Archive pour la Catégorie 'Général'

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Défi relevé !

Bon, c’est mon tour.

- Ma vertu préférée :

Je n’aime pas ce mot de vertu, qui semble faire de nécessaires qualités un ensemble de règles et les figer dans une loi qui me dépasse entièrement. Ni foi, ni espérance, ni charité : l’amour me suffit. Ni prudence, ni tempérance, ni force, ni justice : l’amour me suffit. L’amour ? Celui de la vie, celui de tout ce qui la contient. Alors non : pas de vertu. Un sentiment plutôt : celui de la confiance.

- Le principal trait de mon caractère :

L’ambition bien sûr. Mais pas de cette ambition qui consisterait à vouloir se hisser toujours plus haut, mais bien celle qui veut voir dès demain juste un tout petit peu plus loin qu’aujourd’hui.

- La qualité que je préfère chez les hommes :

Une pensée libre de toute les évidences.

- La qualité que je préfère chez les femmes :

La tendresse. Mais les qualités d’une femme sont toujours des merveilles auxquelles je ne sais résister.

- Mon principal défaut :

La confiance. Souvent déçue…

- Ma principale qualité :

La confiance. Parfois récompensée…

- Ce que j’apprécie le plus chez mes amis :

Qu’ils soient mes amis et que je sois le leur. Il existe en amitié quelque chose qui dépasse toutes les raisons, toutes les justifications : ce sentiment que l’autre est là. Et que cela suffit.

- Mon occupation préférée :

Le travail. C’est alors, et alors seulement, que je me sens vraiment libre. La chance de ma vie est de pouvoir travailler toujours et n’importe où.

- Mon rêve de bonheur :

Une grande pièce couverte de livres trop souvent lus, avec en toile de fond un concerto très romantique (Violon ? Bruch ?). Je tiens un verre de bon whisky dans ma main droite. Mes enfants ne sont pas loin. ELLE entre, sourit. C’est ce sourire là, mon grand bonheur.

- Quel serait mon plus grand malheur ?

Qu’ELLE ne me dérange pas régulièrement quand je travaille.

- A part moi-même qui voudrais-je être ?

Ah non ! Pas de ça ! J’ai déjà eu assez de mal pour être totalement heureux avec moi-même.

- Où aimerais-je vivre ?

Ici, et maintenant, où que soit cet ici. Mais il y faut du soleil, de la mer, des livres, de la musique, et puis ELLE, évidemment. J’ai trop voyagé pour savoir qu’on ne voyage bien qu’à travers soi-même … et en en restant proche.

- La couleur que je préfère :

Le bleu de la mer, toutes les couleurs de ses yeux.

- La fleur que j’aime :

L’agapanthe, pour son nom. La glycine, pour son odeur. La jonquille, pour sa précocité. La rose, pour tout.

- L’oiseau que je préfère :

La frégate, toujours en vol, sauf lorsqu’elle élève ses enfants.

- Mes auteurs favoris en prose (et les poètes..) :

Amin Maalouf, Naguif Mahfouz, Camus, Lawrence Durell, Henri de Monfreid, Beaudelaire, Joseph Kessel, Dino Buzzati, Umberto Ecco, J.K. Rowling, Rabindranath Tagore, Eric-Emmanuel Schmidt, Hermann Hesse, Jacques Brel, Cioran, Voltaire, Saint-Ex…. Le plus terrible dans ce genre d’exercice, c’est qu’on sait qu’on oublie tout.

- Mes héros dans la fiction :

Cyrano de Bergerac, Le Petit Prince, Don Giovanni, Tannhauser, Dieu.

- Mes héroïnes favorites dans la fiction :

Les femmes dont j’ai révé. Betty Boop.

- Mes compositeurs préférés :

Liszt, Wagner, Ravel, Paul McCartney, Verdi, Bruch, Mahler, Brahms, Chopin, John Lennon, Holst, Khatchaturian, Puccini, Rachmaninov, Sibelius, Villa-Lobos, Pink Floyd, Emerson Lake & Palmer, Jethro Tull, Mozart et Van Morrison.

- Mes peintres préférés :

Les peintres rupestres et les moines tibétains et chinois.

- Mes héros dans la vie réelle :

Mon fils. Albert Einstein, Jésus-Christ, Churchill, Sir Francis Chichester, Teilhard de Chardin, Lawrence d’Arabie, le Père Noël et Peter Pan.

