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Quoi de 9, Septembre 2001 ? La démolition programmée tient debout !

Les récents aveux de Khalid Sheikh Mohammed, le cerveau présumé des attentats du 11 septembre 2001, quant à sa participation à des dizaines d’attentats ou de tentatives d’attentats depuis quinze ans m’ont fait repenser à ma présence à Riyadh pendant le première Guerre du Golfe (de Juillet 1989 à Février 1990) et j’ai voulu revenir sur la séquence d’événements qui ont suivi cette guerre, séquence qui culmine avec les dits attentats contre le World Trade Center et le Pentagone.

Mon parcours sur le net m’a vite mis en présence d’un nombre impressionant de sites qui dénoncent la version officielle de ces attentats et ce qu’ils qualifient de « conspiration des néo-conservateurs contre la population des Etats-Unis et le reste du monde ».

Les thèses conspirationnistes ont au moins l’avantage de satisfaire la paranoïa de leurs auteurs. L’historien américain William Hofstadter a décrit à ce propos le réflexe d’exagération et de suspicion inhérente à la politique américaine (1). On pourrait aller plus loin : la recherche d’un Superman virtuel responsable de tous les maux satisfait un besoin vital, celui de ne pas avoir à se poser trop de questions sur ses propres erreurs (conf. les religions).

Les mécanismes de la plupart des rumeurs de conspiration sont assez simples : un événement majeur vient bouleverser les repères habituels, les explications rationnelles ne suffisent plus à remettre les esprits en place (surtout lorsqu’elles sont « officielles »), des détails insignifiants deviennent la preuve irréfutable qu’on-ne-nous-dit-pas-toute-la-vértité. Puis des faux circulent, la rumeur s’amplifie, trouve ses justifications, ses preuves, ses exemples historiques.

Pour arrêter la rumeur il suffit en général : de fournir la preuve des thèses rationnelles, de démontrer que les documents qui inspirent les conspirationnistes sont des faux, de donner du temps au temps. La vérité doit donc être transparente, documentée, scientifique, largement diffusée, et patiente.

Pour éviter la rumeur, il suffit donc d’être transparent, documenté et scientifique, dès le début.

Conspirations des Francs-maçons, des Sages de Sion, des Bildergergers, des Skull-and-Bones et autres Illuminati sont quelques-uns des thèmes préférés de tous les conspirationnistes. Le « Protocole des Sages de Sion » de Golovinski, le « Silent Weapons for Quiet Wars » de William Cooper sont deux des faux sur lesquels ils s’appuient. L’incendie du Reichstag par Hitler et un nombre incommensurable de méfaits staliniens sont les preuves historiques que « c’est-déjà-arrivé ».

Bush et les néo-conservateurs seraient donc à l’origine des attentats, inspirés par le livre de Brzezinsky « The Grand Chessboard »(2) et par les membres de la PNAC (Bennett, Cheney, Libby, Wosley, Rumsfeld, Wolfowitz, etc…). Ousama Ben Laden n’y serait pour rien. Tout cela ne serait qu’un prétexte pour établir une sorte de « Nouvel Ordre Mondial », cher à George Bush Number One (3), pour envahir l’Afghanistan, l’Irak, (l’Iran ?), c’est-à-dire le marché du pétrole, voire pour imposer une dictature sécuritaire sur la population états-unienne.

Or, un des nombreux points soulevés par les conspirationnistes affirme que les tours du World Trade Center n’ont pu s’effondrer suite aux incendies provoqués par le crash des vols American Airline 11 et United Airlines 175 et que leur démolition était programmée.

Et sur ce point particulier, ils semblent bien avoir raison.

