Archive pour la Catégorie 'Humeurs'

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Spartacus de Khatchaturian

Blogger’s blues tonight. Fatigue, mauvais temps, etc. Alors j’écoute l’adagio de Spartacus, dirigé par l’auteur. Un moment de grand bonheur qui donne envie de danser, de lui dire « je t’aime », si elle était là.

Aram Khatchaturian était deputé du Soviet Suprème. Communiste enthousiaste, il dut faire des excuses au peuple russe pour sa troisième symphonie, pourtant composée en hommage au communisme. Il avait voulu y mettre toute la joie populaire devant la grandeur de la grande Russie de Staline. Mais Staline ne devait pas aimer la joie populaire…

Cerveau présumé

Gag !

Je viens de regarder les statistiques de mon blog. Dans les référants je découvre que quelqu’un est arrivé ici en cherchant « cerveau présumé » sur Google. Le gars, il avait du perdre le sien. Mais le plus drôle, c’est quand même qu’il soit arrivé chez moi, non ?

Cerveau présumé !! Non mais je te jure.

Je viens de vérifier, des cerveaux présumés, il y en a 193 000 sur Google. Et il a fallu qu’il choisisse le mien. Un comble !

PS : C’est pas un de vous j’espère.

Newton et Ben Laden

Logique, hypothèse, intuition, raison, théorie, objectivité …. Les mots se sont bousculés ici (1) autour de la question d’un éventuel complot sur le 11 septembre 2001. Les interventions de Tschok, de Titelilia, puis d’Ada Veen, se sont mêlées à ma posture de naïf soi-disant très renseigné pour constituer un brouet plutôt intéressant, surtout pour moi.

Aucune conclusion définitive quant à ce qui s’est vraiment passé ce jour-là ne pouvait évidemment sortir de ce débat et je ne crois pas que s’en ait été le but à un instant quelconque. Tschok parle du manque de certitude sur l’unité d’action dans son commentaire 35, il est clair que nous ne pouvions prétendre la découvrir d’ici. Ada veen nous rappelle (C. 36) que toute thèse conspirationniste repose d’abord sur l’hypothèse que « la vérité est (toujours – NDLR) ailleurs » et elle a bien raison.

Dès lors qu’il s’agit de « se faire son idée » sur quoi que ce soit, il existe donc plusieurs bons chemins, et quelques-uns nettement moins bons, le grand René nous les a bien décrits (on peut l’appeler René, n’est-ce pas, depuis le temps qu’on le connaît !). In fine l’idée que l’on se fait d’une chose peut donc être « intuitive » ou « pragmatique », « renseignée » ou « pifométrique », « objective » ou « consensuelle », l’important est peut-être qu’elle soit.

Je ne savais pas trop bien quoi tirer de tout ceci jusqu’à ce que Newton vienne me soustraire à mon sommeil.

« Je suis Newton, me dit-il, j’étais tout à l’heure à l’ombre d’un pommier lorsqu’une Golden d’environ 200 grammes m’est tombée sur le nez. J’en ai conclu que p=mv »

Les philosophes et les psys auront tout le loisir de poser la question de la véritable identité de Newton ou d’analyser sa présence sous le pommier, les physiciens auront la satisfaction de nous perdre dans les notions de référentiel galiléen ou de relativité, restreinte ou générale, les historiens auront beau jeu de nous dire que cette histoire est apocryphe, n’empêche que l’explication tient debout : avec un peu d’esprit scientifique, beaucoup de génie et un sens de l’observation hors du commun, Newton « pouvait » entreprendre de décrire ses lois d’après l’observation d’une pomme en état de chute. La conclusion qu’il énonce me semble a priori un tant soit peu tirée par les cheveux, mais dès que je m’instruis sur la physique et sur ses fondements, je peux admettre son discours sans qu’il s’oppose à mon entendement.

Notons que Newton n’analyse pas la cause de la chute de la pomme, ce qui est parfaitement inutile pour son exposé, mais l’on peut au moins supposer que son état de maturité (celle de la pomme) est une hypothèse plus probable qu’un tremblement de terre (il y en a rarement au manoir de Wollthorpe). Le rasoir d’Ockham que cite Tschok dans son fameux commentaire 35 m’est donc ici très utile pour éloigner la plupart des hypothèses farfelues, souvent les plus nombreuses.

