Lettre à Laetitia sur la notion de corps et d’âme

Chère Laetitia,

Je lis votre intervention sur le site de Gai-Luron (presquetout…), et découvre donc votre question du corps et de l’âme dans la pensée chrétienne et pré-chrétienne. Vous cherchez « quelques repères » sur ce vaste sujet dans le cadre d’une session sur « La vie après la mort » et « l’au-delà ».

Je serai fidèle à mon habitude un tant soit peu iconoclaste, et ne craignant pas de dépasser sensiblement le cadre du débat d’aumônerie que vous mentionnez, tenterai un début de réponse qui n’aura d’autre ambition que celle, effectivement, de proposer quelques repères.

Ma position d’athée m’empêchera d’aborder la question avec l’empreinte de la foi. La raison ne sera pas non plus d’un grand secours puisque, rien de ce qui suit ne pouvant être observé ni expérimenté, il y manquera l’indispensable réfutabilité ; je crois pourtant que l’ensemble se tient et que votre formation d’anthropologue ne vous éloignera pas trop de mes propres conclusions.

Malgré mon statut de mécréant, je vous propose de partir du quatrième chapitre de la Genèse, celui dans lequel est évoqué le meurtre d’Abel par Caïn. Je note qu’il existe (au moins dans la traduction de la Vulgate par Le Maistre de Saci) une différence fondamentale entre Caïn, le premier fils, « conçu et enfanté » et Abel, son cadet, qui est lui « mis au monde ». J’aimerais ici être un Renan pour étudier cette opposition linguistique avec sa science énorme des écritures, mais je me sens capable de repérer que Caïn est « enfanté » c’est à dire « issu », « séparé », alors qu’Abel est « mis au monde », c’est-à-dire « intégré », « donné » à quelque chose.

Notons par ailleurs que Caïn (Qayin en hébreu : le forgeron – ou bien Qâna : l’acquis / d’après genèse IV.1) est cultivateur sédentaire, qui « extrait » donc les fruits de son travail de la terre, alors qu’Abel (Hebel en hébreu : celui qui passe comme une buée) est pasteur nomade et vit donc plus directement en osmose avec notre univers. On retrouvera ce combat tout au long de la Bible, entre nomades et sédentaires, entre pasteurs et citadins, et c’est peut-être aussi pour marquer déjà cette différence de qualité entre les deux que Dieu refuse l’offrande de Caïn et accepte celle d’Abel. Caïn deviendra le « méchant », qui survivra, et le pauvre Abel, qui avait pourtant la préférence de Dieu, disparaîtra dans la tombe au corbeau (« Dieu envoie un corbeau qui se mit à gratter la terre pour lui montrer comment cacher le cadavre de son frère » – Coran V.31).

On verra progressivement que c’est pour ces raisons que je place le premier (Caïn) comme une métaphore du corps et le second (Abel) comme un symbole de l’âme.

Au début en effet, il y a bien par Caïn l’enfanté, séparation, différenciation : le corps est une substance que la conscience différencie du tout.

Or, cette différenciation est un traumatisme ! Qu’il serait doux en effet de n’être qu’arbre, renaissant chaque printemps, rivière, au cours incessant, ou bien montagne perpétuelle (pour les plus ambitieux…). Faut-il rechercher ailleurs que dans cette blessure initiale tout l’effort d’un Bouddha pour revenir au Tout ? Sans doute et nous y reviendrons.

Pourtant, il n’y a rien à faire, dès que « je » est, « je » est « autre » (je hais ce genre de phrases qui cachent leurs limites et leur incompétence derrière une certaine pédanterie de pseudo érudit, mais nous nous en contenterons pour le moment si vous le voulez bien…).

Cette altérité va me suivre jusqu’au plus profond de moi-même comme LA question à laquelle je dois répondre, avant toutes les autres : Qui suis-je, que fais-je et dans quel état j’erre ? Vaste débat ontologique qui remplira effectivement nos étagères pour les siècles des siècles…

Autre chose intervient : dès lors que je suis « autre », j’observe ce qui m’est « autre », et ceci me fait peur. Orages (oh désespoir !) et vieillesse ennemie (je préfère nettement ce genre de jeux de mots futiles, veuillez m’en excuser…).

Pas si futile que ça pourtant, puisqu’il me permet de situer les deux contextes qui vont sous-tendre le reste de mon propos : étonnement devant la nature et peur de la mort. Peur de la mort surtout.

Mais revenons à nos moutons très immédiats : puisque ce corps est la marque incontestable, expérimentée, de cette altérité, il me faut lui choisir un statut, et je dispose pour cela de trois voies possibles qui peuvent m’octroyer quelque début de réponse :

• La première voie est platonicienne, paulinienne, mahométane : ce corps a l’origine de mon trouble est une horreur, un fardeau, un péché (mieux, la source même des péchés d’après les livres saints du judaïsme, de la chrétienté et de l’islam). Jetons le vite pour rejoindre les jardins de lumière en écoutant du Bach (sans Bach pour les mahométans, mais avec les houris – chacun ses goûts !). J’appelle cette voie la voie des gravillons et déconseille fortement de l’emprunter pieds nus.