- Mes héroïnes préférées dans la vie réelle :

Mes filles. Les femmes que j’ai aimé, Oum Kalthoum et Nagwa Fouad, Marie Curie, Simone Weil, Janis Joplin, Camille Claudel, Anne-Sophie Mutter, Sœur Emmanuelle, et cette vieille dame anglaise qui m’a fait rire un soir de spleen dans Hyde Park.

- Mes héros dans l’histoire :

Talleyrand ? Gengis Khan ? Cléopatre ?

- Ma nourriture et boisson préférée :

Le caviar. Le whisky.

- Ce que je déteste par-dessus tout :

Les araignées, le socialisme français, le mauvais whisky.

- Le personnage historique que je n’aime pas :

Saint-Paul.

- Les faits historiques que je méprise le plus :

Le concile de Nicée, la prise de la Bastille, la défaite des Anglais contre la goélette America lors de la Coupe des Cents Guinées en 1831 (c’était de la triche !).

- Le fait militaire que j’estime le plus :

Je passe. Ou alors la bataille de Gaugamèles entre Alexandre le Grand et Darius.

- La réforme que j’estime le plus :

Citons Camille : « Celle de Luther ». Ajoutons la révolution française, malgré ses excès et mon statut personnel.

- Le don de la nature que je voudrais avoir :

Le plus vain de tous : la beauté. Les autres ne peuvent être acquis que par moi-même.

- Comment j’aimerais mourir :

Tard. Avec ELLE pas trop loin.

- L’état présent de mon esprit :

Amoureux, comme d’habitude. Existe-t-il un autre état qui mérite d’être mentionné ?

- La faute qui m’inspire le plus d’indulgence :

Celles des autres.

Ma devise :

CHEER UP !

53 % !

Ouf …. C’est fini et on va pouvoir parler d’autre chose.
La vie est belle. Il faut maintenant qu’elle le devienne pour tous.

Un dessin pour Raph

Voilà, chose promise, chose due…

Meidan

Post ouvert !

Pour ceux et celles qui ont envie de déverser ici leurs réflexions profondes sur cette soirée très mémorable. Ou de parler d’autre chose, histoire de se faire remarquer comme LE (ou LA) extraterrestre !

Vous remarquerez quand même que j’en profite pour être poliiquement correct et que je n’ai pas tout mis au masculin. Vive la parité !

(C’est moi qui parle, là ???)

Départ !

Je pars aujourd’hui pour Cannes (enfin !) et ne serais sans doute pas connecté à Internet pendant quelques jours.
Ne racontez pas trop de bétises pendant ce temps-là et bon courage à tous pour les activités de chacun.
Je crois que vous me manquerez…

Et maintenant, le spam !

Je reçois sur ma boite mail le texte suivant :

« Bonjour,

Je t’écris pour te parler du programme de Ségolène Royal, et en particulier du Pilier numéro 2 du Pacte présidentiel : « Améliorer le pouvoir d’achat ». Ce thème est au coeur de son projet, et il va certainement t’intéresser.

Face à la vie chère, aux salaires qui stagnent, à la crise du logement, Ségolène Royal veut permettre l’accès à un logement de qualité, revaloriser les retraites, les salaires et les minimas sociaux. Comment? En utilisant des indices de prix qui tiennent compte de la réalité des dépenses des ménages.

Et ce n’est pas tout : Ségolène Royal s’engage à créér 120 000 logements sociaux par an et à mettre en place un bouclier-logement qui limite les dépenses de location pour les foyers modestes.

Si près du premier tour, si tu n’as pas encore fait ton choix, il faut absolument que tu prennes connaissance du programme de Ségolène Royal! Tu pourras lire l’intégralité du Pacte sur …. »

Non, je ne ferai pas de publicité pour ce site de Ségolène Royale qui ose utiliser le spam pour faire sa promotion !!

Le mail est signée Mathieu sur une adresse mail sego07@yahoo.fr et il s’agit d’un envoi automatique auquel on ne peut évidemment pas répondre.

Je trouve absolument scandaleux que l’on puisse se permettre d’utiliser la technique du spam pour faire ce genre de propagande et ne suis pas étonné de voir d’où vient cette fumisterie, évidemment illégale.

Je ne sais pas s’il existe un moyen de propager cette information, mais si vous avez des idées, je suis preneur.