Plus j’étudie l’énoncé de Newton, plus j’ai de raisons d’y croire, parce qu’il est pragmatique, renseigné, objectif. En mon âme et conscience, je n’y trouve rien à réfuter. Et si je réfute l’authenticité de l’histoire du pommier, je ne réfute pas le fait que p=mv, je suis « hooked » (2)

Admettons maintenant que Newton m’ait dit ceci :

« Je suis Newton, j’étais tout à l’heure à l’ombre d’un pommier lorsqu’une banane de 3 kgs m’est tombée sur la tronche. J’en ai conclu que Ben Laden me l’avait lancée, j’ai donc envahi l’Irak ».

J’aurais répondu qu’une banane ne pouvant tomber d’un pommier, il fallait bien trouver une autre cause que la gravité à cet état de fait. J’aurais, au minimum, questionné l’identité du coupable, ne serait-ce qu’à cause du manque de preuve ou d’explication que me donnait ce brave Isaac (on peut l’appeler Isaac, n’est-ce pas, etc…). Au pire, je me serais demandé si le choc bananien ne l’avait pas rendu un peu foldingue, et je me serais bien évidemment posé quelques questions sur l’existence d’une banane de 3 kgs. Quant à l’invasion de l’Irak …

En clair, plus j’ai tenté d’analyser son discours, plus son discours m’est apparu comme pifométrique et subjectif, plus je me suis posé la question des capacités intuitives du grand savant et plus je me suis posé la question des raisons qui l’ont poussé à raconter de telles conneries. En mon âme et conscience, le deuxième énoncé me paraît donc absurde, et ce bien qu’aucun élément ou presque ne soit absolument, totalement, définitivement, réfutable.

Je rejoins donc Tschok sur une partie de son exposé.

Je me fais ensuite cette remarque sur le mensonge : pour qu’un mensonge tienne la route, il faut donc qu’il soit extrêmement bien construit. Il faut du génie pour être un grand menteur. La moindre faille sur ce mensonge, et c’est l’apocalypse : ma femme qui découvre que je la trompe, ma maîtresse qui découvre que je n’ai toujours pas demandé le divorce, et l’Amérique qui se demande pourquoi, pour qui, plus de 3 000 personnes sont mortes.

Mais mon propos n’est pas de revenir sur le discutable exposé officiel des faits du 11 septembre, exposé dont on ne peut effectivement retirer aucune conclusion (et c’est peut-être ce qui me dérange).

Non, mon propos est plus de rappeler que tout raisonnement doit se baser sur des faits vérifiables et que le grand René avait évidemment raison lorsqu’il énonçait son premier précepte : « éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et … ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenteroit si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute ». (3)

Ceci s’applique pour le 11 septembre, mais aussi et surtout pour le 22 avril. Bonne chance pour vous y retrouver dans le discours de nos présidentiables.

(1) http://haliotoide.unblog.fr/2007/03/20/quoi-de-9-septembre-2001/
(2) Jeu de mot assez mauvais sur le fait que Robert Hooke, et non Newton, est peut-être à l’origine de la théorie de la gravité.
(3) Discours de la Méthode, évidemment. Rassurez-vous, moi aussi, j’ai dû le relire trois fois avant de comprendre.

Royal, ce coup de la Marseillaise !

Notre Ségolène-qui-se-voudrait-nationale défend donc (à Marseille) l’idée que chaque français possède son drapeau bleu, blanc, rouge et connaisse la Marseillaise. Ça c’est de l’identité nationale !

Je n’ai rien contre, remarquez, mais qu’elle se mette à défendre un texte qui, dans son paragraphe 3 lance ce très politiquement incorrect :

« Quoi ! Des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers ! »

Figurez-vous que ça m’amuse un peu…

Pour rigoler, il y a aussi ça :

« Sous nos drapeaux que la Victoire
Accoure à tes mâles accents ! » (§6)

Ou ça :

« Et la bande des émigrés
Faisant la guerre aux Sans-Culottes …
Vainement leur espoir se fonde
Sur le fanatisme irrité » (§ 11)

Et pour finir, ce magnifique Couplet des Enfants :

« Nous entrerons dans la carrière,
Quand nos aînés n’y seront plus ;
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus »
(C’est le rougeot de Lille* qui va être content…)

Elle a raison, Ségolène, il va falloir une sérieuse explication de texte pour faire passer tout ça.

Allez Ségo, t’inquiète pas, dans un mois environ, t’auras enfin le droit de ne plus dire n’importe quoi.

Ah, ça ira, ça ira …

* Pierre Mauroy, bien sûr

Vous n’allez pas voter Bayrou quand même ?