• Je qualifierai la seconde voie de bouddhiste (par paresse). Elle se rapproche de la première en ceci qu’elle réfute le corps, mais cette fois ci sans jamais le détester, et n’en fait qu’une enveloppe provisoire dans mon périple du retour ; un retour vers le tout, bien entendu. Pas de désir pour ce corps, mais le respect que l’on doit à celui qui trans-porte mon bilan karmique (j’ai mis volontairement un tiret à trans-porte, pour mieux souligner la notion de transition). J’appelle cette voie la voie des dunes et souhaite beaucoup de souffle à celui qui l’emprunte.

• La troisième voie est évidemment le choix de ceux qui, de Leucippe ou Epicure et ce jusqu’à Montaigne, acceptent ce corps en tant que tel et décident de ne pas le châtier. Pourquoi devrais-je châtier ce don de Dieu diront d’ailleurs certains ? Gloire à la vie, disent-ils et Teilhard de Chardin ira finalement dans ce sens avec sa noosphère. J’appelle cette voie la voie de la rivière, mais préviens de la crue.

Quelle que soit la voie que je choisisse, la mort intervient pourtant vite en tant que confirmation de la différenciation que nous évoquons : le corps, quoi qu’on y fasse, semble bien se « séparer » de la vie à un moment ou à un autre. Se pourrait-il que cette séparation ne soit que la disparition d’une enveloppe et que le contenu retrouve sa nature initiale, primordiale, son intégration au tout ?

J’imagine assez bien l’un de nos joyeux ancêtres du Moustérien (1) observant la mort de son frère, blessé lors d’une chasse préhistorique. (J’ai d’ailleurs décrit cette scène dans des lignes sublimes dont je vous ferai grâce). Il voit bien, ce brave homme, que la main du frère s’amollit, que le visage se ferme, que son frère est mourant. Mais il SAIT tout d’un coup que « quelque chose » de son frère va rester. Il appelle cela « esprit », en attendant mieux, et son cousin d’Albion, toujours précis dans le langage, lui oppose bientôt les concepts de « spirit » et de « ghost »…

Nos anges, les djinns coraniques et autres walkyries aux services des dieux ne sont pas autre chose qu’une réminiscence élaborée de cette idée primitive, évidente et nécessaire : par la mort, je quitte mon état de différencié pour me rapprocher de l’Un, je deviens éternel.

Oui, mais seulement si j’ai été « bon » pendant ma vie (non mais alors !).

Car tant qu’à avoir une idée qui me réconforte (une éternité pour quelque chose de moi), autant qu’elle serve à quelque principe universel (une éthique par exemple ?). Dans ses « Fondements de la métaphysique des mœurs » Kant aura sur un point similaire cette phrase : « Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle » ; on peut sans doute l’utiliser ici sans trop s’éloigner du sujet.

C’est ici que se situe la grande différence entre la notion primitive d’esprit, de « spirit » ou de « ghost » et celle de l’âme, très élaborée sur le plan de l’éthique. L’esprit, le « spirit » ou le « ghost » sont morts, mais l’âme est bien vivante.

Plus, elle est un don de Dieu, un pacte qu’il passe avec moi (ou Israël) pour que je puisse revenir à lui, si je ne la corromps pas. Qu’importe la mort d’Abel (souvenez-vous : « celui qui passe comme une buée »), ce qu’il représente est éternel. Quant à Caïn (le corps, le profiteur, le criminel), il pourra se construire toutes les cités hugoliennes (« Bâtissons une ville, et nous la fermerons » / Victor Hugo – La légende des siècles), il pourra tenter de se protéger dans toutes les fosses, sous toutes les voûtes, l’Oeil sera bien dans la tombe et regardera, condamnera, Caïn.

L’âme, partout où elle existe, est « éternelle », « universelle » (en ce sens qu’elle correspond au Tout, à l’Universel), c’est ce qui la rapproche de Dieu, c’est par elle que nous pouvons nous en approcher, c’est ce qui la sépare du corps.

On comprend mieux maintenant les âpres discussions de la controverse de Valladolid : des sauvages peuvent-ils avoir une âme ? Dieu a-t-il pu passer ce pacte avec ces choses si différentes ? Les indiens, tout comme les tropis de Vercors dans « Les animaux dénaturés » (titre qui constitue d’ailleurs comme un rappel à ce que j’écris dans ces lignes) seront sauvés par leur conscience de la mort (puis exploités dans les deux cas, mais c’est une autre histoire).