Hasards des (s)élections

Au hasard des discussions et des commentaires sur Internet…

Un sympathisant de l’UMP : « Je veux que Sarkozy soit élu et je sais que si Bayrou passe au deuxième tour, c’est Bayrou qui sera élu, donc, je vote Ségolène au 1er tour pour être certain que Sarlozy soit élu » (si, si, il l’a dit !)

Un sympahisant du PS : « Sègolène est minable dans cette campagne, et j’en ai marre du PS. Un duel Bayrou-Royal au deuxième tour assurerait la victoire de Bayrou, d’après les sondages. Ce qui est mieux que Sarkozy, quoi qu’il arrive. Je vote donc Ségolène au premier tour pour m’assurer de la victoire de Bayrou au second » (Un compliqué celui-là !).

Un sympathisant de Bayrou : « Nous serons au deuxième tour, c’est certain, mais je ne suis pas certain que Bayrou gagne contre Royal au deuxième. Pour assurer une victoire à Bayrou au second tour, il faut qu’il soit en face de Sarkozy. Je voterai Sarkozy au premier tour » (????)

Un sympthisant de Le Pen : « Je voterai Le Pen au premier et au deuxième tour » (Optimiste, va !)

Un partisan de José Bové : « Quelqu’un peut me rappeler à quelle date on doit voter ? (Non, la, je rigole…)

Et après ça, on critique les sondages …

Onfray sidéral

Monsieur Onfray,

Je vous lis avec une certaine régularité et ne le ferais sans doute pas si je ne trouvais pas dans vos pages un certain nombre d’idées qui sont au centre de mes intérêts. Je ne le ferais sans doute pas non plus si je ne trouvais jamais dans vos lignes quelques idées qui résonnent plutôt bien avec les miennes et me permettent de les argumenter avec un peu plus de talent. Et pourtant …

Et pourtant je ne vous aime pas, du moins, de moins en moins et j’aimerais retracer avec vous quelques-unes des étapes qui me font dire ceci.

Tout a sans doute commencé avec votre « Traité sur l’athéologie », que je m’empressais d’acheter sur les conseils d’amis qui, me sachant athée, pensaient que j’y trouverai matière à renforcer mon point de vue, ou à en débattre sur des bases solides. J’ai donc fait partie des deux ou trois cent mille lecteurs qui ont, a priori, classé votre livre parmi leurs favoris. Erreur rapidement corrigée lorsque je constatais la rage que vous employiez à combattre toute idée de religion, oubliant trop rapidement, me semble-il, l’impact considérable et parfois même positif qu’ont eu les religions sur toutes (je dis bien » toutes ») les civilisations. Erreur définitivement corrigée lorsque je constatais qu’en définissant la notion d’athéologie vous en faisiez une idéologie. Vouloir déconstruire les mythes est une chose et je vous accorde qu’il faut « partir du réel et construire avec celui-ci » (bien que la notion du réel soit elle-même discutable, mais c’est une autre histoire). Mais déconstruire ne suffit pas, il ne suffit pas de conspuer, de réfuter, ni même parfois de prouver que quelque chose est faux pour que la preuve du contraire existe. Réfuter le déluge en se référant à l’épopée de Gilgamesh, rire du Paradis en parlant des jardins de la Perse, se gausser des trois jours du Christ en racontant ceux d’Osiris, ce n’est pas suffisant pour agrémenter le débat d’une once de progrès. Le vrai débat est celui de la compréhension du phénomène religieux et de ses symboles et c’est un débat qu’il faut aborder avec beaucoup de respect, de prudence et de compréhension. Je n’ai trouvé aucune de ces trois qualités dans votre livre et l’ai donc vite placé sur les étagères du haut de ma bibliothèque, celles qui prennent la poussière.

J’ai lu ensuite vos Féeries Anatomiques, auxquelles je ne suis pas certain d’avoir compris grand chose et que je ne critiquerai donc pas ici, même négativement. Il est pour le moment en stand-by sur une des étagères « philosophie à relire » et j’y reviendrai donc un jour pour tenter de comprendre votre approche sur les relations entre chrétiens et bioéthique. Peut-être.

