat portait sur la foi, la révélation, la religion, l’existence de Dieu, l’orgueil des croyants, la création du monde, etc.

Au sein de 777 commentaires, enjeu d’un pari trés insensé mais bien mené, la liste des sujets abordés est si longue que l’Eglise elle-même n’y retrouverait pas son latin. Je note par ailleurs que ce sont pour la plupart des questions dont l’Eglise plus ou moins catholique et trés apostolique débat depuis près de vingt siécles, avec parfois pour résultat des schismes remarquables. Je note enfin que les dits schismes ont eu pour avantage principal de permettre de poser les questions autrement et de relancer le débat sur des bases nouvelles.

Des questions, donc, furent ici posées, quelques réponses tentées et de mémorables joutes sont venu enrichir ces lieux d’une qualité très noble : la passion. Mais, aprés une lecture détaillée de tout ceci, je reste sur ma faim et je crains de ne pas être le seul. Pire, je crains que d’aucuns ne se soient sentis insultés, dans leur foi ou dans leur raison, par des propos qui n’en avaient pas le but, par des auteurs qui n’en éprouvaient pas le besoin ni l’envie.

Mon intervention est donc nécessaire, non comme ce vieux moine d’un temple tibétain qui aimait voir ses rouges moinillons se chamailler très violemment avant de répandre sur eux sa lumineuse sagesse, mais comme l’un d’entre vous, qui, maître de ces lieux quand même, veut participer au débat tout en le recadrant à sa propre mesure.

J’ai imprimé les nombreuses pages de commentaires qui constituent la trame de cette discussion. J’ai lu, j’ai relu, souligné, souri, gribouillé, raturé, réfléchi, ralé, annoté, et ma conclusion va déplaire à certains : oui, il existe bien un orgueil des croyants ! Et même un orgueil des croyants qui ne croient pas. Et aussi des croyants qui croient ne pas croire, et des non croyants qui croient, et ainsi de suite.

J’avais évoqué dans un autre texte, je crois que c’était l’un de mes tout premiers, les merveilleuses « Identités Meurtrières » d’Amin Maalouf, et je me demande à vous lire si la charte de ce blog ne devrait pas inclure l’obligation d’en connaître les termes. J’ai maintenant la chance de connaître certains d’entre vous personnellement et je connais donc, de visu, votre grande qualité. Mais je n’ai pas reconnu tout le monde ici, sinon dans la richesse de certains arguments. La lecture de Maalouf aurait sans doute évité ce travers.

« Toute certitude se doit de détruire son contraire ». Cette phrase est peut-être de moi, si quelqu’un ne m’a précédé dans cette évidence. Gai-Lulu me pardonnera donc de ce plagiat plus que probable et m’en indiquera sans aucun doute la source, ou bien l’équivalence.

Et c’est bien de cela dont il s’agit : de nos certitudes à tous. Toutes respectables, certaines admirables, mais qui deviennent des poux dès lors qu’elles veulent s’opposer aux certitudes de l’autre. Tschok n’aime pas les religions, soit ! Gai-Lulu aime la logique, merveilleux ! Raph SAIT qu’elle a été touchée par la révélation, mille fois bravo ! Même si elle en doute encore parfois, et c’est d’ailleurs en cela que sa foi reste riche. Elise se sent atteinte dans son intégritéde croyante, défendons-la, corps et âme ! Camille aime Chéri et Sublet de Noyers, tant pis pour nous. Elle croit en Dieu, fermement, tant mieux pour elle !

Vous connaissez tous une grande partie de mon opinion sur la religion, vous savez que, POUR MOI, Dieu est à peu près aussi utile qu’un compas pour tirer une droite ; mais lorsque j’observe la force radieuse de Raph, malgré les déboires qu’elle nous décrit avec beaucoup de pudeur, lorsque je vois le charme de Camille, rayonnante de sa foi et de sa culture, lorsque je lis Elise et l’imagine en train de chanter ses cantiques à un chauffeur de bus tourangeot, alors je ne peux que me réjouir de savoir que d’autres ont trouvé une voie qui leur convient et qu’ils en tirent toute leur force et tout leur rayonnement.