Je gisais ce matin par deux mêtres de fond, fidèle à mon statut de mollusque gastéropode prosobranche (famille des haliotoidae), collé sur mon rocher par de sombres pensées sur la nature de l’être et profitant du courant de la marée montante, lorsque ma voisine, cette chère Madame Ostrea, eut l’huitrecuidance de m’extraire des songes.

- Vous n’allez pas voter Bayrou quand même ?

Faisant partie de ceux qui savent plus ou moins ce qu’ils feront mais ne le disent pas trop (par crainte d’avoir à engager une discussion houleuse sur le sujet), je tentais une réponse évasive :

- Ce n’est pas impossible, je n’en suis pas certain, peut-être…
- Mais vous ne vous rendez pas compte !
- De quoi ?
- Ce gars-là est une illusion, une chimère, et puis, il ne passera jamais au deuxième tour !

Je ne voyais pas très bien en quoi l’éventualité d’un échec au deuxième tour disqualifiait irrémédiablement dès le premier, mais, n’ayant toujours pas envie d’aller trop loin sur le sujet, rétorquais un :

- Vous avez sans doute raison.

Ma cause était perdue d’avance, dans ces périodes de décisions démocratiques, n’être pas pour quelqu’un c’est faire le jeu de l’adversaire de l’autre et le silence est une trahison lorsque tous vocifèrent.

- Ecoutez-moi, Halio, de deux choses l’une, soit vous voulez le changement, soit vous ne le voulez pas, mais dans tous les cas, Bayrou n’est pas la solution.
- Et comment cela est-il possible ? Dans tout système logique on ne peut à la fois être et ne pas être…
- Si vous voulez le changement, Sègo est le seul choix possible. Elle seule incarne les réformes, elle seule peut les mener à bien. C’est une force nouvelle, un espoir pour le chenal tout entier. Elle le dit et le répète : « les électeurs ont besoin que je leur apporte la preuve obstinée, permanente, acharnée que c’est moi qui, non seulement incarne le changement, mais qui le réaliserai ». Et croyez-moi, elle le fera.
- Et de quels changements s’agit-il ?
- L’emploi, la sécurité, la famille, l’école, tout se tient, dit-elle. Elle veut redonner vie au système politique, revenir au principe de responsabilité…
- Tout ça me paraît très correct, mais concrètement ?
- Elle seule peut « refuser l’accaparement par la droite de tous les leviers de décisions et … s’opposer aux politiques de démantèlement de l’état et de la protection sociale avec sa fin programmée des impôts directs » (1).
- C’est bien. Mais je sens dans votre discours comme des remugles de l’ancien socialisme. Or vous m’affirmiez l’autre jour que votre chère Ségo veut justement se démarquer des vieux réflexes, « redonner vie au système politique » venez-vous de me dire. Si son programme, ou pire, celui de ses électeurs (car elle ne gouvernera pas sans eux) en reste à ce genre de banalités trop rabachées, j’ai peur que nous n’allions pas vraiment vers un quelconque renouveau. J’ai même peur que nous ne retombions rapidement dans ce vieux socialisme dont les plus purs d’entre vous semble eux-mêmes vouloir s’écarter. Non Madame Ostrea, je ne crois pas que votre Ségo soit en mesure d’apporter un changement véritable et je sais qu’avec elle nous continuerons ce mouvement de balancier gauche-droite-gauche-droite qui, depuis un certain mois de mai 1981, fait que nous n’avançons plus. En plus, elle n’est même pas jolie et parle comme un bernard-l’hermite, avec une coquille dure, plein de scritch-scritch, et ça ne remue que du sable.

J’allais continuer dans une diatribe un tant soit peu violente contre cette représentante de babord (autant par conviction que pour avoir enfin la paix), lorsque Madame Saint-Jacques s’annonça par quelques claquements de valve.

- Clac, clac, clac. Excusez-moi de vous interrompre, je me suis permis de suivre votre conversation d’un peu loin (le son porte très bien sous l’eau) et je me sens obligée d’intervenir : le seul vrai changement possible, c’est le grand Nico !