LES FAITS

- A 8h46, un peu moins d’une heure après son décollage de Boston, le vol AA 11, pénètre par effraction entre le 92ème et le 98ème étage du WTC1 (la tour Nord), avec à son bord 81 passagers, 11 membres d’équipage et environ 10 000 gallons de kérosène.
- A 9h03, 45 minutes après son décollage du même aéroport, le vol UA 175 rate son atterrissage sur le plancher du 78ème étage de WTC2 (la tour Sud), avec à son bord 56 passagers, 9 membres d’équipage et sensiblement la même quantité de kérosène.
- Une explosion justement qualifiée par certains de « huge » s’en suit immédiatement qui déclenche un « immediate » et « apocalyptic » incendie.
- A 9h59, la tour Sud s’effondre et se retrouve à terre en un peu moins de 10 secondes.
- A 10h28, la tour Nord prend le même chemin vers Ground Zero, qu’elle atteint à une vitesse très identique.
- A 17h20, le WTC 7 s’effondre à son tour, alors qu’on ne lui avait rien demandé.
- Près de 3000 personnes ont disparu ce jour-là dans un petit million de tonnes de poussières de béton, de poutres métalliques et de questions non résolues.

LA VERSION OFFICIELLE

411 jours après ces événements, le gouvernement américain nomme (enfin ?) une commission d’enquête. Le « 9-11 Commission Report » (vite surnommé « Omission Report ») est rapidement complété par le rapport du National Institute for Standards and Technology (NIST), publié le 23 juin 2005, tous deux disponibles sur Internet.

Les conclusions des documents sont claires, plus de 1200 interviews de témoins et un nombre considérable de simulations sur maquettes et sur ordinateur viennent les corroborer : Les tours WTC1 et WTC2 se sont effondrées à cause des incendies créés par l’impact des avions détournés.

« This report covers the characterization of the conditions of the WTC towers before the attacks, their weakening due to the aircraft impacts, the response of the structural systems to the subsequent growth and spread of fires, and the progression of local failures that led ultimately to the total collapse of both towers » (NIST)

Sans bavure !

LES INVRAISEMBLANCES

Un certain nombre d’obsédés de la vérité se mettent immédiatement à analyser le moindre paragraphe des dits rapports. Et il en faut du courage pour lire tout ça ! Rien que le chapitre 6 du rapport NIST (NCSTAR 1-6 : « Structural Fire Response and Probable Collapse Sequence of the World Trade Center Towers ») fait 62 MB au format PDF !

Et ils ne sont pas d’accord, évidemment … C’est leur raison d’exister à ces types-là, faut les comprendre : il faut absolument que tout ce qu’on raconte officiellement soit faux, sinon, si on ne pouvait pas critiquer la version officielle, on ne serait pas dans une véritable démocratie, or nous sommes dans une démocratie, donc nous devons critiquer la version officielle (CQFD).

Quelques-uns des nombreux arguments avancés sont les suivants :

a) Température du feu / Fragilisation du noyau central des tours

Version officielle :
- Le noyau de 47 colonnes métalliques a été fragilisé par le feu. Cette fragilisation a entraîné la chute complète des tours.
Remarques des conspirationnistes :
- L’acier utilisé fond à partir de 1800° C, Un feu de kérosène dégage, dans les meilleures conditions d’oxygénation, une température maximale de 1200 °C. La couleur des flammes et des fumées semble indiquer une température maximale de 800 °C, largement insuffisante pour fragiliser la structure au point de la faire s’écrouler.
- Au cas même où le feu aurait atteint ou dépassé 1800 °C, la répartition de la chaleur sur l’ensemble des colonnes n’aurait pu se faire dans des conditions d’équilibre thermique parfait, seules susceptibles d’expliquer un effondrement simultané de tous les pylônes. Essayez de faire rougir une tige d’acier sur toute sa longueur avec un chalumeau !
- On avait jamais vu avant, et on n’a jamais vu depuis une seule tour construite sur le modèle du WTC qui se soit écroulée par le feu. La tour Windsor de Madrid (106 m / 32 étages) brûle pendant une vingtaine d’heures le 12 février 2005. Le bâtiment est entièrement détruit par le feu, mais tient debout. A Manhattan, le 11 septembre 2001, trois tours se sont écroulées à cause du feu.
- Le bâtiment WTC 7, qui s’écroule en fin d’après-midi, n’a pas été touché par un avion, les quelques feux présents sont faibles. Il s’écroule comme les autres (ou presque). Pour quelle raison ?

b) L’effet « Pancake »