PS. C’est avec un tel discours que je passe parfois pour un bon chrétien chez les chrétiens, que je suis passé pour un musulman presque acceptable auprès de certains de mes amis d’Orient, et que je pourrais discuter sans heurts avec un chercheur de nirvana ; je suis pourtant bel et bien mécréant et toutes ces histoires ne sont pour moi que tromperies. Il n’en reste pas moins que le concept existe, qu’il est très méritoire et vaut, en tous les cas, la peine d’être étudié avec un respect mérité.

PPS. Ce texte est un peu long, il est pourtant très incomplet ; souhaitons que le débat qu’il instaurera peut-être, enrichi par quelque philosophe, théologien, anthropologue, ou par quelque passant, puisse en compléter les lacunes et corriger ses fautes. (Là, je me la joue comme Puck à la fin des « Songes d’une nuit d’été », qui s’excuse de son art en sachant qu’il vient d’être génial (2), mais je sais que ceux qui me connaissent m’en excuseront un peu).

(1) D’après Mircea Eliade, (Histoire des croyances et des idées religieuses – Tome 1 – P.19 – Payot 1978). on peut parler de sépultures avec certitude à partir du Moustérien (70 000-50 000 avant J.C). Des études plus récentes semblent indiquer que les premières tombes datent de 100 000 ans.

(2) « Ombres que nous sommes, si nous avons déplu, figurez-vous seulement que vous n’avait fait qu’un mauvais somme » (Fin de l’Acte V)

La religion, c’est de la bombe !

Hasard des alertes Google sur la religion, je tombe sur cet article de l’agence de presse russe « Novosti », occasion pour moi de nourrir un peu mon blog d’autres remarques affligeantes :

« MOSCOU, 1er février – RIA Novosti. La religion chrétienne orthodoxe et le nucléaire renforcent l’Etat russe et la sécurité du pays, a déclaré Vladimir Poutine, répondant jeudi lors de sa conférence de presse annuelle au Kremlin à la question d’une journaliste de la ville de Sarov.…
… »Ces deux thèmes sont très étroitement liés entre eux, car tant la confession traditionnelle en Fédération de Russie que le bouclier nucléaire du pays sont justement des composantes qui confortent l’Etat russe et créent des conditions nécessaires pour garantir la sécurité intérieure et extérieure du pays. D’où une conclusion explicite s’impose d’elle-même sur l’attitude dont l’Etat doit faire preuve, tant aujourd’hui qu’à l’avenir, face à l’un et à l’autre », a souligné Vladimir Poutine. »

T’as raison Vlad, la religion et le nuclèaire ça va bien ensemble (si ce n’est que le nucléaire n’a pas encore autant de morts à son actif que la religion, mais bon, d’après certains ça devrait pas tarder). En plus, tes prédecesseurs parlaient de la première comme d’un opium du peuple, et vu le contexte nationaliste dans lequel tu situes le nuclèaire, on s’y retrouve assez bien.

Bon j’arrête là et je retourne à des activités moins futiles et plus urgentes.

La source ! J’allais oublier la source :

http://fr.rian.ru/russia/20070201/60057390.html

On peut se tromper

« Ne vous laissez pas séduire. Soyez prudent. Le Diable est à l’affut sous les noms de Chrétiens et d’Evangéliques, et vous êtes sa proie »

Coran ?

Non, exergue du site du faramineux Jean LeDuc, site dédié à sa « contre offensive sur le faux christianisme ».

La politique rédactionnelle de ce blog (décidée pour et par moi et sans concertation avec quiconque – c’est beau la vie !) m’incite à ne pas continuer dans les citations du gugusse;

« O fils d’Adam ! Que le Démon ne vous tente pas comme au jour où il a fait sortir vos parents du Paradis »

Jean LeDuc ?

Non, (je viens de dire que je ne le citerai plus, mais vous n’écoutez jamais) : Coran VII – 27

Bon, j’arrête et je retourne à l’écoute du très merveilleux disque de Dominique Fillon, « Détours », un Jazz aux airs latinos qui vous mettra de bonne humeur pour toute la journée. A acheter, c’est un copain (et ma charte éditoriale ne m’interdit pas la pub).

PS. J’hésite à vous donner l’url, mais il paraît qu’il faut citer ses sources. Tant pis, vous l’aurez voulu :

http://www1.webng.com/fauxchristianisme/presentation.html

Barbares extérieurs ?

Selon Expression-publique.com (1) – qui publie un sondage sur les grandes religions – 47% des sondés auraient une opinion « très mauvaise » de l’Islam et 31% en aurait une image « plutôt mauvaise », soit 78% d’opinions négatives.