Puis vint votre « Contre-histoire de la philosophie », dans laquelle je trouvais rapidement matière à satisfaire mes pulsions hédonistes. Mieux, j’y trouvais exposées clairement certaines de mes idées, telle cette critique de l’idéalisme, exposée par vous comme « une possibilité pour l’homo sapiens qui consacre scrupuleusement toute sa vie à mourir de son vivant, de connaître la félicité angélique d’une destinée post mortem » (Tome 1 – Page 18), ou bien cette notion d’un « christianisme conçu comme une gnose qui a réussi » (Tome 2 – page 39). C’est donc sur la base de quelques idées fortes et positives que j’abordais votre lecture ; heureux de découvrir un peu de ces Leucippe, Philèbe, Philodème de Gadara, Cérinthe ou Willem Cornelisz qui m’aideraient à passer pour érudit lors de quelque dîner très citadin, heureux, aussi, d’approfondir ma maigre connaissance d’Epicure, de Lucrèce, d’Erasme et de Montaigne, tous trop délaissés par nos faibles cursus, même si certains sont peu recommandables (tel ce Jean de Brno, initiateur selon vous d’un radicalisme de la pensée hédoniste). Fort des quelques renseignements tirés de vos écrits, je me dirigeais donc vers d’autres sources. Il y en a peu, effectivement, mais je citerai quand même l’Erasme de Stefan Zweig, livre magnifique écrit par un homme magnifique. Oserais-je dire que votre édifice s’est rapidement écroulé par ces lectures et que je ne considère plus, comme vous, qu’il suffit de mettre dos-à-dos l’idéal platonicien et les philosophies alternatives pour décrire l’état réel de la pensée humaine. Une fois de plus, vous me semblez pécher par votre haine d’un système établi. Vous rejetez l’idéalisme, vous ne le remplacez par rien, si ce n’est par l’exposé presque lassant d’une « alter-philosophie ». Toute « contre histoire de la philosophie » qui n’étudierait qu’un seul de ses aspects me paraît bien insuffisante si elle consiste surtout à rejeter les autres. Merci, néanmoins de nous avoir fait mieux connaître certains de ces personnages, disons simplement que j’aurais préféré les connaître par un autre que vous.

J’en viens à votre stature politique, incontournable en cette période d’élection et plus particulièrement depuis votre dialogue manqué (par qui ?) avec Nicolas Sarkozy.

Le fait que je trouve votre soutien à José Bové très ridicule n’intéresse que moi et je ne m’étendrai donc pas dessus. Passons directement au fameux entretien.

Vous attaquez Monsieur Sarkozy sur (entre autres) ses propos sur la génétique et vous avez raison. Monsieur Sarkozy a fait une erreur, grave, celle de s’exprimer sur un sujet qu’il ne connaissait pas. Je note pourtant que la thèse d’Alda Ambrosio, chercheuse de l’unité de génétique clinique et moléculaire de l’Institut de Médecine Légale, soutenue en Juillet 2006, s’intéresse aux gènes responsables des maladies comportementales et plus particulièrement à ceux de la schizophrénie et des maladies bipolaires, avec quelques résultats positifs sur le « gène de susceptibilité au suicide, à la drogue et à l’alcool ». Le site informationhospitalière.com, qui fait part de cette thèse, explique que « la relation entre gène et maladie comportementale a déjà fait l’objet de plusieurs études dont il est ressorti que la corrélation entre la génétique et ces maladies est forte, mais (que) ces résultats ont toujours été dévalorisés pour des raisons psychologiques ». Le généticien Axel Kahn explique quant à lui, dans une tribune publiée par Marianne et citée par Le Monde, que « la vision d’un gène commandant un comportement complexe tel que ceux conduisant à l’agressivité, à la violence, à la délinquance, à la dépression profonde avec dérive suicidaire, est ridicule et fausse », contredisant donc Alda Ambrosio. Rien bien sûr n’est prouvé, et je maintiens avec vous que Nicolas Sarkozy a eu tort de se prononcer sur le sujet lorsque la science elle-même s’y contredit parfois. Puis je tombe sur votre réponse aux raëlistes lorsque ces « crétins sidéraux » vous ont attribué le titre de prêtre honoraire du mouvement, titre que vous avez bien entendu refusé : « Faut-il demander qu’on lise Féeries anatomiques pour constater que j’ai montré que le clonage reproductif ne générait pas de l’Autre mais du Même et que, conséquemment, il ne présentait aucun intérêt ? »(1). Je m’amuse à penser que si seul le Même sort du Même lors d’un clonage, vous devez en conclure qu’il existe une relation directe entre la génétique et le comportement (du moins lorsque cela vous arrange…). Entendons-nous, je ne suis ni pour, ni contre cette thèse et ne m’estime pas le droit d’une opinion lorsque les spécialistes eux-mêmes semblent se disputer sur elle, mais je vous réfute le droit d’attaquer Sarkozy sur ce thème lorsque vous semblez vous-même confus sur le sujet. Je vous réfute surtout le droit, à vous et au Docteur Kahn, d’affirmer que Monsieur Sarkozy confirme par cette bévue « ses liens idéologiques avec la nouvelle droite ».