Version officielle (D’après l’étude de la FEMA « WTC Building Performance Study », publiée en Mai 2002):
- La chute des étages supérieurs, due à un écartement de la structure extérieure et à la désolidarisation des planchers de ladite structure a entraîné un effet « pile de crêpes », chaque plancher cédant sous le poids des planchers supérieurs.
Remarques des conspirationnistes :
- L’écartement de la structure extérieure ne correspond à aucune logique scientifique. Aucune simulation n’a pu les reproduire. Rien ne vient expliquer ou prouver qu’il en ait été ainsi.
- Au cas même où cette hypothèse serait vérifiée, comment expliquer qu’aucun ralentissement dans la chute n’ait été observé. Les planchers inférieurs auraient dû ralentir la chute des planchers supérieurs.
- Au cas même ou l’effet « pile de crêpes » se révèlerait plausible, les 47 colonnes du noyau central auraient dû rester debout, au moins en partie. Il n’en est rien et Ground Zero est vraiment au niveau du sol.
- Quid du WTC 7 ?

c) Vitesse de la chute
Les faits :
Les tours tombent en moins de 10 secondes, c’est-à-dire à la vitesse d’une chute libre d’après les équations de Newton.
Remarque des conspirationnistes :
- Ceci est absolument impossible si l’on considère qu’environ 80 % de la masse des tours (100 % dans le cas de WTC7) auraient dû freiner la chute des étages supérieurs.
- Il fallait que les étages inférieurs s’écroulent AVANT les étages supérieurs pour que l’on puisse assister à ce que l’on a vu et enregistré sur vidéo.

d) Projections de débris, projection de fumées.
Les faits :
- Tous les films de l’écroulement des tours montrent que des débris ont été projetés à plusieurs dizaines de mètres de leurs points d’origine. Certaines fumées partent à la verticale lors de l’effondrement. Des jets de fumées sont observés en dessous de la limite d’effondrement. Les débris de métal sont tous de petite taille (moins de 9m), le ciment semble avoir été « pulverised ».
Remarques des conspirationnistes, et conclusion:
- Les images disponibles, en particulier celles de l’effondrement du WTC7 semblent indiquer une démolition programmée.

Kevin Ryan (Underwriters Laboratories) :
« L’estimation sur la probabilité que le feu et les dommages collatéraux (la théorie officielle) ait entraîné la chute complète des tours est de moins d’une chance sur mille milliards »

Vous n’avez pas l’impression que leurs arguments sonnent juste ?

Moi si.

LES CONCLUSIONS

Que faut-il en conclure ?

Sans doute pas que Bush et consorts aient consciemment massacré près de 3000 personnes pour des raisons qui resteraient à définir, ni qu’Ousama Ben Laden soit innocent de toute horreur. Ça, ce serait rejoindre déjà les conspirationnistes et il faudrait apporter d’autres preuves. Mais il me semble tout du moins nécessaire de continuer à poser la question de la vraisemblance des thèses officielles.

Vous trouvez que c’est un problème américain et qu’il faut laisser les Américains se débrouiller seuls ? Vous avez peut-être raison, mais n’oubliez pas que la guerre d’Irak, l’invasion de l’Afghanistan, les tensions actuelles avec l’Iran, le prix de l’essence à la pompe, tous sont directement issus des conclusions officielles et que ça vaudrait peut-être le coup de savoir si elles sont raisonnables.

Je le redis, pour éviter qu’une théorie de la conspiration n’existe, il faut être crédible, transparent et documenté, dès le début. Le gouvernement américain a quelques efforts à faire sur ce point et ces efforts nous concernent.

Alors quoi faire ? Déjà se faire une opinion personnelle et critiquer la mienne sans concession si elle n’est pas sérieuse. Ensuite ? Je n’en ai pas la moindre idée. C’est ça la vraie lâcheté…

NOTE :

Pratiquement tous les sujets concernant le 11 Septembre ont fait l’objet d’une controverse :
- Crash d’un avion sur le Pentagone (vol American Airlines 77)
- Disparition du vol United Airlines 93 près de Shankville, PA
- Mouvements boursiers précédents les événements
- Bénéfices de Silverstein, le bailleur des tours, grâce aux assurances
- Disparition de US$ 2 000 000 000 000 des comptes du Pentagone annoncée par Rumsfeld le 10 Septembre,
- etc, etc, etc,

L’objet et l’ambition de ce post n’étant pas une analyse complète de la situation, mais bien une mise en question de la version officielle sur un point particulier, je laisse à mes très chers lecteurs le soin de se faire une opinion par eux-même, s’ils le désirent.