Madame Ostrea n’aimant pas Madame Saint-Jacques, qu’elle considère comme volage et trop bavarde, (je crois sutout qu’elle est un peu jalouse de ses allures de grande dame) retourna donc dans sa coquille pour rêver d’une vie largement plus perlière. Quant’à Madame Saint-Jacques, qui se croit d’une vieille famille bretonne, elle se mit à me claqueter plein de choses sur son très cher Nico :

- Bayrou, mais vous n’y pensez-pas ! Il ne pourra jamais rassembler de quoi réaliser ce qu’il annonce. Et d’ailleurs, il n’annonce que du flou. Non, croyez-moi, seul le grand Nico peut nous sortir de cette valse en deux temps que vous semblez critiquer.
- Et comment donc ?
- Lui seul propose un plan viable, possède l’autorité pour le réaliser. Lui seul veut sortir des logiques de clans, et nous hisser hors du trou. Libéral ? Oui, mais humain. De droite ? Oui, mais pas de cette droite vieillotte et ridicule arc-boutée sur ses petits privilèges de captitalistes repus…
- Ah, j’avais plutôt l’impression que c’est à gauche qu’on s’arc-boute sur les privilèges et les acquis…
- Ne m’interrompez-pas, voulez-vous ! Nico, c’est jeune, c’est intelligent, c’est dynamique, c’est fort, c’est honnête. Etudiez-bien toutes ses propositions…
- Je reconnais qu’elles semblent véritables…
- Pas seulement véritables : efficaces ! Avec Nico, ça marchera. D’ailleurs, il le dit.

Je remarquais chez la dame un peu de cette passion fébrile qu’on certaines femmes pour les très grands héros mais notais tout du moins mon accord sur l’ensemble des points.

- Il semble en effet qu’il soit le mieux plaçé…
- Ah, vous voyez, un peu de raison vous remet vite dans le droit chenal. Ce n’est pas comme Madame Ostrea et son QI d’huitre : quels que soient les errements de Ségo, elle gardera sa foi.
- Fides et Ratio
- Comment ?
- Non, rien, je pensais à la foi et à la raison. Aucun rapport.
- Ah bon. Non mais regardez-la l’Ostrea ! Fermée ! Ah, l’immobilisme des huitres !

Malgré les arguments de Madame Saint-Jacques, je sentais bien que je n’avais pas très envie de vivre dans un chenal aussi propret et bien en ordre qu’un trottoir de Neuilly. Et puis j’aurais surtout aimé que tout cela s’arrête. Mais, décidemment, ce n’était pas mon jour…

Gai-Luron, notre canard préféré, qui daigne parfois se poser dans le coin et nous nourrir de sa grande expérience des océans, vint me troubler encore :

- Ecoutez Halio, « il me semble que Bayrou a un certain nombre d’atouts (…) ; néanmoins, sans vouloir le ramener aux abîmes incantatoires de Royal, je crains qu’il n’ait que des principes et des “valeurs” à proposer, mais pas de système cohérent ; il affiche clairement son engagement européen, mais il ne l’articule jamais de façon cohérente à ses propositions pour la France et ne délimite jamais ce qui relève du domaine de compétences de la france, et ce qui relève de l’Europe.?Il fut un exécrable ministre de l’éducation, ce qu’il ne faut jamais oublier… Enfin, est-il si honnête que cela ? J’en doute de plus en plus quand on voit par exemple qu’il est l’homme politique qui a, en janvier et février bénéficié du plus grand temps de parole de tous les candidats, tout en expliquant que les média ne s’intéressaient pas à lui… A méditer. » (2)

Il m’énerve un peu celui-là avec son nez en l’air, mais je l’aime bien et il avait raison le bougre.

Vous savez quoi, je vais voter Churchill … Ou bien reprendre ma énième lecture de Voltaire.

(1) http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=20241
(2) http://presqueriensurpresquetout.unblog.fr/ « De Chirac à Bayrou : quand le rad-soc se réincarne dans le soc-dém-lib. » (Commentaire N°10)

Le ministère nécessaire de Monsieur Sarkozy

Pour quelques raisons que certains qualifieraient de floues, je ne suis pas sarkoziste, pour d’autres raisons, que je qualifierais de raisonnables, je n’aime pas le parti socialiste français. Je fais donc partie de ce nombre indécis d’indécis pour qui Bayrou représente une possibilité plutôt viable. Quant à ma position vis-à-vis du Front National, elle a du moins le mérite d’être tranchée : je n’aime pas ces gens-là, le populisme de leur chef ni l’archaïsme de leurs idées xénophobes.

Cette note personnelle me permettra je l’espère d’éviter tout du moins un reproche : celui d’un quelconque aveuglement pro-sarkoziste et certains de mes méfaits littéraires, disponibles sur ce blog, conforteront les plus réticents sur le fait que je ne suis pas un raciste primaire.