Mais si Camille, Raph ou Elise (ce qu’elles ne feront pas) viennent un jour critiquer, même poliment, mon athéisme, alors, je me lèverai comme un seul homme pour leur crier ma stupéfaction : « Comment ? Vous qui avez réussi tout ceci, qui avez atteint cet amour dont vous parlez si bien ; oui vous, qui me parlez de révélations, de prières et de cantiques, vous en êtes encore à refuser d’autres voies. A réfuter mon choix ? Disparaissez, traitresses, vous m’avez menti ! » .

Ce n’est pas moi que je défendrai alors – je n’ai nul besoin de telles défenses – c’est elles, la force de leur foi.

Dois-je « exliquer » mon athéisme, cher Gai-Lulu ? Lui donner un sens « logique » ? Je ne le crois pas. Je ne peux que tenter de démontrer (Non ! Pas prouver : démontrer.) par mes actes et par mon regard sur le monde, que ce chemin en vaut au moins un autre pour qui veut dépasser la vulgarité de nos petites attentes égoistes. Dois-je faire comme Michel Onfray, et expliquer très médiatiquement que tout le reste n’est que mensonge putréfiant ? Si je le faisais (je ne le ferai pas) alors Camille, Raph ou Elise sauraient, je l’espère, m’envoyer au diable, et je pèse mes mots.

Camille, Elise ou Raph doivent-elles prouver la valeur de leur foi ?

Elles le font par ce qu’elles nous démontrent d’elles. Cela me suffit largement.

Toute la difficultÈ vient du fait que la foi et la raison ne sont que des outils.

Que nous faisons parfois de ces outils le centre vital de notre perception du monde. Que nous estimons devoir, aux seuls fins de préserver ce que nous sommes, nous barricader derrière l’une ou l’autre et monter sur la petite clôture ridicule que nous venons de créer pour hurler toute la gloire de notre piteux héroïsme. J’ai préféré pour ma part rompre ces digues (c’est un jeu dangereux lorsqu’on n’a pas encore appris à reconnaître les fourbes, mais c’est une autre histoire).

Foi et raison sont des outils, des moyens de transport. Rien d’autre. Et l’on peut choisir l’un ou l’autre pour atteindre l’autre rive, tant que l’on en choisit un. L’important n’est pas l’escale finale, mais bien la traversée. L’important n’est pas le but que l’on se fixe, mais la volonté que l’on s’octroie pour atteindre ce but.

Et puis comment connaîtrions-nous le but au début du chemin ?

- Voici où je vais, c’est un endroit …
- Y as-tu dejà été ?
- Non …
- Alors pourquoi tentes-tu de me le décrire ? De l’imposer comme but ?

« Lorsqu’il descendit de la montagne…. ».

Dans Zarathoustra, Niezsche nous parle d’abord d’un retour.

Ne sentez-vous donc pas à quel point ce retour nécessite un premier départ ? Un premier envol ?

Je ne vois pas d’autre fonction pour l’Homme que celle de ce départ, de cette envolée ; et je me prosternerai toujours devant quiconque a décidé de son propre départ, quelque soit le véhicule qu’il ait choisi pour son voyage. Oui, je me prosternerai, le mot n’est pas trop fort. Et c’est bien une joie que j’éprouve à chaque fois que je constate un commencement, que j’en suis le témoin.

« Ne me parlez donc plus de la souffrance ! » dirait Nietzche. Ne me parlez plus de la haine. Ne me parlez plus de la pensée unique ou du politiquement correct, ne me parlez plus de vos combats contre les autres, mais plutôt du combat « vers » vous mêmes.

Et parlez-moi plutôt d’aurores.

Lorsque Trophonius vit « sa propre aurore » après un long séjour souterrain, lorsqu’il eu creusé, sapé, que croyez-vous qu’il fit ?

Il se mit à aimer.

La plus difficile, la plus redoutable, des choses.

Elise, Tschok, Titelilia, Ada, Christophe, Mamoune, etc.