Qu’ils ne me demandent pas encore la mienne. Je n’en ai pas. Pas encore.

SOURCES :

Il me serait impossible de retracer ici toutes les sources utilisées pour la rédaction de ce post. On peut cependant se référer aux sites Internet suivants :

Pour la thèse officielle :
- http://wtc.nist.gov/
- http://www.9-11commission.gov/
- http://www.fema.gov/rebuild/mat/wtcstudy.shtm

Pour la thèse des conspirationnistes :
- http://911research.wtc7.net/
- http://www.911weknow.com/
- http://www.reopen911.org/
- etc…

Je conseille par ailleurs vivement à tous de regarder quelques-unes des vidéos disponibles sur http://reopen911.online.fr/?page_id=139. Certaines sont sous-titrées en français et valent le coup d’être vues si on a pas envie de dormir (la plupart sont assez longues, une heure ou deux).

(1) William J. Hofstadter – The Paranaoid Style in American Politics – Essai publié dans le Harpers Magazine en Novembre 1964) / Cité par Wikipedia.
(2) Zbigniew Brzezinski -The Grand Chessboard « American Primacy and Its Geostrategic Imperatives » – New York Basic Books (1997)
(3) Discours de G. Bush devant le congrès américain du 11 Septembre 1990 (si, si, vous avez bien lu : du 11 Septembre !)

Dollar, Tulum et tequila

« Le tourisme est au voyage ce que la prostitution est à l’amour ». Cette phrase de Paul Valéry me revient en mémoire pendant ce séjour mexicain organisé pour des raisons familiales.

Tulum

Qui ne rêverait d’oublier la grisaille d’un mois de février parisien sous le soleil du Yucatan ? Qui ne jouirait du souvenir lointain de tous ces êtres souterrains de la station Cambronne en contemplant la mer des Caraïbes ? Qui ne rirait de la vague mémoire de ternes citadins parapluités en contemplant les brochettes de fesses s’offrant au dieu Soleil ?

Mais si l’on observe ces masses rougeoyantes de gogos ventripotents qui pissent leurs dollars sur d’ignobles objets d’artisanat local, si l’on contemple le flot de callipyges anglophones qui s’émerveille à l’idée d’une civilisation pré-mayfloweresque et se rassure sur sa provenance devant quelque hamburger très international, alors on se prend à rêver des voyages d’antan, où un David Roberts n’avait pour tout appareil numérique que le talent de ses pinceaux, où un Comte de Volnay pouvait écrire son « Voyage en Egypte et en Syrie » sans disposer du Guide Bleu ni de café internet, et où un Liszt composait ses « Années de pèlerinage » sans fond sonore techno.

Nostalgie ? Oui, sans doute. Mais mon sentiment est plus violent que cette nostalgie de quinquagénaire grisonnant et c’est bien le dégoût qui me submerge chaque fois que l’odeur d’une crème solaire vient croiser celle du sable chaud ou celle (plus fréquente dans mon cas) d’un double Mojito.

Entendons-nous, ce pays est magnifique et son peuple est sans aucun doute l’un des plus agréable qu’il m’ait été donné de rencontrer lors de mes quelques périples dans des contrées lointaines. Le peuple maya n’est pas beau, les femmes sont des mètres cubes (1m x 1m x 1m), les hommes sont si petits que Sarkozy passerait chez eux pour un grand homme, mais leur sourire est vrai, leur gentillesse totale et le respect qu’ils ont pour leur pays n’a pas ce côté national et borné que nous proposent le FN et son chef.

Des vestiges de Tulum aux fonds marins de Yal-ku j’ai vu ici des choses à vous couper l’envie d’aller plus loin. Même le cauchemar probable d’un parc écologique (celui de Xcaret) m’est apparu comme un exemple intelligent d’intégration des thèmes locaux aux besoins du voyageur pressé. C’est propre, mais ce n’est pas que propre, je veux dire pas de cette propreté suisse ou bien pensante dont rêve nos élus parisiens. C’est cher, mais qui aime ne compte pas dit-on, et je n’ai pas compté, parce que je ne payais pas. C’est beau tout simplement, comme l’est tout ce qu’ils appellent la « Riviera Maya ».