Je vous le réfute d’autant plus lorsque je constate que tout le reste de votre article sur cet entretien ne comporte qu’insultes, haine de l’autre et rhétorique approximative sur les notions d’état, de droit, etc…, lorsque je vous vois décrire la Place Beauvau comme « épicentre de la stratégie et de la tactique politique policière, espace du cynisme en acte, officine du machiavélisme en or d’Etat, et portraits des figures disciplinaires de l’histoire de France représentées en médaillons d’austères sinistres. » Ou lorsque je vous entends parler des « odeurs de sang et de remugles primitifs, traces de bile et de fiel, le sol ressembl(ant) à la terre battue jonchée d’immondices après une cérémonie vaudoue… » en décrivant la scène. Ciel ! Et vous en êtes sorti vivant ?

Alors, je mets tout ce que j’apprends de vous par ma lecture dans un seul paquet, celui dans lequel j’enveloppe également cette haine primaire pour tout ce qui n’est pas vous, c’est-à-dire athée, libertaire, alter mondialiste et satisfait. Et jugeant tout ceci un peu insuffisant pour vous garder dans les belles étagères vous relègue donc dans la poussière du haut, ou plutôt celle du bas.

(1) Raël, crétin sidéral ou la mauvaise odeur des journalistes – Michel Onfray 16 mars 2006 –

Newton et Ben Laden

Logique, hypothèse, intuition, raison, théorie, objectivité …. Les mots se sont bousculés ici (1) autour de la question d’un éventuel complot sur le 11 septembre 2001. Les interventions de Tschok, de Titelilia, puis d’Ada Veen, se sont mêlées à ma posture de naïf soi-disant très renseigné pour constituer un brouet plutôt intéressant, surtout pour moi.

Aucune conclusion définitive quant à ce qui s’est vraiment passé ce jour-là ne pouvait évidemment sortir de ce débat et je ne crois pas que s’en ait été le but à un instant quelconque. Tschok parle du manque de certitude sur l’unité d’action dans son commentaire 35, il est clair que nous ne pouvions prétendre la découvrir d’ici. Ada veen nous rappelle (C. 36) que toute thèse conspirationniste repose d’abord sur l’hypothèse que « la vérité est (toujours – NDLR) ailleurs » et elle a bien raison.

Dès lors qu’il s’agit de « se faire son idée » sur quoi que ce soit, il existe donc plusieurs bons chemins, et quelques-uns nettement moins bons, le grand René nous les a bien décrits (on peut l’appeler René, n’est-ce pas, depuis le temps qu’on le connaît !). In fine l’idée que l’on se fait d’une chose peut donc être « intuitive » ou « pragmatique », « renseignée » ou « pifométrique », « objective » ou « consensuelle », l’important est peut-être qu’elle soit.

Je ne savais pas trop bien quoi tirer de tout ceci jusqu’à ce que Newton vienne me soustraire à mon sommeil.

« Je suis Newton, me dit-il, j’étais tout à l’heure à l’ombre d’un pommier lorsqu’une Golden d’environ 200 grammes m’est tombée sur le nez. J’en ai conclu que p=mv »

Les philosophes et les psys auront tout le loisir de poser la question de la véritable identité de Newton ou d’analyser sa présence sous le pommier, les physiciens auront la satisfaction de nous perdre dans les notions de référentiel galiléen ou de relativité, restreinte ou générale, les historiens auront beau jeu de nous dire que cette histoire est apocryphe, n’empêche que l’explication tient debout : avec un peu d’esprit scientifique, beaucoup de génie et un sens de l’observation hors du commun, Newton « pouvait » entreprendre de décrire ses lois d’après l’observation d’une pomme en état de chute. La conclusion qu’il énonce me semble a priori un tant soit peu tirée par les cheveux, mais dès que je m’instruis sur la physique et sur ses fondements, je peux admettre son discours sans qu’il s’oppose à mon entendement.