Mais lorsque j’entends Messieurs Bayrou, Hollande et tous les autres lever cet incroyable tollé sur la proposition d’un Ministère de l’Identité Nationale et de l’Immigration, faite par Monsieur Sarkozy jeudi soir devant les caméras de France 2, je ne peux que réagir et faire appel au peu de bon sens qui me reste.

Ecoutons-les rapidement :

- Monsieur François Bayrou : « Que l’on ait un Ministère de l’Immigration, pourquoi pas. Mais enfermer dans la même phrase immigration et identité nationale, il y a là une frontière franchie »
- Madame Marie-George Buffet : « Réveiller ainsi l’époque de Vichy pour mieux donner des gages aux thèses xénophobes et racistes du Front national est indigne d’un candidat républicain à l’élection présidentielle »
- Monsieur François Hollande : « Je crains vraiment que dans cette campagne, Nicolas Sarkozy soit dans un flirt poussé avec les thèses du Front national », « s’il s’agit de contrôler les flux migratoires, le ministère de l’Intérieur y suffit. S’il s’agit d’assurer l’intégration, le ministère du Travail qui est responsable de la population y suffit »
- Madame Ségolène Royal : « Je trouve assez ignoble de faire cet amalgame entre l’identité française et les travailleurs immigrés, étrangers qui viennent ici pour contribuer à la croissance économique et qui, je le rappelle quand même, viennent à la demande des entreprises »
- Monsieur Jacques Lang : Tiens, je ne l’ai pas entendu celui-là, étonnant !
- Monsieur Faouzi Lamdaoui, secrétaire national à l’Egalité du PS : la proposition de créer ce nouveau ministère « stigmatise l’immigration comme une menace pour la culture française »
- Monsieur Mouloud Aounit, Président du MRAP : Nicolas Sarkozy « menace la cohésion nationale », il « libère la parole et l’idéologie racistes, il menace gravement la cohésion nationale, il fait ainsi un choix de société, celui du rejet de l’autre, dans une logique de division incendiaire »
- etc…

« Bon appétit, Messieurs ! », dirait Ruy Blas devant ces grands « intègres », devant ces « morsures d’affamés sur un vaisseau perdu » (1).

Car de quoi s’agit-il ? Monsieur Sarkozy s’en explique lui-même, laissons le donc parler un court instant :

« La France, ce n’est pas une race, la France ce n’est pas une ethnie. La France, c’est tous les hommes qui l’aiment, qui sont prêts à défendre ses idées, ses valeurs, à se battre pour elle. »
« A ceux qui veulent vivre en France, nous voulons offrir la fierté d’être Français. »
Et puis ce fulgurant :
« Comment voulez-vous faire de l’intégration sans parler de qui nous sommes !? »

Le débat est posé, répondons-y.

Et commençons par une définition, celle de l’identité nationale. Dans un ouvrage publié en 2004 chez Odile Jacob (2), Samuel Huttington la définit comme « le sentiment de lui-même éprouvé par un individu ou un groupe ». L’identité résulte de la conscience de soi, dit-il, du sentiment de constituer une entité individuelle ou collective. Cette conscience peut être plus ou moins « salliante » en fonction de l’importance que l’individu ou le groupe accorde à cette identité et dépend largement de la « substance » de cette identité, c’est-à-dire de ce que l’individu ou le groupe possède en propre ou en commun et qui le différencie des autres individus et des autres peuples. J’adhère à cette définition.

La France possède une identité propre, n’en déplaise à certains. Cette identité se fonde sur certaines « valeurs » que sont les notions de démocratie, de liberté, d’égalité, de fraternité (Ségolène, jamais à court d’une « bravitude », parle quant à elle de « sororité » !) et de laïcité. « L’identité française n’est pas un gros mot », dit Monsieur Sarkozy, je n’en vois pas dans cette définition.

Ajoutons que la France a cette noble attitude de se considérer comme un pays d’accueil et qu’elle en fait part intégrante de son identité. La France, donc, ne se définit jamais comme une « race », une « ethnie », et encore moins comme une « religion ».

On entend parfois dire que ces valeurs sont universelles ; elle le sont dans ce sens qu’elles devraient sans doute l’être. Mais reconnaissons que ce n’est pas le cas et je ne crois pas qu’un être humain sur dix puisse se targuer d’en bénéficier sereinement. C’est peut-être pourquoi nous attirons effectivement plus d’immigrés que d’autres, la Sécurité Sociale et les Assedic ne pouvant justifier à eux seuls cet engouement général pour notre beau pays.