On dira bien sûr que le Français est raciste, xénophobe et que l’islamophobie fait rage, ce qui n’est peut-être pas entièrement faux … Mais je note dans le même sondage que 48% des sondés ont une opinion « très bonne » ou « plutôt bonne » de la religion juive, ce qui retire un certain poids à cette critique trop entendue…

(Pour la religion catholique, les résultats sont respectivement 13% et 26%, contre 56% d’opinions positives)

Les sondages sont dangereux, on le sait ; 6261 avis, avec ou sans considération de répartition socioculturelle, sont une base peu crédible d’une analyse exhaustive de la situation et je me garderai bien de tirer des conclusions aussi péremptoires que Résiliencetv (2) quant à la « nécessité d’une fermeté absolue vis-à-vis de l’Islam », même accompagnée d’une « certaine pédagogie » ; approche que je considère un tant soit peu paternaliste.

La question reste pourtant inévitable, au-delà de chiffres toujours discutables, l’Islam attire la haine et sa mauvaise image dépasse toute référence à l’intégrisme pour se faufiler jusqu’à nos chers comptoirs de cafés du commerce. Peut-on imaginer pourquoi ?

Sans doute faut-il dire avant d’aller plus loin que j’ai étudié l’arabe à l’Université Américaine du Caire ; que quelques doctes musulmans d’Egypte et du Liban ont bien voulu partager avec moi une partie de leur immense connaissance du Coran et m’introduire aux hadiths authentiques (sahih) d’El Bukhari, ainsi qu’à d’autres moins « solides », voire carrément « mardud »(irrecevables) – l’équivalent ou presque de nos évangiles apocryphes ; que, bien que français et athée, j’ai longtemps porté le keffieh palestinien dans les rues de Jeddah ou de Kuwait City ; que je préfère Naguib Mahfouz ou Ibn Khaldoun à Michel Houellebecque ; et que tout ceci ne fait pas de moi, a priori, un islamophobe anti-arabe primaire. Mais assez parlé de moi…

Pourquoi donc sont-ils donc tant haïs mes chers amis d’Orient ? Pourquoi ais-je donc si envie de leur dire « Merde » dès qu’ils me parlent du Coran ou de « Jihad interne » ? Parce que je suis athée ? Loin s’en faut, et je n’ai pas cette réaction avec la plupart des catholiques, même de gauche…Quant à mes amis juifs, je les questionne trop souvent sur Maimonide pour qu’ils osent me saouler avec les mitzvots ou la circoncision.

Sans aller jusqu’à Sirius, il me faut, pour comprendre, observer cette « réticence » générale plutôt que d’y participer, tenter de m’éloigner de ma pensée toute faite. Est-ce seulement possible ?

Je citais dans un post récent le merveilleux Toynbee ; j’aurais pu citer William Durant, auteur d’une non moins volumineuse « Histoire des Civilisations ». Leurs thèses sont différentes, mais elles ne se contredisent pas sur un point fondamental : les civilisations sont éphémères ! Mieux, elles DOIVENT être éphémères, semblent-ils dire tous deux.

Ils ont raison. Non que l’on soit dans un contexte perpétuel de « Choc de Civilisations » (à la Huntington), mais parce que l’humanité ne possède pas à ce jour toutes les réponses à toutes les questions, et que la quête ne peut donc s’arrêter. C’est pour cela que la « fin de l’histoire » imaginée par les Hegel, Kojève, Marx, ou autres Fukuyama, ne peut être vraie. Elle ne tient pas debout.

Nous sommes sur une bicyclette.

L’aura-t-elle jamais cette réponse définitive ? Sans doute pas, malgré les espoirs « omégaesques » d’un Teilhard de Chardin, ou les 512 questions / réponses de sa sainteté Thomas d’Aquin (que je cite un peu trop souvent ces temps-ci). Mais elle la cherche cette réponse ! Elle est prête à perdre la vie (certains même la raison !) pour cette seule réponse.

Il m’apparaît même comme fondamental qu’elle continue à la chercher. Comme pour Deniau (voir mon post du 25 janvier) l’important n’est pas l’escale, mais bien la traversée. Je ne suis donc pas de ceux qui défendront ad vitam aeternam (que je ne vivrai pas) le terrible système occidental de la démocratie et du libéralisme. Mais je suis de ceux, qui, à l’instar du vieux Churchill, diront que, pour le moment tout du moins, il n’existe pas d’autres possibles.

La civilisation occidentale, si elle existe, repose sur ces deux idées pas totalement réalistes que sont la Liberté et la Démocratie. Belles idées des lumières et d’avant qui permettent tout du moins à ceux qui le désirent d’aller un peu plus loin que ce que dit le chef. Terrible responsabilité que ce stade adulte dans lequel tout ne repose plus sur la seule décision du père !

L’Occident se croit adulte et n’est pas loin de l’être pour les plus optimistes. L’Orient (et l’Occident) de l’Islam semble ne pas vouloir accepter cette énorme responsabilité d’Homme, et l’expérience qu’il ressent au plus profond de lui-même quant aux relations avec ledit monde libre et libéral ne peut l’aider à y souscrire.