Notons que Newton n’analyse pas la cause de la chute de la pomme, ce qui est parfaitement inutile pour son exposé, mais l’on peut au moins supposer que son état de maturité (celle de la pomme) est une hypothèse plus probable qu’un tremblement de terre (il y en a rarement au manoir de Wollthorpe). Le rasoir d’Ockham que cite Tschok dans son fameux commentaire 35 m’est donc ici très utile pour éloigner la plupart des hypothèses farfelues, souvent les plus nombreuses.

Plus j’étudie l’énoncé de Newton, plus j’ai de raisons d’y croire, parce qu’il est pragmatique, renseigné, objectif. En mon âme et conscience, je n’y trouve rien à réfuter. Et si je réfute l’authenticité de l’histoire du pommier, je ne réfute pas le fait que p=mv, je suis « hooked » (2)

Admettons maintenant que Newton m’ait dit ceci :

« Je suis Newton, j’étais tout à l’heure à l’ombre d’un pommier lorsqu’une banane de 3 kgs m’est tombée sur la tronche. J’en ai conclu que Ben Laden me l’avait lancée, j’ai donc envahi l’Irak ».

J’aurais répondu qu’une banane ne pouvant tomber d’un pommier, il fallait bien trouver une autre cause que la gravité à cet état de fait. J’aurais, au minimum, questionné l’identité du coupable, ne serait-ce qu’à cause du manque de preuve ou d’explication que me donnait ce brave Isaac (on peut l’appeler Isaac, n’est-ce pas, etc…). Au pire, je me serais demandé si le choc bananien ne l’avait pas rendu un peu foldingue, et je me serais bien évidemment posé quelques questions sur l’existence d’une banane de 3 kgs. Quant à l’invasion de l’Irak …

En clair, plus j’ai tenté d’analyser son discours, plus son discours m’est apparu comme pifométrique et subjectif, plus je me suis posé la question des capacités intuitives du grand savant et plus je me suis posé la question des raisons qui l’ont poussé à raconter de telles conneries. En mon âme et conscience, le deuxième énoncé me paraît donc absurde, et ce bien qu’aucun élément ou presque ne soit absolument, totalement, définitivement, réfutable.

Je rejoins donc Tschok sur une partie de son exposé.

Je me fais ensuite cette remarque sur le mensonge : pour qu’un mensonge tienne la route, il faut donc qu’il soit extrêmement bien construit. Il faut du génie pour être un grand menteur. La moindre faille sur ce mensonge, et c’est l’apocalypse : ma femme qui découvre que je la trompe, ma maîtresse qui découvre que je n’ai toujours pas demandé le divorce, et l’Amérique qui se demande pourquoi, pour qui, plus de 3 000 personnes sont mortes.

Mais mon propos n’est pas de revenir sur le discutable exposé officiel des faits du 11 septembre, exposé dont on ne peut effectivement retirer aucune conclusion (et c’est peut-être ce qui me dérange).

Non, mon propos est plus de rappeler que tout raisonnement doit se baser sur des faits vérifiables et que le grand René avait évidemment raison lorsqu’il énonçait son premier précepte : « éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et … ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenteroit si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute ». (3)

Ceci s’applique pour le 11 septembre, mais aussi et surtout pour le 22 avril. Bonne chance pour vous y retrouver dans le discours de nos présidentiables.

(1) http://haliotoide.unblog.fr/2007/03/20/quoi-de-9-septembre-2001/
(2) Jeu de mot assez mauvais sur le fait que Robert Hooke, et non Newton, est peut-être à l’origine de la théorie de la gravité.
(3) Discours de la Méthode, évidemment. Rassurez-vous, moi aussi, j’ai dû le relire trois fois avant de comprendre.

Et le printemps dans tout ça ?

On parle, on discute, on polémique et on en oublierait presque de fêter le printemps, la saison des amours !

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Voilà, c’est fait avec ce tableau de Pierre Auguste Cot trouvé sur Wikipedia.
C’est joli, non ?

Saviez-vous que Jean-Sébastien Bach est né le 21 mars 1685 ? Une grande journée, je vous dis !

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