C’était grand !

Avec vous, samedi dernier aurait été énorme …

Next time ?

Hilary Hahn

hilaryhahnmontpellier2006.jpg

Non seulement elle est belle (c’est un euphémisme !) mais en plus son interprétation du concerto pour violon de Samuel Barber (Op. 14) est une petite merveille. La direction est de Hugh Wolff avec le Saint-Paul Chamber Orchestra. Le coquillage en est tout retourné !

Elle s’appelle Hilary Hahn, elle est belle à crever et son jeu est à peu près aussi unique que celui d’Anne-Sophie Mutter avant qu’elle ne se marie.

Je suis AMOUREUX !!!

Et maintenant, le spam !

Je reçois sur ma boite mail le texte suivant :

« Bonjour,

Je t’écris pour te parler du programme de Ségolène Royal, et en particulier du Pilier numéro 2 du Pacte présidentiel : « Améliorer le pouvoir d’achat ». Ce thème est au coeur de son projet, et il va certainement t’intéresser.

Face à la vie chère, aux salaires qui stagnent, à la crise du logement, Ségolène Royal veut permettre l’accès à un logement de qualité, revaloriser les retraites, les salaires et les minimas sociaux. Comment? En utilisant des indices de prix qui tiennent compte de la réalité des dépenses des ménages.

Et ce n’est pas tout : Ségolène Royal s’engage à créér 120 000 logements sociaux par an et à mettre en place un bouclier-logement qui limite les dépenses de location pour les foyers modestes.

Si près du premier tour, si tu n’as pas encore fait ton choix, il faut absolument que tu prennes connaissance du programme de Ségolène Royal! Tu pourras lire l’intégralité du Pacte sur …. »

Non, je ne ferai pas de publicité pour ce site de Ségolène Royale qui ose utiliser le spam pour faire sa promotion !!

Le mail est signée Mathieu sur une adresse mail sego07@yahoo.fr et il s’agit d’un envoi automatique auquel on ne peut évidemment pas répondre.

Je trouve absolument scandaleux que l’on puisse se permettre d’utiliser la technique du spam pour faire ce genre de propagande et ne suis pas étonné de voir d’où vient cette fumisterie, évidemment illégale.

Je ne sais pas s’il existe un moyen de propager cette information, mais si vous avez des idées, je suis preneur.

Onfray sidéral

Monsieur Onfray,

Je vous lis avec une certaine régularité et ne le ferais sans doute pas si je ne trouvais pas dans vos pages un certain nombre d’idées qui sont au centre de mes intérêts. Je ne le ferais sans doute pas non plus si je ne trouvais jamais dans vos lignes quelques idées qui résonnent plutôt bien avec les miennes et me permettent de les argumenter avec un peu plus de talent. Et pourtant …

Et pourtant je ne vous aime pas, du moins, de moins en moins et j’aimerais retracer avec vous quelques-unes des étapes qui me font dire ceci.

Tout a sans doute commencé avec votre « Traité sur l’athéologie », que je m’empressais d’acheter sur les conseils d’amis qui, me sachant athée, pensaient que j’y trouverai matière à renforcer mon point de vue, ou à en débattre sur des bases solides. J’ai donc fait partie des deux ou trois cent mille lecteurs qui ont, a priori, classé votre livre parmi leurs favoris. Erreur rapidement corrigée lorsque je constatais la rage que vous employiez à combattre toute idée de religion, oubliant trop rapidement, me semble-il, l’impact considérable et parfois même positif qu’ont eu les religions sur toutes (je dis bien » toutes ») les civilisations. Erreur définitivement corrigée lorsque je constatais qu’en définissant la notion d’athéologie vous en faisiez une idéologie. Vouloir déconstruire les mythes est une chose et je vous accorde qu’il faut « partir du réel et construire avec celui-ci » (bien que la notion du réel soit elle-même discutable, mais c’est une autre histoire). Mais déconstruire ne suffit pas, il ne suffit pas de conspuer, de réfuter, ni même parfois de prouver que quelque chose est faux pour que la preuve du contraire existe. Réfuter le déluge en se référant à l’épopée de Gilgamesh, rire du Paradis en parlant des jardins de la Perse, se gausser des trois jours du Christ en racontant ceux d’Osiris, ce n’est pas suffisant pour agrémenter le débat d’une once de progrès. Le vrai débat est celui de la compréhension du phénomène religieux et de ses symboles et c’est un débat qu’il faut aborder avec beaucoup de respect, de prudence et de compréhension. Je n’ai trouvé aucune de ces trois qualités dans votre livre et l’ai donc vite placé sur les étagères du haut de ma bibliothèque, celles qui prennent la poussière.