Oui, je citerai pour sa défense les croisades, le colonialisme, et même Coca-Cola, Kentucky Fried Chicken ou la pornographie…

Non je ne tomberai pas dans l’absurde repentance sur tous ces sujets-là (quoique KFC ….), mais je comprends l’attitude du jeune arabo ou non-arabo-musulman pour qui notre très joli monde n’est pas la panacée, surtout lorsqu’il en est exclu.

Mais revenons à Toynbee et à ses « barbares extérieurs ». Malgré le terme employé, il ne s’agit pas pour Toynbee d’opposer quelques furieux sauvages au monde propret et distingué qu’ils souhaiteraient détruire. Il s’agit au contraire d’éléments extérieurs capables d’apporter de nouvelles dynamiques à la civilisation moribonde et c’est par dérision pour l’ancienne bourgeoisie que Toynbee semble utiliser ces mots. Cet angle conforte bigrement cette « France multiple » avec laquelle on nous assomme, mais justifie réellement l’apport du sang nouveau et du nouvel esprit ; plutôt que de nous ennuyer béatement avec une nécessaire acceptation de la polychromie.

Les « barbares extérieurs » seraient donc un atout pour Toynbee. Je souscris à sa thèse et ne la limite pas à notre équipe de foot.

Mais Toynbee parle de barbares progressistes ! Des barbares qui acceptent dans un premier temps le système qu’ils intègrent (le mot est dit), puis en constatent les failles dès lors qu’ils ne peuvent en jouir en égaux, tentent enfin de l’adapter au fait de leur présence et le font progresser. Durant ne décrit pas autre chose lorsqu’il raconte le passage de la Grèce à Rome, passage dans lequel les Romains tiendraient lieu de barbares.

On est clairement loin de ce scénario dans le cas de l’Islam : marquer sa différence, son identité, par tous les moyens possibles ; clamer la supériorité manifeste de sa loi, de son Dieu, refuser tout symbole de l’autre, le vouer à la géhenne, et puis se dire victime, en tout lieu et en tout temps, le tout en clamant haut et fort sa propre tolérance, qu’il faut prendre pour exemple. « Rompre, c’est avant tout changer et non améliorer » dirait ici notre cher Gai Luron.

Oui, je sais qu’il existe une très large majorité de musulmans qui ne fait rien de tout cela. Mais ce sont bien ceux qui le font dont on parle et ceux-là sont partout.

Je ne sais pas si le Prophète Mohammed n’était qu’un guerrier polygame tel que le décrit Redecker. Je ne le crois pas vraiment, mais peu m’importe après tout.

Je sais par contre que le Coran n’est pas un livre de paix, malgré toute la miséricorde d’Allah, confirmée à longueur de sourates.

Le Coran ne peut être considéré comme pacifiste et tolérant par quelqu’un qui le lit et les musulmans eux-mêmes paraissent souvent n’en retenir que son aspect guerrier.

Je sais surtout qu’un livre, même celui-là, est surtout ce qu’en font ses lecteurs et ce qu’en font les barbus n’en fait pas un exemple.

Ils veulent détruire la civilisation de l’occident ? Elle n’est pas éternelle. Ils veulent la convertir à leur Vérité ? Elle non plus n’est pas éternelle.

Mais c’est parce que leur proposition s’oppose totalement aux deux concepts de liberté et de démocratie et place l’homme (et la femme) dans une servitude à l’égard de l’indicible que je ne peux, moi Haliotoïde, souscrire à leur proposition.

Comprends-moi bien, Stéphanie, qui t’exprime sur le blog de Gai Luron et échange avec ta sœur « musulmanne-française » (sic) des propos qui mélangent un peu tout, si tu veux porter le voile à l’école ou au travail par souci de TON identité, je serais finalement le premier à venir te soutenir, te défendre, mais si je soupçonne un seul instant que ton père, ton frère, ton oncle ou ton cousin t’y pousse ou t’y contraint, si je pense que ton interprétation du Livre se limite à tes complexes d’adolescente, alors j’aimerais, si je ne respectais pas autant ta pudeur et ton identité de femme, oui, j’aimerais vraiment être celui qui le déchirera le premier.

Nous sommes sur une bicyclette ais-je dit.
Et sur une bicyclette, il convient de pédaler.
Si l’on s’arrête, on tombe.
Sauf dans les descentes …

(1) http://www.expression-publique.com
(2) http://www.resiliencetv.fr

Beauté divine !

Existe-t-il une comparaison possible de la notion du beau tel qu’il est perçu dans les trois religions du livre ? C’est la question que pose Adrien sur le blog de « Gai Luron » que l’on trouvera sur la liste de mes liens préférés (Presque rien sur presque tout).