Elle s’étend de Cancun à Tulum. Je devrais dire « de Tulum à Cancun » pour respecter l’ordre chronologique plutôt que cardinal, mais c’est bien par Cancun que l’on arrive maintenant, plutôt que par Tulum ou Cozumel, première étape de Cortés dans sa conquête vers Mexico City.

Cancun veut dire « pot d’or » en maya et ce n’est certainement pas par hasard que ses promoteurs ont choisi un nom aussi évocateur (la ville n’existait pas dans les années 70) ; la fonction première de Cancun est d’attirer le dollar, et c’est sa seule fonction. Passons donc sur Cancun.

Playa del Carmen est un peu plus au sud, sorte de Saint-Trop latino-américain, moins outrageant que Cancun, qui se déploie progressivement sur d’immenses plages de cocotier. Les hippies et la marijuana furent les premiers à s’installer ici au milieu des mayas, et il en reste quelques souvenirs discrets le long de la Quinta, sous forme de boutiques un peu népalisantes. C’est sympa, assez cool et plutôt reposant. Pour ceux qui ne craignent pas de se séparer de leur télévision et de leur téléphone (il n’y en a pas dans les chambres) l’hôtel « Shangri la Caribe » est une bonne solution. L’accueil, assuré par ma fille, y est un vrai délice et la plage un régal.

En face de Playa s’étend l’île de Cozumel. Les américains n’hésitent pas à se laisser vomir ici par d’immenses paquebots à forfaits-tout-compris. Je n’y suis pas allé ; parfait exemple d’une relation de cause à effet. Il paraît cependant qu’on y trouve l’une des meilleures plongées du monde, ce qui laisse donc le choix entre une apnée terrestre au milieu des T-shirts Corona (la bière) et une apnée marine au milieu des poissons de récif. Est-ce vraiment un choix ?

J’ai évoqué Tulum, sans dire que ce petit temple est situé au bord d’une plage magnifique et que le site est tout simplement époustouflant. Beaucoup de monde pourtant, même assez tôt le matin, et il est presque impossible de prendre la photo dont on rêve, celle de l’édifice principal avec la mer pour arrière-plan (j’ai essayé, mais la barrière humaine m’y a fait renoncer).

Une anecdote : un couple canadien a ri ici de mon accent français « Avec un accent pareil, vous devez être français non ? ». Où va le monde ?

A Cancun peut-être, c’est donc ailleurs que j’irai.

Barbares extérieurs ?

Selon Expression-publique.com (1) – qui publie un sondage sur les grandes religions – 47% des sondés auraient une opinion « très mauvaise » de l’Islam et 31% en aurait une image « plutôt mauvaise », soit 78% d’opinions négatives.

On dira bien sûr que le Français est raciste, xénophobe et que l’islamophobie fait rage, ce qui n’est peut-être pas entièrement faux … Mais je note dans le même sondage que 48% des sondés ont une opinion « très bonne » ou « plutôt bonne » de la religion juive, ce qui retire un certain poids à cette critique trop entendue…

(Pour la religion catholique, les résultats sont respectivement 13% et 26%, contre 56% d’opinions positives)

Les sondages sont dangereux, on le sait ; 6261 avis, avec ou sans considération de répartition socioculturelle, sont une base peu crédible d’une analyse exhaustive de la situation et je me garderai bien de tirer des conclusions aussi péremptoires que Résiliencetv (2) quant à la « nécessité d’une fermeté absolue vis-à-vis de l’Islam », même accompagnée d’une « certaine pédagogie » ; approche que je considère un tant soit peu paternaliste.

La question reste pourtant inévitable, au-delà de chiffres toujours discutables, l’Islam attire la haine et sa mauvaise image dépasse toute référence à l’intégrisme pour se faufiler jusqu’à nos chers comptoirs de cafés du commerce. Peut-on imaginer pourquoi ?