J’ai lu ensuite vos Féeries Anatomiques, auxquelles je ne suis pas certain d’avoir compris grand chose et que je ne critiquerai donc pas ici, même négativement. Il est pour le moment en stand-by sur une des étagères « philosophie à relire » et j’y reviendrai donc un jour pour tenter de comprendre votre approche sur les relations entre chrétiens et bioéthique. Peut-être.

Puis vint votre « Contre-histoire de la philosophie », dans laquelle je trouvais rapidement matière à satisfaire mes pulsions hédonistes. Mieux, j’y trouvais exposées clairement certaines de mes idées, telle cette critique de l’idéalisme, exposée par vous comme « une possibilité pour l’homo sapiens qui consacre scrupuleusement toute sa vie à mourir de son vivant, de connaître la félicité angélique d’une destinée post mortem » (Tome 1 – Page 18), ou bien cette notion d’un « christianisme conçu comme une gnose qui a réussi » (Tome 2 – page 39). C’est donc sur la base de quelques idées fortes et positives que j’abordais votre lecture ; heureux de découvrir un peu de ces Leucippe, Philèbe, Philodème de Gadara, Cérinthe ou Willem Cornelisz qui m’aideraient à passer pour érudit lors de quelque dîner très citadin, heureux, aussi, d’approfondir ma maigre connaissance d’Epicure, de Lucrèce, d’Erasme et de Montaigne, tous trop délaissés par nos faibles cursus, même si certains sont peu recommandables (tel ce Jean de Brno, initiateur selon vous d’un radicalisme de la pensée hédoniste). Fort des quelques renseignements tirés de vos écrits, je me dirigeais donc vers d’autres sources. Il y en a peu, effectivement, mais je citerai quand même l’Erasme de Stefan Zweig, livre magnifique écrit par un homme magnifique. Oserais-je dire que votre édifice s’est rapidement écroulé par ces lectures et que je ne considère plus, comme vous, qu’il suffit de mettre dos-à-dos l’idéal platonicien et les philosophies alternatives pour décrire l’état réel de la pensée humaine. Une fois de plus, vous me semblez pécher par votre haine d’un système établi. Vous rejetez l’idéalisme, vous ne le remplacez par rien, si ce n’est par l’exposé presque lassant d’une « alter-philosophie ». Toute « contre histoire de la philosophie » qui n’étudierait qu’un seul de ses aspects me paraît bien insuffisante si elle consiste surtout à rejeter les autres. Merci, néanmoins de nous avoir fait mieux connaître certains de ces personnages, disons simplement que j’aurais préféré les connaître par un autre que vous.

J’en viens à votre stature politique, incontournable en cette période d’élection et plus particulièrement depuis votre dialogue manqué (par qui ?) avec Nicolas Sarkozy.

Le fait que je trouve votre soutien à José Bové très ridicule n’intéresse que moi et je ne m’étendrai donc pas dessus. Passons directement au fameux entretien.