La question étonne d’abords : Tiens, je n’y avais jamais vraiment pensé ! Puis elle énerve rapidement : Par quel bout vais-je bien pouvoir la prendre celle-là ? Les sources ? Une recherche par mots clés dans la Bible ou le Coran et même ailleurs, dans les Upanishad, ne donne pas grand-chose. Le mot apparaît bien sûr, mais aucune des premières occurrences trouvées ne permet de dégager un début de réponse; L’herméneutique ne suffit pas c’est clair et même un ultime recours à la « Somme Théologique » de Thomas d’Aquin n’apporte rien ; aucune des 512 questions ne porte sur le sujet, ni même ne semble s’en approcher !

Alors on désespère ! La seule réponse possible semble bien être : Adrien, tu nous as collés sur ce coup-là !

Mais la nuit porte conseil et c’est en retournant la question au cours de l’insomnie de 4 H que l’on s’aperçoit que l’on peut, peut-être, tenter un début de réponse : Comment Dieu est-il perçu par les religions du livre (et par les autres) ? Cette perception peut-elle définir la relation au beau ?

Ceci n’est qu’un début de réponse et il conviendrait effectivement à un théologien spécialiste d’y consacrer sa vie, comme le souligne Elise Pellerin. J’espère pourtant réussir à agrémenter le débat de quelques éléments clés sur lesquels d’autres pourront rebondir (ou bondir !).

Partons, chronologiquement, du judaïsme. Considérons que l’une des caractéristiques du divin est ici d’être totalement inexprimable. Le nom même de Dieu est imprononçable et aucune représentation directe ne peut en être faite. Considérons ensuite que l’on parle ici plus de jugement dernier que de paradis et nous voyons que les expressions possibles du beau par le sacré ne peuvent être que limitées. Point de synagogues somptueuses, d’art sacré majestueux, d’Hymnes beethoveniens, de Magnificat vivaldiens, de Te Deum berlioziens. L’expression du sacré est sobre, simple, et les Tefillin ne sont pas à proprement parler des objets d’art … Les seules décorations sont tout entières dédiées au Livre, pris comme seule manifestation du divin accessible aux humains. Est-ce par réaction que le beau profane devient fondamental ? On pourrait le penser en constatant l’importance de la musique pour la communauté juive. On en devient presque certain lorsque l’on constate que l’idée d’une Jérusalem terrestre sous-tend toute la démarche quotidienne du juif orthodoxe : l’art, le beau devient ici festif, comme dans l’attente de quelque chose qui va bientôt survenir. Chants, rythmes, danses, poésies : tous profanes à ma connaissance, et comme remplis d’une joie que l’on veut immédiate. Et puis ce résultat paradoxal : c’est dans cette religion profondément basée sur la crainte de Dieu que l’on trouve parfois l’expression la plus joyeuse de la beauté.

Puis vient le Christianisme. Changement radical que cet homme-Dieu, que ce Dieu fait homme ! La beauté céleste, ultime, est enfin accessible, le sacré est en face ! L’art s’en ressent, évidemment. Et l’opposition avec le judaïsme est évidente : on construit des cathédrales, on peint la Bible, la mort passe en musique dans des requiems sublimes. A tel point qu’au début tout du moins, il n’existe plus d’art que sacré et que toute référence au profane est vouée aux gémonies. Non, il n’existe de beau que dans le divin, l’énorme, le magnifique. « Rendons gloire à Dieu » semble devenir l’obsession de l’artiste, le leitmotiv des mécènes, leur droit de passage vers le paradis Cette frénésie sainte aura tout du moins l’avantage de créer des écoles, des techniques, qui, en se « profanisant » progressivement aboutiront aux richesses de l’art occidental tel qu’on le connaît.

Retour à plus de sévérité avec l’Islam. Ce Dieu fait homme du christianisme apparaît comme incompatible avec la nécessité politique d’une soumission totale à la loi divine. Dieu ne peut être représenté, il est indicible, unique, parfait. L’Islam est donc iconoclaste. Mais pas complètement ! Autour du Coran se crêt un art, élaboré avec passion : calligraphie, enluminures, litanies, les écoles foisonnent pour créer les maîtres capables de rendre hommage au Texte. Puis viennent les architectes, les graveurs, les maîtres de la céramique, de la taille du marbre : tous unis dans la construction de mosquées de plus en plus belles, de plus en plus riches, que l’on construit autour du Coran, comme un écrin. L’art est donc divin, sacré, essentiellement, et malgré tout. Le paradoxe sera évident pour Abd el Wahab, qui voudra revenir à plus de simplicité, et l’on citait autrefois à Riyadh l’histoire de ce Muezzin dont la voix, suave comme celle d’un rossignol gavé de miel, cristalline comme mille sources du paradis, était si séduisante à l’oreille des femmes qu’il fallut le soustraire à son poste.