Je mettrai notre langue dans le tronc commun de nos trésors. L’idée que les Français, y compris immigrés, parlent français, ne me paraît pas absurde et je note sur ce point que les Etats-Unis ont adopté par deux amendements datés de 2006 (l’un républicain, l’autre démocrate) le fait que la langue anglaise était une langue « nationale » (amendement républicain), « commune et unificatrice » (amendement démocrate). Cette unanimité pleine de nuances a pour avantage de nous signifier que la langue commune est bien un élément unificateur, un facteur d’identité.

« Comment voulez-vous faire de l’intégration sans parler de qui nous sommes », dit Monsieur Sarkozy. Si sa définition du « qui nous sommes » est semblable à la mienne (et je crois pouvoir dire qu’elle en est proche) je ne vois pas en quoi l’on peut la taxer de « raciste » ou de « xénophobe ». Je ne vois pas en quoi il stigmatise un soi-disant « rejet de l’autre ».

Voici pour la « substance ».

Dans le contexte de la mondialisation, je crois plus que jamais nécessaire de définir sans cesse sa propre identité. Non qu’il faille rejeter la mondialisation (on ne le peut tout simplement pas !), mais parce que nous éprouvons tous une certaine « salliance » pour cette identité et que sa perte risquerait de nous mener vers des affres très peu recommandables.

Je ne sais pas s’il faut un ministère pour cela, mais je ne vois pas qui d’autre que l’état pourrait assurer la mission de cohésion nécessaire à cette définition. Va, donc, pour un Ministère de l’Identité Nationale.

Faut-il un Ministère de l’Immigration ?

Monsieur François Hollande répond évidemment de travers lorsqu’il annonce « S’il s’agit de contrôler les flux migratoires, le ministère de l’Intérieur y suffit. S’il s’agit d’assurer l’intégration, le ministère du Travail qui est responsable de la population y suffit ». Car c’est de cette façon justement que l’on réduit le phénomène de l’immigration à celui de « flux migratoires » et de « main d’œuvre ». Le MRAP devrait réagir ! Quant à réduire la responsabilité de la population à la responsabilité du travail, c’est un peu limitatif et rappelle un peu trop le marxisme de base, mais passons, c’est un autre sujet…

Quelle serait la fonction d’un tel ministère ?

« Tendre la main à l’immigré c’est prendre appui sur nos valeurs d’accueil, de droit du sol, de droit d’asile et de regroupement familial. C’est poursuivre le processus historique de francisation de la France, depuis les Francs, avec des apports multiples ». Cette phrase est de l’Humanité et date de 1996 (3). Je m’y rallie et note qu’elle correspond de près au discours que je suis en train de tenir. Les communistes réveillaient-ils alors « l’époque de Vichy » et ses « thèses xénophobes » ? Je ne le crois pas.

O tempora, O Mores.

Tendre la main, telle serait effectivement la fonction d’un ministère de l’immigration si l’on en concevait un selon les termes de notre identité nationale. Mais tendre la main en s’appuyant sur nos valeurs, en poursuivant le processus historique de francisation de la France, comme l’affirmaient autrefois nos amis communistes, c’est-à-dire en affirmant notre « identité nationale ».

Les deux ministères peuvent-ils être liés ?

Ils le doivent !

Dans un texte récent (« Barbares Extérieurs ») je défendais les thèses d’Arnold Toynbee et de William Durant selon lesquelles la civilisation occidentale bénéficie nécessairement de l’apport des autres cultures. Je plaçais cet apport sous le signe de l’intégration. Je n’avais que partiellement raison ou manquais de clarté, car il ne s’agit pas pour l’immigré de renier sa culture, mais bien d’accepter la nôtre. Ce n’est que par une approche cohérente, en phase avec les préceptes de notre identité, que l’on peut résoudre cette équation difficile et c’est à l’Etat, une fois de plus, d’assurer cette cohésion (il s’agit bien de « cohésion nationale » pourrait-on dire à Monsieur Mouloud Aounit), il en est seul capable.

Le lien entre les deux termes « est tout aussi nécessaire qu’opportun », ont justifié Rachida Dati et Xavier Bertrand, porte-parole de Monsieur Sarkozy dans un communiqué cités par le Nouvel Observateur (4). « Nous pensons, en effet, qu’il ne peut y avoir d’immigration réussie sans intégration, et pas d’intégration sans connaissance et respect des valeurs de la République française. »

Je soutiens totalement Monsieur Sarkozy sur ce point d’un « Ministère de l’Identité Nationale et de l’Immigration » qui répondrait idéalement à deux aspects d’une même problématique : la définition même de ce petit pourquoi on aime la France.