Vous attaquez Monsieur Sarkozy sur (entre autres) ses propos sur la génétique et vous avez raison. Monsieur Sarkozy a fait une erreur, grave, celle de s’exprimer sur un sujet qu’il ne connaissait pas. Je note pourtant que la thèse d’Alda Ambrosio, chercheuse de l’unité de génétique clinique et moléculaire de l’Institut de Médecine Légale, soutenue en Juillet 2006, s’intéresse aux gènes responsables des maladies comportementales et plus particulièrement à ceux de la schizophrénie et des maladies bipolaires, avec quelques résultats positifs sur le « gène de susceptibilité au suicide, à la drogue et à l’alcool ». Le site informationhospitalière.com, qui fait part de cette thèse, explique que « la relation entre gène et maladie comportementale a déjà fait l’objet de plusieurs études dont il est ressorti que la corrélation entre la génétique et ces maladies est forte, mais (que) ces résultats ont toujours été dévalorisés pour des raisons psychologiques ». Le généticien Axel Kahn explique quant à lui, dans une tribune publiée par Marianne et citée par Le Monde, que « la vision d’un gène commandant un comportement complexe tel que ceux conduisant à l’agressivité, à la violence, à la délinquance, à la dépression profonde avec dérive suicidaire, est ridicule et fausse », contredisant donc Alda Ambrosio. Rien bien sûr n’est prouvé, et je maintiens avec vous que Nicolas Sarkozy a eu tort de se prononcer sur le sujet lorsque la science elle-même s’y contredit parfois. Puis je tombe sur votre réponse aux raëlistes lorsque ces « crétins sidéraux » vous ont attribué le titre de prêtre honoraire du mouvement, titre que vous avez bien entendu refusé : « Faut-il demander qu’on lise Féeries anatomiques pour constater que j’ai montré que le clonage reproductif ne générait pas de l’Autre mais du Même et que, conséquemment, il ne présentait aucun intérêt ? »(1). Je m’amuse à penser que si seul le Même sort du Même lors d’un clonage, vous devez en conclure qu’il existe une relation directe entre la génétique et le comportement (du moins lorsque cela vous arrange…). Entendons-nous, je ne suis ni pour, ni contre cette thèse et ne m’estime pas le droit d’une opinion lorsque les spécialistes eux-mêmes semblent se disputer sur elle, mais je vous réfute le droit d’attaquer Sarkozy sur ce thème lorsque vous semblez vous-même confus sur le sujet. Je vous réfute surtout le droit, à vous et au Docteur Kahn, d’affirmer que Monsieur Sarkozy confirme par cette bévue « ses liens idéologiques avec la nouvelle droite ».

Je vous le réfute d’autant plus lorsque je constate que tout le reste de votre article sur cet entretien ne comporte qu’insultes, haine de l’autre et rhétorique approximative sur les notions d’état, de droit, etc…, lorsque je vous vois décrire la Place Beauvau comme « épicentre de la stratégie et de la tactique politique policière, espace du cynisme en acte, officine du machiavélisme en or d’Etat, et portraits des figures disciplinaires de l’histoire de France représentées en médaillons d’austères sinistres. » Ou lorsque je vous entends parler des « odeurs de sang et de remugles primitifs, traces de bile et de fiel, le sol ressembl(ant) à la terre battue jonchée d’immondices après une cérémonie vaudoue… » en décrivant la scène. Ciel ! Et vous en êtes sorti vivant ?

Alors, je mets tout ce que j’apprends de vous par ma lecture dans un seul paquet, celui dans lequel j’enveloppe également cette haine primaire pour tout ce qui n’est pas vous, c’est-à-dire athée, libertaire, alter mondialiste et satisfait. Et jugeant tout ceci un peu insuffisant pour vous garder dans les belles étagères vous relègue donc dans la poussière du haut, ou plutôt celle du bas.

(1) Raël, crétin sidéral ou la mauvaise odeur des journalistes – Michel Onfray 16 mars 2006 –

Dailymotion et La vraie Ségolène

A l’heure où j’écris ceci, 1 706 320 internautes ont vu la vidéo « Le Vrai Sarkozy » sur dailymotion.com. Rassurez-vous, je ne commenterai pas cette vidéo ; sa réthorique est simple : Sarkozy est un horrible fasciste, ultra-libéraliste, démagogue, populiste, etc..

Non, le plus drôle est que, comme il fallait s’y attendre, une vidéo est sortie en réponse, justement intitulée « La vraie Ségolène ». Or, cette vidéo a été vue seulement 30 862 fois. Cela voudrait-il dire que Ségolène intéresse moins que Sarkozy dans un rapport de 1 à 50 ? Ou qu’on l’aime tellement notre Ségo, qu’on n’a pas envie de la voir critiquée ?