Dernier détour vers les « religions » asiatiques, hindouisme, bouddhisme, bouddhisme zen surtout. Le beau est ici, devant nous, à chaque pas dans la nature. Simplicité de la représentation, pureté, symbolisation poussée à l’extrême dans les mandalas ou les jardins japonais. Erotisme latent (ou moins latent !) presque partout : idée du cycle, de la reproduction, de la vie, peu d’eschatologie dans l’art, donc.

Incomplet ? Oui bien sûr, j’aurais pu opposer l’art roman ou les iconoclastes à ma thèse sur le christianisme, parler des grands poètes arabes, profanes pour la plupart, mais souvent venus de la Jahiliya. Remarquer que l’art tibétain n’est pas le plus simple des arts, loin s’en faut. Mais mon propos n’était pas d’être exhaustif, mon propos était d’ouvrir le débat.

Et puis d’aider Adrien à avoir une bonne note…

Bonne chance donc à Adrien !

J.F. Deniau et F.Hollande

J’avais un profond respect pour Monsieur Jean-François Deniau, « le contraire d’un intellectuel de cabinet  » comme le fait remarquer Jean d’Ormesson dans son article du Figaro.fr. (1), « Un aventurier dans le bon sens du terme » selon Roland Dumas, cité dans un article de l’Express (2).

Mais c’est François Hollande qui rend ma journée délicieuse et compense en partie mon chagrin de voir partir un grand Monsieur ; car dans le même article de l’Express il est cité deux fois :

« Jean-François Deniau a été un parlementaire qui a toujours su s’élever au niveau de l’intérêt général » dit-il tout d’abords.

S’élever au niveau de l’intérêt général ! Il faut être François Hollande pour sortir une telle ânerie …

Sans doute aurait-il pu dire « Qui a toujours su dépasser ses intérêts particuliers », ce qui aurait été vrai dans le cas de J.F. Deniau et lui aurait rendu un hommage mérité. Mais François Hollande est de gauche, un monde dans lequel on ne parle d’intérêts particuliers que pour fustiger l’horrible capitalisme libertaire, mondialiste et pollueur. Il parle donc de « s’élever au niveau de l’intérêt général » !.

Soyons clairs, je n’ai rien contre l’intérêt général et je sais même qu’il est la fondation nécessaire de toute culture, de toute civilisation. Sans le respect de l’intérêt général, il n’existe évidemment pas de société pérenne et si certains ont utilisé cette notion comme le radier de leurs petites dictatures plus ou moins dramatiques et toujours affligeantes, l’intérêt général reste le postulat de base de toute société.

Mais peut-on « s’élever » en restant au niveau de l’intérêt général ?

Arnold Tynbee, dans sa volumineuse « Etude de l’Histoire » (3), développe l’idée que l’histoire des civilisations est une succession de défis et de solutions. Sa thèse, si j’ose en interpréter un seul des éléments, implique que les « minorités créatrices » après avoir achevé le renouveau par une révolution (technique ou bien sociale) accèdent immanquablement aux pouvoirs (politiques ou financiers). Après avoir lutté contre les plus conservateurs pour imposer un nouvel « intérêt général », ces minorités deviennent donc à leur tour garantes du nouvel intérêt général, qu’elles ont défini par et pour elles-mêmes.

L’intérêt de cette idée pour notre sujet est qu’elle implique que l’intérêt général n’a rien de stable et qu’il serait plutôt la résultante d’intérêts bien particuliers ; résultante éphémère puisqu’elle sera bientôt renversée par de nouvelles minorités créatrices, les « barbares extérieurs » chers à Toynbee.

Mais pour François Hollande, et pour la gauche en général, l’intérêt général est une sorte de culte dont on se fait seul garant. Pas une seconde il ne viendait à l’idée de cette catastrophique bourgeoisie bien pensante (car il s’agit bien de cela n’est-ce pas ? Le PS comme rassemblement de bourgeois politiquement corrects, gardiens de la bonne parole sociale et des avantages acquis), pas une seconde, donc, ils ne leur viendraient à l’idée que Jean-François Deniau était grand justement parce qu’il dépassait largement le contexte de l’intérêt général immédiat.

Oui, Monsieur Deniau était un aventurier ! Un marin pour lequel l’important n’était pas l’escale, mais bien la traversée. Un homme extraordinairement libre de toute pensée toute faite. Un combattant ? Sans aucun doute, mais pour qui le combat n’allait jamais dans le sens de la fadesse d’un statu quo, d’une pensée unique.

Non, Monsieur Hollande, on ne devient pas Jean-François Deniau en restant au niveau de l’intérêt général, mais en le repoussant au contraire au delà de ses propres limites. En questionnant toujours l’acquis.

Mais le vrai bonheur viens de la deuxième citation du père François :

« Je crois qu’il a aussi marqué son talent par l’écriture de livres qui révélaient que l’on peut être politique et en même temps inspiré »

« On peut être politique et en même temps inspiré » !!!!