Sans doute faut-il dire avant d’aller plus loin que j’ai étudié l’arabe à l’Université Américaine du Caire ; que quelques doctes musulmans d’Egypte et du Liban ont bien voulu partager avec moi une partie de leur immense connaissance du Coran et m’introduire aux hadiths authentiques (sahih) d’El Bukhari, ainsi qu’à d’autres moins « solides », voire carrément « mardud »(irrecevables) – l’équivalent ou presque de nos évangiles apocryphes ; que, bien que français et athée, j’ai longtemps porté le keffieh palestinien dans les rues de Jeddah ou de Kuwait City ; que je préfère Naguib Mahfouz ou Ibn Khaldoun à Michel Houellebecque ; et que tout ceci ne fait pas de moi, a priori, un islamophobe anti-arabe primaire. Mais assez parlé de moi…

Pourquoi donc sont-ils donc tant haïs mes chers amis d’Orient ? Pourquoi ais-je donc si envie de leur dire « Merde » dès qu’ils me parlent du Coran ou de « Jihad interne » ? Parce que je suis athée ? Loin s’en faut, et je n’ai pas cette réaction avec la plupart des catholiques, même de gauche…Quant à mes amis juifs, je les questionne trop souvent sur Maimonide pour qu’ils osent me saouler avec les mitzvots ou la circoncision.

Sans aller jusqu’à Sirius, il me faut, pour comprendre, observer cette « réticence » générale plutôt que d’y participer, tenter de m’éloigner de ma pensée toute faite. Est-ce seulement possible ?

Je citais dans un post récent le merveilleux Toynbee ; j’aurais pu citer William Durant, auteur d’une non moins volumineuse « Histoire des Civilisations ». Leurs thèses sont différentes, mais elles ne se contredisent pas sur un point fondamental : les civilisations sont éphémères ! Mieux, elles DOIVENT être éphémères, semblent-ils dire tous deux.

Ils ont raison. Non que l’on soit dans un contexte perpétuel de « Choc de Civilisations » (à la Huntington), mais parce que l’humanité ne possède pas à ce jour toutes les réponses à toutes les questions, et que la quête ne peut donc s’arrêter. C’est pour cela que la « fin de l’histoire » imaginée par les Hegel, Kojève, Marx, ou autres Fukuyama, ne peut être vraie. Elle ne tient pas debout.

Nous sommes sur une bicyclette.

L’aura-t-elle jamais cette réponse définitive ? Sans doute pas, malgré les espoirs « omégaesques » d’un Teilhard de Chardin, ou les 512 questions / réponses de sa sainteté Thomas d’Aquin (que je cite un peu trop souvent ces temps-ci). Mais elle la cherche cette réponse ! Elle est prête à perdre la vie (certains même la raison !) pour cette seule réponse.

Il m’apparaît même comme fondamental qu’elle continue à la chercher. Comme pour Deniau (voir mon post du 25 janvier) l’important n’est pas l’escale, mais bien la traversée. Je ne suis donc pas de ceux qui défendront ad vitam aeternam (que je ne vivrai pas) le terrible système occidental de la démocratie et du libéralisme. Mais je suis de ceux, qui, à l’instar du vieux Churchill, diront que, pour le moment tout du moins, il n’existe pas d’autres possibles.

La civilisation occidentale, si elle existe, repose sur ces deux idées pas totalement réalistes que sont la Liberté et la Démocratie. Belles idées des lumières et d’avant qui permettent tout du moins à ceux qui le désirent d’aller un peu plus loin que ce que dit le chef. Terrible responsabilité que ce stade adulte dans lequel tout ne repose plus sur la seule décision du père !

L’Occident se croit adulte et n’est pas loin de l’être pour les plus optimistes. L’Orient (et l’Occident) de l’Islam semble ne pas vouloir accepter cette énorme responsabilité d’Homme, et l’expérience qu’il ressent au plus profond de lui-même quant aux relations avec ledit monde libre et libéral ne peut l’aider à y souscrire.

Oui, je citerai pour sa défense les croisades, le colonialisme, et même Coca-Cola, Kentucky Fried Chicken ou la pornographie…

Non je ne tomberai pas dans l’absurde repentance sur tous ces sujets-là (quoique KFC ….), mais je comprends l’attitude du jeune arabo ou non-arabo-musulman pour qui notre très joli monde n’est pas la panacée, surtout lorsqu’il en est exclu.