Pas du tout ! Mais un petit malin a utilisé le filtre de moralité de dailymotion pour en limiter l’accessibilité. Comment ? Tout simplement en cliquant sur le bouton « cette vidéo peut offenser ». Du coup, au lieu de la bonne tête de Ségo en train de dire des âneries, on tombe sur cet avis : « Des membres de dailymotion ont signalé ce contenu comme réservé aux adultes, vous devez être inscrit, connecté et majeur pour pouvoir y accéder ».

Je me suis donc inscrit (c’est long) et j’ai regardé la vidéo. Moi, j’espérais quelque chose de torride (Hollande et Ségo en tenue latex par exemple !) ou un truc carrément gore (Ségo dévorant Sarko lors d’une élection quelconque). Eh bien rien ! Je n’ai rien vu ! Pour tout dire, ça m’a paru plus soft que la vidéo sur Sarkozy.

Quelqu’un a donc « censuré » la vidéo de Ségolène.

Je trouve le procédé lamentable. C’est tout. Et je voulais le signaler.

Les liens :
Pour Sarko :

Pour Ségo :

http://www.dailymotion.com/video/x13wq8_la-vraie-segolene

Joffrin m’énerve

Le week-end aurait dû commencer tranquillement : sans envie, sans idée, aussi nul qu’un week-end de printemps quand le printemps est reparti. Et puis je lis l’éditorial de Laurent Joffrin sur Libération.fr (1).

Je ne connais pas personnellement Laurent Joffrin, et c’est sans doute un type très bien, mais je connais son système de pensée. Vous me direz qu’il est difficile de connaître la pensée de quelqu’un sans connaître le dit quelqu’un, mais Laurent Joffrin fait profession de journalisme, ce qui expose au risque d’être réduit à une idée par la plupart des gens. Donc, je connais un peu les idées de Laurent Joffrin par ce qu’il en écrit et ce que j’en lis ce matin me mets de mauvaise humeur. Or j’aime partager mes mauvaises humeurs des samedis de mauvais printemps.

L’article porte le titre de « Torse bombé » et c’est du torse de Nicolas Sarkozy qu’il s’agit. L’idée de Joffrin, faite sans doute pour rassurer les forces de gauche et leur donner un peu de courage avant la lutte finale, est que deux événements récents marquent un tournant dans la campagne pour les présidentielles (un tournant que l’on subodore positif pour la gauche) et que ces deux événements vont miner la suprématie du candidat Sarkozy. Pour Joffrin, les incidents de la rue Rampal « une école comme décor de la chasse aux sans-papiers » et ceux de la Gare du Nord « une interprétation musclée qui tourne à la bagarre générale » sont des pièges dans lesquels ne tomberont pas. »les défenseurs des libertés publiques » que sont les électeurs et les élus de gauche

D’habitude, nous dit Joffrin, la réponse de « défenseur de l’ordre » contre « les délinquants et les fraudeurs », faite par Sarkozy à ce genre d’événements, est trop rapidement vilipendée par la gauche qui se retrouve en retour accusée de laxisme. Mais cette fois-ci, les choses sont d’après lui très différentes : le discours de gauche a « appris à (s’) équilibrer entre tradition d’ouverture et fermeté légale, entre prévention et sanction ». L’opinion qui plus est « sent qu’une politique qui encadre les libertés mais libère le marché va au rebours de ses préoccupations » (habituel refrain).

Joffrin n’a pas oublié de noter au passage que les « atteintes aux personnes sont plus nombreuses que jamais », ce qui est évidemment du ressort direct de notre ex Ministre de l’Intérieur et je présume que la conclusion de Joffrin sur la responsabilité de Sarkozy aurait été la même si Sarkozy avait été Ministre de l’Education Nationale (« un système d’exclusion »), ministre des Finances (« une économie libérale et mondialiste »), et pourquoi pas Ministre de l’Identité Nationale, des Postes ou de l’Agriculture (il aurait bien trouvé quelque chose, non ?).