Eh oui François, on peut. Bon d’accord, ce n’est pas ton cas ni celui de ta charmante, mais je t’assure qu’on peut.

Peut-être suffit-il pour cela de dépasser le niveau de l’intérêt général, justement.

(1)http://www.lefigaro.fr/france/20070125.FIG000000117_adieu_a_un_ami.html

(2) http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=35951&1837

(3) A Study of History – Oxford Univeristy Press (1934)

Le poids du canard

Un canard pèse 1kg plus la moitié de son poids total. Quel est le poids du canard ?
Ceux qui donneront la bonne réponse auront le droit à un clic de félicitation sur leur blog !

Motisl du Belloi

Motisl du Belloi
Parsament épillé,
Trânait, sur son callestrier.
Proligue chevalier
Ravenant sa doulisse
Et tarpant le moiret.

Il l’amait.

Mais de ses charmes lapides
Survaient une chameur
Et son clostroi.

« N’allatez point de moi
ni la belle doulisse,
ni les fardants émois !
Et s’il faut limpir,
Alors, fajetez-moi !  »

Ah, sarelle doulisse,
Ne craint point son daran,
Il ne veut que volir
Et n’offre que délices

Profession de foi (?)

La lamentable proposition de toutes les religions : abandonner toute forme de raison pour une promesse fabuleuse ; croire en la vie éternelle plutôt qu’en la richesse des temps. Ignorer pour connaître !

« C’est Dieu qui a mis au cœur de l’homme le désir de connaître la vérité » dit l’encyclique de Jean-Paul II « Fides et Ratio », dès la bénédiction. Mais il s’agit de « LE connaître lui-même » et l’église s’octroie ici rapidement « le don de vérité » qu’elle date inévitablement du Mystère pascal (Introduction § 2). Et le Coran de renchérir « La Vérité vient de ton Seigneur, ne sois pas au nombre de ceux qui doutent » (Coran II, 147) ; la Vérité est donc tout incluse dans le Coran ; lex orandi et CQFD !

Benoît XVI a beau jeu de noter, créant ainsi la fameuse controverse de Ratisbonne, la différence entre une chrétienté pour laquelle « ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu » et un islam dans lequel « la volonté de Dieu n’est liée à aucune catégorie humaine, pas même celle de la raison » lorsqu’il faut attendre plus de trois siècles pour que son prédécesseur reconnaisse la grandeur d’un Galilée (1662-1992). La seule différence entre la chrétienté et l’islam sur le sujet de la raison et du savoir est bien que la chrétienté a été forcée de dépasser le stade de son adolescence révolutionnaire, catholique (c’est-à-dire « universelle ») et donc prosélyte, pour s’adapter progressivement aux évidences.

« La science, disait Einstein, n’a eu de cesse de repousser la porte derrière laquelle Dieu était caché ». Mais je ne vois aucun Dieu nécessaire derrière la cause première et comme le Marquis de Laplace, « n’ai nul besoin de cette hypothèse » pour répondre à la question du sens, ni ne vois en quoi cette hypothèse serait nécessaire au respect d’une éthique.

Sens et éthique, les mots sont dits ! Car il s’agit bien de cela n’est-ce pas ? Donner un sens aux indicibles : l’origine, la mort, l’infini, le mal, et justifier d’une approche commune, non personnelle, aux réponses données.

Mais qu’est-il besoin d’un Dieu, transcendant ou immanent, pour répondre à ces questions ? Un simple regard par la fenêtre, s’il est plein de passion, de tendresse, suffit bien largement !

Ce n’est pourtant pas Dieu que je récuse en premier lieu. Car si l’idée de Dieu a comblé un seul homme, alors l’idée de Dieu mérite, doit, être respectée. Qui suis-je pour tenter de convaincre celui qui croit que son espérance n’est que balivernes et sublimes billevesées ? Pourquoi m’y essayer ? Prouver la supériorité de ma raison bienheureuse sur sa très sainte foi ? Mais ce n’est pas en luttant puérilement et en vain contre une supputation que je prouverai mon discernement, c’est au contraire en allant au bout de mon propre jugement, en luttant constamment contre mes certitudes hâtives, toutes mes certitudes.

Et donc en réfutant tout ce qui tente de me les imposer…

Ce n’est pas Dieu ni son fidèle qu’il faut combattre, c’est tout ce qui se place entre les deux. Mais je laisserai même ce combat aux maîtres d’armes de la rhétorique savante … Les Voltaire, Feuerbach, Comte-Sponville, ou bien Michel Onfray ont pour cela des armes et des talents que je ne possède pas, ni ne recherche.

Dépasser les combats, aller au-delà des « identités meurtrières », comme le conseille Amin Malouf dans son œuvre éponyme. Et, sans oublier l’autre, se concentrer sur soi, sur son chemin.

Approche bouddhiste ? Ah non ! …

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