Mais revenons à Toynbee et à ses « barbares extérieurs ». Malgré le terme employé, il ne s’agit pas pour Toynbee d’opposer quelques furieux sauvages au monde propret et distingué qu’ils souhaiteraient détruire. Il s’agit au contraire d’éléments extérieurs capables d’apporter de nouvelles dynamiques à la civilisation moribonde et c’est par dérision pour l’ancienne bourgeoisie que Toynbee semble utiliser ces mots. Cet angle conforte bigrement cette « France multiple » avec laquelle on nous assomme, mais justifie réellement l’apport du sang nouveau et du nouvel esprit ; plutôt que de nous ennuyer béatement avec une nécessaire acceptation de la polychromie.

Les « barbares extérieurs » seraient donc un atout pour Toynbee. Je souscris à sa thèse et ne la limite pas à notre équipe de foot.

Mais Toynbee parle de barbares progressistes ! Des barbares qui acceptent dans un premier temps le système qu’ils intègrent (le mot est dit), puis en constatent les failles dès lors qu’ils ne peuvent en jouir en égaux, tentent enfin de l’adapter au fait de leur présence et le font progresser. Durant ne décrit pas autre chose lorsqu’il raconte le passage de la Grèce à Rome, passage dans lequel les Romains tiendraient lieu de barbares.

On est clairement loin de ce scénario dans le cas de l’Islam : marquer sa différence, son identité, par tous les moyens possibles ; clamer la supériorité manifeste de sa loi, de son Dieu, refuser tout symbole de l’autre, le vouer à la géhenne, et puis se dire victime, en tout lieu et en tout temps, le tout en clamant haut et fort sa propre tolérance, qu’il faut prendre pour exemple. « Rompre, c’est avant tout changer et non améliorer » dirait ici notre cher Gai Luron.

Oui, je sais qu’il existe une très large majorité de musulmans qui ne fait rien de tout cela. Mais ce sont bien ceux qui le font dont on parle et ceux-là sont partout.

Je ne sais pas si le Prophète Mohammed n’était qu’un guerrier polygame tel que le décrit Redecker. Je ne le crois pas vraiment, mais peu m’importe après tout.

Je sais par contre que le Coran n’est pas un livre de paix, malgré toute la miséricorde d’Allah, confirmée à longueur de sourates.

Le Coran ne peut être considéré comme pacifiste et tolérant par quelqu’un qui le lit et les musulmans eux-mêmes paraissent souvent n’en retenir que son aspect guerrier.

Je sais surtout qu’un livre, même celui-là, est surtout ce qu’en font ses lecteurs et ce qu’en font les barbus n’en fait pas un exemple.

Ils veulent détruire la civilisation de l’occident ? Elle n’est pas éternelle. Ils veulent la convertir à leur Vérité ? Elle non plus n’est pas éternelle.

Mais c’est parce que leur proposition s’oppose totalement aux deux concepts de liberté et de démocratie et place l’homme (et la femme) dans une servitude à l’égard de l’indicible que je ne peux, moi Haliotoïde, souscrire à leur proposition.

Comprends-moi bien, Stéphanie, qui t’exprime sur le blog de Gai Luron et échange avec ta sœur « musulmanne-française » (sic) des propos qui mélangent un peu tout, si tu veux porter le voile à l’école ou au travail par souci de TON identité, je serais finalement le premier à venir te soutenir, te défendre, mais si je soupçonne un seul instant que ton père, ton frère, ton oncle ou ton cousin t’y pousse ou t’y contraint, si je pense que ton interprétation du Livre se limite à tes complexes d’adolescente, alors j’aimerais, si je ne respectais pas autant ta pudeur et ton identité de femme, oui, j’aimerais vraiment être celui qui le déchirera le premier.

Nous sommes sur une bicyclette ais-je dit.
Et sur une bicyclette, il convient de pédaler.
Si l’on s’arrête, on tombe.
Sauf dans les descentes …

(1) http://www.expression-publique.com
(2) http://www.resiliencetv.fr

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