- Non, Monsieur Joffrin, le discours de gauche n’a pas changé. Rien ne pourra le changer en l’état actuel des choses. Madame Royale et consorts continueront, avec votre appui, à nous rabacher les mêmes idées nocives qu’on nous rabachent depuis des lustres. A nous faire croire que le social crêt la richesse lorsque c’est bien la richesse qui permet le social. A nous faire estimer que c’est la sanction qui crêt le crime, alors que ce n’est que la lâcheté qui l’encourage. A nous faire penser que les lois sur l’immigration sont des lois d’exclusion lorsque des immigrés eux-mêmes ne veulent pas s’intégrer. A nous faire admettre que l’état seul peut gérer nos futurs, lorsqu’il y a failli depuis bientôt trente ans. Tiraillée entre une extrême-gauche imbécile et dangereuse, un centre indéfini et son désir de pouvoir absolu, Madame Royale continuerait, si elle était élue, à appliquer les rites archaïques d’un PS moribond. Et ce n’est pas une « démocratie participative » ou des énièmes républiques qui l’en empêcheront, car ce ne sont que des mots vides et creux pour nourrir une campagne affligeante.

Le peuple de gauche lui-même ne s’y trompe pas puisque, pour la première fois depuis longtemps, il ne va pas sans doute pas voter comme un seul homme « par fidélité ». Je le lui souhaite. Nous avons besoin d’une gauche intelligente et forte, capable de relever les défis nouveaux comme l’ont fait certaines gauches ailleurs. Mais le PS en France s’arc-boutera toujours sur les défis anciens, ressassant à plus soif les mêmes inepties.

Sauf s’il perd les élections prochaines ! Ce que je lui souhaite infiniment. Alors peut-être y aura-t’il quelqu’un qui, de son sein, arrêtera cette gigantesque fumisterie de cette gauche faite toute entière d’une « exception française » qui fait rire partout, quelqu’un qui nous offrira enfin une gauche avec laquelle on peut discuter autrement qu’en écoutant ses invectives, ses insultes et (excusez-moi du terme) ses conneries.

- Non, Monsieur Joffrin, l’insécurité n’a pas augmenté depuis que Monsieur Sarkozy est à l’intérieur. Elle a diminué, mais de nouvelles violences sont apparues et je vous en tiens pour responsable. Il est plus facile de pleurer sur le sort du délinquant, pauvre perdant d’une société immonde, victime indiscutée d’un horrible système, que de chercher des solutions viables. On vous entend crier sans cesse sur le drame existentiel de ces jeunes délinquants (expression qui devient presque un pléonasme de droite, si l’on vous écoutait), sans proposer autre chose que des solutions vagues, inadaptées, ou carrément dangereuses. Vous n’aimez pas les jeunes, vous les utilisez pour argumenter votre discours contre la droite. Vous ne défendez pas la réinsertion des délinquants, vous défendez leur haine de vos ennemis. Vous ne proposez pas de leur offrir une formation véritable, mais des contrats bidons, financés on ne sait plus comment, à coups de 500 000 par ci et de 100 000 par là. Le travail ne se décrète pas, il se crêt. Par une économie sereine, par la confiance à moyen terme, par la vision à plus long terme.