Ou alors j’ai rien compris…

(1) Victor Hugo – Ruy Blas : Acte III / Scène 2
(2) « Qui sommes-nous ? Identité nationale et choc des cultures »
Je renvoie sur cet ouvrage au résumé très complet fait par Augustin Jandon sur Polemia.com, résumé que je cite longuement dans ce post : http://www.polemia.com/contenu.php?cat_id=36&iddoc=1392
(3) http://www.humanite.presse.fr/journal/1996-12-10/1996-12-10-767104
(4) http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe

Dollar, Tulum et tequila

« Le tourisme est au voyage ce que la prostitution est à l’amour ». Cette phrase de Paul Valéry me revient en mémoire pendant ce séjour mexicain organisé pour des raisons familiales.

Tulum

Qui ne rêverait d’oublier la grisaille d’un mois de février parisien sous le soleil du Yucatan ? Qui ne jouirait du souvenir lointain de tous ces êtres souterrains de la station Cambronne en contemplant la mer des Caraïbes ? Qui ne rirait de la vague mémoire de ternes citadins parapluités en contemplant les brochettes de fesses s’offrant au dieu Soleil ?

Mais si l’on observe ces masses rougeoyantes de gogos ventripotents qui pissent leurs dollars sur d’ignobles objets d’artisanat local, si l’on contemple le flot de callipyges anglophones qui s’émerveille à l’idée d’une civilisation pré-mayfloweresque et se rassure sur sa provenance devant quelque hamburger très international, alors on se prend à rêver des voyages d’antan, où un David Roberts n’avait pour tout appareil numérique que le talent de ses pinceaux, où un Comte de Volnay pouvait écrire son « Voyage en Egypte et en Syrie » sans disposer du Guide Bleu ni de café internet, et où un Liszt composait ses « Années de pèlerinage » sans fond sonore techno.

Nostalgie ? Oui, sans doute. Mais mon sentiment est plus violent que cette nostalgie de quinquagénaire grisonnant et c’est bien le dégoût qui me submerge chaque fois que l’odeur d’une crème solaire vient croiser celle du sable chaud ou celle (plus fréquente dans mon cas) d’un double Mojito.

Entendons-nous, ce pays est magnifique et son peuple est sans aucun doute l’un des plus agréable qu’il m’ait été donné de rencontrer lors de mes quelques périples dans des contrées lointaines. Le peuple maya n’est pas beau, les femmes sont des mètres cubes (1m x 1m x 1m), les hommes sont si petits que Sarkozy passerait chez eux pour un grand homme, mais leur sourire est vrai, leur gentillesse totale et le respect qu’ils ont pour leur pays n’a pas ce côté national et borné que nous proposent le FN et son chef.

Des vestiges de Tulum aux fonds marins de Yal-ku j’ai vu ici des choses à vous couper l’envie d’aller plus loin. Même le cauchemar probable d’un parc écologique (celui de Xcaret) m’est apparu comme un exemple intelligent d’intégration des thèmes locaux aux besoins du voyageur pressé. C’est propre, mais ce n’est pas que propre, je veux dire pas de cette propreté suisse ou bien pensante dont rêve nos élus parisiens. C’est cher, mais qui aime ne compte pas dit-on, et je n’ai pas compté, parce que je ne payais pas. C’est beau tout simplement, comme l’est tout ce qu’ils appellent la « Riviera Maya ».

Elle s’étend de Cancun à Tulum. Je devrais dire « de Tulum à Cancun » pour respecter l’ordre chronologique plutôt que cardinal, mais c’est bien par Cancun que l’on arrive maintenant, plutôt que par Tulum ou Cozumel, première étape de Cortés dans sa conquête vers Mexico City.

Cancun veut dire « pot d’or » en maya et ce n’est certainement pas par hasard que ses promoteurs ont choisi un nom aussi évocateur (la ville n’existait pas dans les années 70) ; la fonction première de Cancun est d’attirer le dollar, et c’est sa seule fonction. Passons donc sur Cancun.

Playa del Carmen est un peu plus au sud, sorte de Saint-Trop latino-américain, moins outrageant que Cancun, qui se déploie progressivement sur d’immenses plages de cocotier. Les hippies et la marijuana furent les premiers à s’installer ici au milieu des mayas, et il en reste quelques souvenirs discrets le long de la Quinta, sous forme de boutiques un peu népalisantes. C’est sympa, assez cool et plutôt reposant. Pour ceux qui ne craignent pas de se séparer de leur télévision et de leur téléphone (il n’y en a pas dans les chambres) l’hôtel « Shangri la Caribe » est une bonne solution. L’accueil, assuré par ma fille, y est un vrai délice et la plage un régal.

En face de Playa s’étend l’île de Cozumel. Les américains n’hésitent pas à se laisser vomir ici par d’immenses paquebots à forfaits-tout-compris. Je n’y suis pas allé ; parfait exemple d’une relation de cause à effet. Il paraît cependant qu’on y trouve l’une des meilleures plongées du monde, ce qui laisse donc le choix entre une apnée terrestre au milieu des T-shirts Corona (la bière) et une apnée marine au milieu des poissons de récif. Est-ce vraiment un choix ?

J’ai évoqué Tulum, sans dire que ce petit temple est situé au bord d’une plage magnifique et que le site est tout simplement époustouflant. Beaucoup de monde pourtant, même assez tôt le matin, et il est presque impossible de prendre la photo dont on rêve, celle de l’édifice principal avec la mer pour arrière-plan (j’ai essayé, mais la barrière humaine m’y a fait renoncer).

Une anecdote : un couple canadien a ri ici de mon accent français « Avec un accent pareil, vous devez être français non ? ». Où va le monde ?

A Cancun peut-être, c’est donc ailleurs que j’irai.

La religion, c’est de la bombe !

Hasard des alertes Google sur la religion, je tombe sur cet article de l’agence de presse russe « Novosti », occasion pour moi de nourrir un peu mon blog d’autres remarques affligeantes :

« MOSCOU, 1er février – RIA Novosti. La religion chrétienne orthodoxe et le nucléaire renforcent l’Etat russe et la sécurité du pays, a déclaré Vladimir Poutine, répondant jeudi lors de sa conférence de presse annuelle au Kremlin à la question d’une journaliste de la ville de Sarov.…
… »Ces deux thèmes sont très étroitement liés entre eux, car tant la confession traditionnelle en Fédération de Russie que le bouclier nucléaire du pays sont justement des composantes qui confortent l’Etat russe et créent des conditions nécessaires pour garantir la sécurité intérieure et extérieure du pays. D’où une conclusion explicite s’impose d’elle-même sur l’attitude dont l’Etat doit faire preuve, tant aujourd’hui qu’à l’avenir, face à l’un et à l’autre », a souligné Vladimir Poutine. »

T’as raison Vlad, la religion et le nuclèaire ça va bien ensemble (si ce n’est que le nucléaire n’a pas encore autant de morts à son actif que la religion, mais bon, d’après certains ça devrait pas tarder). En plus, tes prédecesseurs parlaient de la première comme d’un opium du peuple, et vu le contexte nationaliste dans lequel tu situes le nuclèaire, on s’y retrouve assez bien.

Bon j’arrête là et je retourne à des activités moins futiles et plus urgentes.

La source ! J’allais oublier la source :

http://fr.rian.ru/russia/20070201/60057390.html

On peut se tromper

« Ne vous laissez pas séduire. Soyez prudent. Le Diable est à l’affut sous les noms de Chrétiens et d’Evangéliques, et vous êtes sa proie »

Coran ?

Non, exergue du site du faramineux Jean LeDuc, site dédié à sa « contre offensive sur le faux christianisme ».

La politique rédactionnelle de ce blog (décidée pour et par moi et sans concertation avec quiconque – c’est beau la vie !) m’incite à ne pas continuer dans les citations du gugusse;

« O fils d’Adam ! Que le Démon ne vous tente pas comme au jour où il a fait sortir vos parents du Paradis »

Jean LeDuc ?

Non, (je viens de dire que je ne le citerai plus, mais vous n’écoutez jamais) : Coran VII – 27

Bon, j’arrête et je retourne à l’écoute du très merveilleux disque de Dominique Fillon, « Détours », un Jazz aux airs latinos qui vous mettra de bonne humeur pour toute la journée. A acheter, c’est un copain (et ma charte éditoriale ne m’interdit pas la pub).

PS. J’hésite à vous donner l’url, mais il paraît qu’il faut citer ses sources. Tant pis, vous l’aurez voulu :

http://www1.webng.com/fauxchristianisme/presentation.html

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