- Non, Monsieur Joffrin, les incidents de la rue Rampal ne peuvent êtres limités au fait que l’on ai choisi « une école comme décor de la chasse aux sans papiers ». Admettons même que le cadre ait été mal choisi, l’expression que vous utilisez est un mensonge. Il ne s’agit pas de chasse aux sans papiers, il s’agit d’application de la loi républicaine. Que cette loi soit imparfaite, c’est possible, et même probable. Qu’elle se soit mal appliquée rue Rampal, je suis prêt à l’admettre. Mais ce n’est pas en soufflant sur la braise que vous pourrez résoudre les cas très dramatiques qui en découlent, c’est en faisant vous-même l’analyse profonde des fondements de cette loi, en réfléchissant aux conséquences des politiques d’immigration à l’emporte-pièce des gouvernements de gauche et de droite en France. Tout et n’importe quoi, surtout n’importe comment, c’est-à-dire sans se poser la question de l’après. « Venez, venez, chers immigrés, soyez français, la France est votre pays et nous, gens de gauche, nous saurons vous défendre contre l’horrible loi libérale, disciplinaire, sécuritaire et mondialiste de l’affreux Monsieur Sarkozy ». C’est un peu court. L’affreux Sarkozy propose quant à lui deux ou trois choses indiscutables, comme le fait que l’on parle un peu de français lorsque l’on est français, que l’on en accepte les lois et puis qu’on les défende et que dès lors, sans préjuger de la race, de la couleur ou de la religion, l’on profite de tous les avantages qu’offre notre pays.Ce n’est peut-être pas la panacée, mais on peut au moins discuter sur ces bases, pas sur les vôtres, puisqu’elles n’existent pas.

- Non, Monsieur Joffrin, les incidents de la Gare du Nord ne consistent pas en « une intervention musclée qui tourne à une bagarre générale » mais en l’application du droit tourné en ridicule par une meute qui vous a trop souvent écouté. Avez-vous lu la déposition de Monsieur Hoekelet (1) ? Le pauvre homme aurait jeté son ticket après l’avoir composté, procédure que vous jugerez sans doute normale malgré l’obligation, écrite partout dans les couloirs du métro, de pouvoir présenter son billet lors d’un contrôle. Une obligation que les quelques centaines de milliers de passagers quotidiens ne considèrent pas d’habitude comme essentiellement terrifiante ou autoritaire. Passons sur le fait que Monsieur Hoekelet n’aime pas que l’on se rapproche de son front et que, mis en présence de cette situation sans doute très insultante, il « bouche une oreille » de l’impétrant. Normal, me direz-vous, on a tous notre honneur. Passons également sur le fait que Monsieur Hoekelet devait se rendre la veille à une convocation du Tribunal d’Aix-en-Provence pour une affaire d’outrage à magistrat et que ces salopards de contrôleurs n’ont « pas voulu (le) laisser prendre le train sans billet », l’empêchant ainsi de remplir convenablement ses devoirs de très bon citoyen.

Non, le vrai débat est celui de la réaction de la foule devant l’interpellation de Monsieur Hoekelet, une réaction stimulée, encouragée, par des articles comme le vôtre et par l’affreuse bêtise de la gauche française. Je crois que vous avez toujours considéré toute action de la police qui dépasse la réponse à une demande de direction sur la carte comme outrepassant largement le rôle que vous aimeriez lui voir jouer. La police, n’est-ce pas, c’est un corps chargé du bien être du citoyen, de son bonheur. Dans un monde parfait, elle pourrait effectivement vaquer à quelques activités très anodines. Mais, quoi que vous en disiez, les délinquants existent, ils ne sont pas que des victimes et lorsqu’ils vont vous « boucher une oreille », même si vous n’êtes pas policier ou contrôleur de la RATP, vous tentez de les en empêcher. J’aurais dû dire « sauf » si vous êtes policier ou contrôleur de la RATP, car personne ne songerait à se révolter devant un voyageur qui se défend devant deux agresseurs, même s’il en assomme un et qu’il casse le bras de l’autre (je le sais, c’était moi, il y a quelques années), mais si les mêmes agresseurs sont seulement questionnés par quelque policier, alors la foule s’empresse grâce à vous d’intervenir contre ces tortionnaires front-nationalesques. Ne trouvez-vous pas qu’il y a quelque chose de malsain à considérer que faire sa propre loi est plus acceptable que de recourir aux forces de l’ordre ? C’est en tout cas votre opinion à chaque fois qu’intervient un gendarme et cette opinion est totalement irresponsable.

Je n’irai pas plus loin. J’ai un week-end qu’il faut gérer et je ne crois pas que Laurent Joffrin soit apte à le rendre agréable, ou même intéressant.

(1) http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/244420.FR.php
(2) http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-890084,0.html

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